L'innovation de marché par le droit : impact de l'évolution du statut juridique animalier sur les pratiques de consommation et le système d'élevage

Mazenc, Loïc (2016) L'innovation de marché par le droit : impact de l'évolution du statut juridique animalier sur les pratiques de consommation et le système d'élevage. [Mémoire]

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Item Type: Mémoire
Creators: Mazenc, Loïc
Directeur de recherche: Cochoy, Franck
Divisions: UFR Sciences, Espaces, Sociétés > Département Sociologie
Diplôme: M2 Recherche et Etudes Sociologiques (RES)
Subjects: SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Alimentation et nutrition
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Agriculture, économie et politique
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Economie
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Etudes de l'environnement > Environnement et société
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sociologie
Uncontrolled Keywords: Animaux, Droit, Statut, Élevage, Consommation, Robots, Innovation, Marché
Abstract: La loi Grammont, incriminant les mauvais traitements infligés publiquement aux animaux domestiques signalait le début de l’histoire du droit de la protection, qui deviendra alors progressivement celle du droit des animaux. Cette histoire connaît de nombreux acteurs, parmi lesquels les associations de protection animale, qui jouent un rôle de premier plan. La prise en compte de la sensibilité des animaux dessine alors pour la première fois une image de l’animal en droit : la prise en compte de la sensibilité de l'animal (Burgat, 2006) a amené à une meilleure connaissance de la manière dont « fonctionnent » les corps des animaux. Pour certains, ces nouvelles connaissances fournissent la preuve que l’animal devrait avoir, dans la pratique et dans la loi (Antoine, 2007), un statut particulier, lié à sa nature. Pour eux, l’homme ne voit l’animal que dans le cadre de ses propres activités, lorsqu’il a besoin de l’utiliser (Pauliat, 2009), or, les différentes activités administratives dans lesquelles l’animal intervient pourraient conduire à lui reconnaître un statut juridique spécifique. Ils contestent la pertinence de réserver les droits de l’homme aux personnes humaines et apparaît alors le développement d'un mouvement en faveur de « droits de l’animal », droits qui seraient certes différents des droits de l’homme, mais consacreraient clairement la différence entre l’animal et la chose (Chapouthier, 2004). De l'évolution du droit découlent des réglementations, parfois bénéfiques pour les acteurs aux premiers plans, mais qui peuvent également menacer pour certains la survie de leurs exploitations. Engendrant avec elles des innovations, le marché est alors directement soumis à celles-ci et on voit apparaître depuis le début des années 2000 des marchés innovants. Refusant les intermédiaires pour échapper à une emprise forte du système, ou désireux de prendre en compte le bien-être de l'animal, on comprend au terme de ce mémoire que les éleveurs doivent être considérés comme les acteurs les plus importants. Outre les questionnements philosophiques et anthropologiques, les différentes problématiques au centre des débats contemporains les placent au centre des discours des individus rencontrés. Aujourd'hui, nous échangeons sur des valeurs, sur des normes. Nous ne sommes pas d'accord, nous disons oui, nous disons non, nous nous contredisons, nous normons nos comportements envers les animaux et de tout temps, les hommes se sont penchés sur la question animale. Mais aujourd'hui plus qu'hier, il est admis dans les consciences collectives que la manière dont nous traitons les animaux nous renvoie en miroir notre propre attitude envers nos compagnons humains. Les problématiques dépassent aujourd'hui l'animal et nous sommes entrés dans une véritable rupture anthropologique. Avec une potentielle prédominance de l'animalité artificielle, le processus évolutionniste de l'homme est relancé grâce à la mobilisation des compétences et des capacités que l'homme a tissées avec l'animal pour devenir humain et qu'il utilise dorénavant dans sa relation avec des machines, pensées pour susciter en nous le même type de sentiments et d'attitudes (Lestel, 2016). Nous sommes devenus humains grâce aux animaux, les artefacts animalisés nous permettront-ils de devenir humain autrement ?
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/1163