D'un maître à l'autre : le don de la transmission Emile Bernard et André Maire

Portrait, Rémy (2016) D'un maître à l'autre : le don de la transmission Emile Bernard et André Maire. [Mémoire]

[img] Texte (PDF)

portrait_remy_M22016.pdf


Accès : Accès restreint UT2J

Télécharger (9MB) | Demander une copie
Type de document: Mémoire
Auteurs: Portrait, Rémy
Directeur de recherche: Mange, Christian
UFR / Composantes: UFR Histoire, Arts et Archéologie > Département Histoire de l'Art et Archéologie
Diplôme: M2 Histoire de l'Art et Patrimoine : moderne et contemporain
Sujets: SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Art et histoire de l'art > Art contemporain
Mots-clés en français: André Maire, Emile Bernard, Transmission
Résumé en français: Partir aujourd’hui à la recherche d’œuvres, de correspondances, et d’écrits, favorise pleinement la réévaluation de noms célébrés autrefois. Cependant, pour mener à bien cette étude, s’intéressant à la relation de maître à élève entre Emile Bernard et André Maire, il s’agit conjointement de faire resurgir des conjectures, réviser des faits dénaturés, oubliés à tort, ayant eu pour effet d’altérer voire d’orienter l’histoire de l’art du XXe siècle dans des impasses. Ayant développé sur des plans divers et dans des directions variées des activités originales et riches, Emile Bernard et André Maire témoignent à leur façon du rôle multiple et majeur qu’ils ont joués de manière concomitante durant le XXe siècle. Face à des personnages que tout semble opposer, qu’on pourrait juger à première vue complexes et inabordables du fait de leur passif, on ressent au contraire dans cette étude une grande alchimie entre le maître Emile Bernard et l’élève André Maire, une grande empathie, et beaucoup d’estime. Encore insoupçonnées, malgré des différences notoires et incontestables, notamment au point de vue de leurs personnalités, on constate à travers leur chemin de vie, que les deux peintres partagent de grandes similitudes d’avenir. Le voyage en est bien sûr le faire valoir. Leur existence d’homme et de peintre est marquée par l’attraction d’un ailleurs, décisif pour leurs expérimentations plastiques et par un mode d’être aussi éloigné que possible des conventions de la civilisation. Pour Emile Bernard la Bretagne, ce paysage lumineux et poétique reste la terre d’élection et de spiritualité la plus appropriée, un nécessaire repli. Pour André Maire, Angkor est ce refuge. Cependant comme le dit l’adage, le voyage forge la jeunesse. Conduit vers la maturité l’ailleurs amène à l’individualisation et à la différence, contribuant à distendre les liens qu’unissent André Maire à Emile Bernard. En effet, quand Emile Bernard se bat contre son passé de jeune avant-garde, André Maire lui a le désir de partager une image vraie, qui s’inscrit elle-même dans la nature. Son œil toujours magique, son œil caméra, aborde et absorbe la vie de manière primesautière. Prenant ses distances avec le monde classique de son aîné, il revient à un mode différent de contact avec la réalité, fidèle à cette forme d’humanisme des origines. Peintre voyageur, baroudeur, décorateur, l’approche d’André Maire est celle d’un ethnologue et son regard celle d’un reporter tant il sait sentir, se fondre dans l’inconnu et faire partager ses émerveillements. La diversité de ses interventions dans la vie artistique de la première moitié du siècle n’est pas le fait d’un artiste qui se serait laissé porter par les suggestions de sa fantaisie ou les hasards des circonstances ; elle recèle véritablement d’une unité profonde, celle que peut donner une vie intérieure intense et passionnée. Cependant, et c’est ce qui est remarquable et touchant dans ce cas, malgré des dissidences et des modes de pensées hétéroclites, les vies d’Emile Bernard et d’André Maire, semblent à jamais liées.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/1758