Stendhal et le génie romanesque du christianisme : des usages de la religion dans ses fictions

Huttenberger-Revelli, Charlène (2020) Stendhal et le génie romanesque du christianisme : des usages de la religion dans ses fictions. [Thesis]

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Item Type: Thesis
Titre en anglais: Stendhal and the the fictional genius of Christianity : uses of religion in his fictions
Creators: Huttenberger-Revelli, Charlène
Directeur de recherche: Bercegol, Fabienne
Doctoral school: ALLPH@ : Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication
Research unit: Patrimoine, Littérature, Histoire -PLH
Diplôme: Doctorat de Lettres Modernes
Subjects: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Lettres modernes > Français
Uncontrolled Keywords: Dieu ; Religion ; Foi ; Athéisme ; Anticléricalisme
Mots-clés en anglais: God ; Religion ; Faith ; Atheism ; Anticlericalism
Abstract: « Mais qui est-ce qui croit en Dieu par le temps qui court ? » C'est la question (rhétorique) que Stendhal aurait posée un soir de 1827 devant les invités scandalisés du salon Delécluze. Dès lors, sa réputation est établie : c'est celle d'un athée et d'un anticlérical flamboyants, que la parution du Rouge et le Noir en 1830 ne fera qu'ancrer plus avant dans les esprits. L'image que Stendhal a voulu donner de lui-même devient alors celle que retiennent non seulement ses contemporains, mais encore la quasi-totalité de la critique du XXe siècle : « portrait appauvrissant », d'après Philippe Berthier dans son Petit catéchisme stendhalien. Car avec Stendhal, les apparences sont trompeuses, rien n'est jamais simple, et surtout pas la question religieuse. En réalité, cet ennemi farouche de Dieu et de l'Église n'aurait pas été insensible aux beautés de la foi et à la tentation de la croyance. Cette thèse se propose ainsi de restituer toute sa complexité à la question de la religion stendhalienne. Il ne s'agit pas de faire de Stendhal ce qu'il n'est pas, c'est-à-dire un chrétien qui s'ignore, mais de mettre en lumière le caractère profondément ambivalent du motif religieux dans l'œuvre stendhalienne, et tout particulièrement dans les fictions. Les romans et les nouvelles de l'écrivain sont en effet marqués par le paradoxe. S'y mêlent l'athéisme et la foi, l'hypocrisie et l'authenticité, la laideur et la beauté, la politique et l'amour-passion. Chez Stendhal, le génie romanesque du christianisme est donc un génie paradoxal, qui révèle à la fois les aspects noirs de la religion et ses aspects lumineux, portés par des personnages qui traduisent les propres hésitations de leur auteur, tout autant disciple de Voltaire que de Chateaubriand.
English abstract: « Who still believes in God nowadays ? » Such is the (rhetorical) question that Stendhal supposedly asked in 1827 in front of the Delécluze salon's scandalized guests. From then on, his reputation is made : the reputation of being a brazen atheist and anticlerical man, which the publication of The Red and The Black only strengthened. The image of himself Stendhal wanted to give of then became the one his contemporaries retain, but also almost every critic of the twentieth century : « impoverishing portrait », according to Philippe Berthier in his Little stendhalian catechism, for with Stendhal, things are not what they seem, nothing is ever simple, and definitely not the religious question. In fact, this fierce enemy of God and the Church might have been sensitive to the beauties of faith and to the temptation of belief. This thesis offers to give all its complexity back to the question of the Stendhalian religion. This work will not make of Stendhal what he is not, in other words an inhibited christian, but it will shine a light on the deeply ambivalent nature of the religious pattern in Stendhalian work, especially in the fictions. The writer's novels and short stories indeed are marked by paradox : they are a blending of atheism and faith, hypocrisy and authenticity, ugly and beauty, politics and passion. In Stendhal's fictions, the fictional genius of Christianity is thus a paradoxical genius. It reveals both the dark and the luminous facets of religion embodied by characters who express the author's own hesitations, as he is as much a disciple of Voltaire as of Chateaubriand.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/10803