Toucher le corps autrement : éveil sensible dans une pratique numérique.

Kaczmarek, Laura (2016) Toucher le corps autrement : éveil sensible dans une pratique numérique. [Mémoire]

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Type de document: Mémoire
Auteurs: Kaczmarek, Laura
Directeur de recherche: Viguier, Emma
UFR / Composantes: UFR Histoire, Arts et Archéologie > Département Arts Plastiques - Design
Diplôme: M2 Création Artistique, Théorie et Médiation
Sujets: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Arts plastiques
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Art numérique
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Photographie
Mots-clés en français: Corps, Numérique, Photographie, Interactivité, Net Art, Cartographie, Tatouage
Résumé en français: Le numérique a, de tout temps, suscité la colère de certains, et l'émergence de ces nouvelles technologies a été la source de nombreuses oppositions. C'est la photographie qui, premier-né de cette évolution numérique, a fait face à un premier mouvement de suspicions. Qu'elle ait été considérée comme voleuse d'âme, comme marqueur du temps qui passe (et ainsi comme sorte de piqûre de rappel de notre disparition à venir) ou plus tard encore avec sa version dématérialisée comme trompeuse et mensongère grâce à la facilité déconcertante avec laquelle elle peut être retouchée, la photographie a réussi à se positionner au rang d'objet d'art non sans difficulté. En règle générale, le numérique n'a pas reçu lui non plus le contentement de tous. Considéré comme une pratique déshumanisante, il est encore aujourd'hui perçu comme avilissant. Prenant le pas sur toute forme de production, il placerait l'homme au second rang en dévalorisant l'usage de son corps. Ce dernier ne serait plus l'attestation de l'expérience humaine (et de son existence) mais plutôt sorte d'outil secondaire à la réception d'information et témoin passif d'une société dont l'acteur phare (la machine) s'auto-développerait et évoluerait sans n'avoir plus besoin de l'homme. C'est au sein de ce constat réprobateur et peu glorieux que j'ai souhaité prendre le corps comme modèle dans une nouvelle manière de se le réapproprier aux travers des techniques qui l'avait desservi jusqu'ici et le présentait comme écrasé, dépossédé de son âme, mort. C'est dans cette volonté de redonner du sensible à ce corps numérisé que je souhaite balayer le lourd héritage du numérique en lui permettant d'être ce médium qui, loin de tuer le corps, l'autorise à exister autrement en permettant un partage et une voie d'échange entre les différents corps (celui de l'artiste, de l’œuvre et du spectateur) sans cesse mis en tension. Dans cette idée d'échange et de nouveau moyen de communication de l’œuvre d'art, je souhaite aujourd'hui introduire le corps dans cette dimension d'un partage moins traditionnel, dans une idée de « redonner corps » à cette dématérialisation et qu'il ne soit plus uniquement à voir mais à expérimenter. Corps propice à l'exploration, il serait alors à toucher, à observer, à pratiquer dans ses plis, ses courbes, ses recoins : dans une expérience de son territoire propre. La triade des corps auteur/œuvre/récepteur pourrait alors se rencontrer par le biais d'une œuvre interactive qui permettrait une nouvelle exploration des corps à l'ère du numérique de même qu'une expérimentation de chaque posture : le corps du spectateur deviendrait auteur de l’œuvre dans son interactivité de la même manière que l'auteur se positionnerait en temps que spectateur durant sa conception.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/1307