La dyspraxie contre l'ordre scolaire ? une enquête sociologique sur les implications scolaires d'un diagnostic neurocognitif

Delmas, Morgane (2020) La dyspraxie contre l'ordre scolaire ? une enquête sociologique sur les implications scolaires d'un diagnostic neurocognitif. [Thesis]

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Item Type: Thesis
Titre en anglais: Dyspraxia against school order? A sociological survey of the implications of a neuro-cognitive diagnosis for schooling
Creators: Delmas, Morgane
Directeur de recherche: Sicot, François
Doctoral school: TESC : Temps, Espace, Société, Culture
Research unit: Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires - LISST
Diplôme: Doctorat en Sociologie
Subjects: SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sociologie
Uncontrolled Keywords: Dyspraxie, Trajectoire, Expertises « psy », Quête diagnostique, Difficultés scolaires, Handicap
Mots-clés en anglais: Dyspraxia, Trajectory, Psychological expertise, Diagnostic quest, Learning difficulties, Disability
Abstract: Les Troubles spécifiques des apprentissages (regroupant la galaxie de « dys » et le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité) offrent une lecture nouvelle de l'enfance en difficulté scolaire. En définissant les écarts de comportements et de performances à la norme scolaire comme des conséquences de spécificités cognitives, ces diagnostics médico-psychologiques font concurrence aux grilles de lecture psychosociologisantes jusqu’alors dominantes de l’échec scolaire, en termes de troubles relationnels ou de handicap socioculturel. Un des enjeux principaux de la thèse est de saisir l’impact de cette nouvelle expertise neurocognitive sur les trajectoires scolaires des enfants concernés et sur le traitement plus général des publics en difficulté scolaire. A ces diagnostics, parfois reconnus administrativement comme des handicaps, sont associés des dispositifs de prise en charge originaux mêlant deux approches : d’un côté une logique de maximisation des compétences de l’enfant, au moyen de rééducations fonctionnelles réalisées en dehors de l’école par des auxiliaires de santé, et de l’autre une logique compensatoire avec un aménagement des conditions de scolarisation en milieu ordinaire (allègement de tâche, aide humaine et technique), de sorte que l’enfant soit peu confronté à ses difficultés. A travers l’exemple de la dyspraxie, cette recherche propose une enquête empirique sur ces dispositifs récents et méconnus, en explorant les conditions de leur élaboration ainsi que la division du travail (notamment pédagogique) qu’ils engagent entre enseignants, spécialistes médico-psychologiques et familles. Comment cette expertise est-elle devenue disponible historiquement, et par quelles voies ? Comment se fait le choix du diagnostic en contexte concurrentiel, et comment se négocient les conditions de scolarisation des enfants quand les dispositifs impliquent une redéfinition des rôles et places de chacun ? Davantage qu’une médicalisation des difficultés scolaires, l’enquête montre que c’est une scolarisation de certains métiers de la santé qui se joue, ainsi qu’un processus de privatisation d’un service scolaire (l’activité de remédiation) qui semble complexifier les inégalités sociales face à l’école.
English abstract: Specific learning disorders (which include the realm of “dys-” conditions and attention-deficit disorders with or without hyperactivity) provide a new perspective on children who experience difficulties at school. By considering deviations from the school norm – in terms of behaviour or performance – as consequences of cognitive specificities, these medical/psychological diagnoses compete with the socio-psychologizing approaches that had hitherto prevailed and that regarded poor performances in school as effects of psycho-affective suffering or socio-cultural handicaps. One of the main challenges of the thesis is to assess the impact of such a new neuro-cognitive expertise on the trajectories of the children in question throughout their education, and on the broader treatment of children with learning difficulties. These diagnoses, sometimes administratively recognized as disabilities, are associated with original care systems, combining two approaches: on the one hand, an approach aiming to maximize children’s skills, through functional re-education carried out outside of school by medical auxiliaries, and on the other, a compensatory approach that involves adjusting schooling conditions in a regular environment (lightening the workload, providing human and technical help), so that children are not confronted with their difficulties as much. Through the case of dyspraxia, this research offers an empirical investigation of these recent and little-known strategies by exploring the conditions for their development as well as the division of labour they produce (especially when it comes to teaching) between teachers, special needs specialists, and families. How did such an expertise become available historically, and through what channels? How does the choice of a diagnosis get made in a competitive context, and how are children’s schooling conditions negotiated when educational strategies involve a redefinition of the roles and place of each player? The survey shows that the medicalization of learning difficulties is not as prominent as the increasing involvement of health professions in schooling and as a movement towards the privatization of remediation activities – traditionally a school service, which seems to complexify social inequalities at school.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/10692