L'utilisation des pierres fines dans les bijoux de l'art rocaille

Rabinel, Alice (2016) L'utilisation des pierres fines dans les bijoux de l'art rocaille. [Mémoire]

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Type de document: Mémoire
Auteurs: Rabinel, Alice
Directeur de recherche: Perrin, Anne
UFR / Composantes: UFR Histoire, Arts et Archéologie > Département Histoire de l'Art et Archéologie
Diplôme: M1 Histoire de l'Art et Patrimoine : moderne et contemporain
Sujets: SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Art et histoire de l'art > Art moderne
Mots-clés en français: Bijoux, Pierres précieuses
Résumé en français: Les gemmes fascinent l’homme depuis des temps immémoriaux. Ces pierres aux couleurs et aux formes spectaculaires, ont fait naître mythes et légendes. Le terme gemme signifie à l’origine :bourgeon. Ainsi, pour nos ancêtres, les pierres étaient issues du monde vivant et non du monde minéral. Les pierres précieuses les plus connues nous sont aujourd’hui très familières car elles sont visibles dans les nombreuses bijouteries qui peuplent nos villes. Depuis quelques années, les marchands se sont tournés vers la vente de nouvelles pierres moins connues et parfois bien plus rares que les quatre pierres précieuses d’origine1. Cependant, en étudiant l’histoire de la bijouterie on s’aperçoit que ces pierres n’ont pas toujours été mises à l’écart de la joaillerie. En effet, au XVIIIe siècle les joailliers parisiens et plus largement européens utilisaient en grand nombre toutes sortes de pierres fines. Les pierres durant cette période proviennent majoritairement d’Orient et certaines pierres sont plus représentées que d’autres, telles que les diamants,les grenats, les péridots et les améthystes. Avec la découverte des mines de minas gérais au Brésil, les Portugais vont inonder les marchés européens de nouvelles pierres. Ces découvertes vont changer en profondeur la joaillerie de l’époque et les systèmes d’approvisionnement en pierres. La mode qui se développe durant la période rocaille s’adaptera parfaitement aux couleurs de ces nouvelles pierres. Les bijoux du XVIIIe siècle marquent un changement dans l’art de la joaillerie ; les tailles des pierres s’améliorent et les montures en or et en argent deviennent de plus en plus raffinées. Les fleurs, les bouquets, la végétation et la nature inspirent ces nouvelles parures aux couleurs et aux formes multiples. Le diamant va devenir la pierre reine de cette période ainsi que les montures en argent. Cet engouement soudain vient du fait que ces deux matières assemblées vont s’illuminer à la lueur des chandelles sans comparaison possible. Il n’existe aucun rival au diamant quand il s’agit de brillance et d’éclat. Cependant, à la lumière du jour, la couleur était de mise, il y avait donc une distinction entre les parures de jour et les parures de nuit. Dans toute l’Europe on va observer l’apparition de bijoux colorés aux pierres mystérieuses. Il faut distinguer deux sortes de pierres fines ; les pierres gemmes et les pierres décoratives. Les pierres gemmes seront taillées et serties pour réaliser des parures de joaillerie et les pierres décoratives seront utilisées pour créer des objets de luxe tels que la marqueterie en pierres dures. Les deux pouvant être associé dans certaines compositions. Le premier point que nous souhaitons aborder est l’identification du style et des pierres employées dans la joaillerie de l’art rocaille. L’objet de ce mémoire est de comprendre la différence avec les autres époques mais aussi de comprendre pourquoi toutes ces pierres fines jouissent à cette période d’une telle popularité. Nous montrerons ainsi de nombreux exemples de joaillerie pour étayer notre propos. Le commerce des gemmes a toujours fait l’objet de mystères et de contes. En effet, dans un monde peu sûr, aux routes incertaines, il fallait faire preuve de la plus grande discrétion. C’est pour ces raisons qu’il sera difficile de retracer les parcours des joyaux. De plus, l’exportation de pierres dans certains pays était strictement contrôlée pour éviter d’attirer la convoitise des étrangers. Si ce commerce est réservé aux initiés, certains illustres voyageurs en ont fait le récit. Le but sera ici de retracer une carte des zones de production et des grands centres de commerce de gemmes. Arrivée en Europe, la taille des pierres n’était pas réalisée n’importe où. Certains centres de tailles sont toujours d’actualité et sont reconnus depuis le Moyen-Age : Anvers entre autres. Les marchands flamands assuraient l’approvisionnement en pierre de toute l’Europe du nord. Les joailliers parisiens se fournissaient en pierres à Anvers mais aussi en Italie. La fabrication et la vente des bijoux est un point crucial de notre propos. Cependant, les liens sont difficiles à établir et seules les grandes créations joaillières ont leurs auteurs authentifiés. Pour le reste, les inventaires et les ventes après décès constituent une source d’informations très importante. Le XVIIIe siècle commence à voir naître les changements économiques qui bouleverseront le XIXe siècle. De grandes richesses vont apparaître dans les familles bourgeoises qui deviennent progressivement les nouveaux consommateurs de produits de luxe. De plus, le faux se développe de manière fulgurante. En effet, les scientifiques arrivent à créer à partir du verre de très belles imitations de gemmes. L’industrie qui met au point l’acier va aussi contribuer à la création de nouveaux bijoux en alliage qui seront très en vogue à la fin du XVIIIe siècle. Cependant, il ne faudra pas perdre de vue que les bijoux, même d’imitation, sont réservés à cette époque à une très mince partie de la population, comprenant l’aristocratie et les plus riches familles bourgeoises. Ces problématiques nous aideront à appréhender le bijou du XVIIIe siècle afin de pouvoir réaliser une meilleur expertise, à la fois plus précise et plus réaliste, sur les joyaux qui nous parviennent sur le marché de l’art
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/2003