Création-Recherche-Action-Projet Enjeux et posture du designer-valorisateur

Collette-Germier, Léa (2017) Création-Recherche-Action-Projet Enjeux et posture du designer-valorisateur. [Mémoire]

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Type de document: Mémoire
Auteurs: Collette-Germier, Léa
Directeur de recherche: Caumon, Céline
UFR / Composantes: Institut Supérieur Image Design (ISCID)
Diplôme: M2 Concept, design, usages et modes de vie
Sujets: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Arts appliqués
Mots-clés en français: Design, Designer, Valorisateur Création, Recherche, Action, Projet Enjeux et posture du designer-valorisateur
Résumé en français: Dans ce mémoire je vais tenter de définir ce que pourrait être pour moi le designer de demain. Je souhaite prôner la pratique d’un design alternatif qui requestionne nos modes de vie et ouvre de nouvelles perspectives d’avenir. Enjeux et posture du designer valorisateur / Comment être designer valorisateur ? L’idée est d’interroger la place du designer dans notre monde et de proposer une posture de «Recherche-Action» entre théorie et pratique afin de générer de nouveaux potentiels de création et devenir acteur de notre futur. Une designer en recherche-action Nous évoluons dans une société du spectacle où le dessin prend souvent le pas sur le dessein. Face au mythe du designer-star soumis au marketing, aux effets de mode et aux enjeux des tendances une prise de recul sur la discipline est nécessaire. Nous vivons dans une société consumériste qui conditionne l’humain. Notre démesure nous a conduit à une crise écologique sans précédent et nous a fait perdre notre rapport à la nature. Face à cela je défend une posture engagée : Comment continuer à cautionner et assumer un métier qui ne cesse de produire alors que mes principes vont à l’encontre ? Il est alors important d’avoir une véritable prise de conscience et de questionner la responsabilité éthique du designer pour amorcer une période de rupture. Cela amène à proposer une contre vision du design : Défendre une posture de designer à géométrie variable qui se situerait en amont de la question du projet et de la réalisation (tout en préservant un espace de liberté pour lui permettre d’intervenir dans la production). 69 Une designer de l’avant Pour repenser la manière dont travaille le designer et concevoir différemment il est nécessaire d’adopter une posture de recherche de potentiels et de questionner la notion d’innovation. L’intérêt est alors de savoir comment se positionner et définir ce que pourrait être le designer-valorisateur du 21ème siècle. Plutôt que de s’ opposer frontalement au système dans lequel nous évoluons, une piste serait de s’y intégrer pour le changer de l’intérieur. Le «designer idéal» interviendrait alors en amont du projet et serait à l’écoute des signaux faibles afin de détecter les problématiques de demain. Si l’on considère le design comme un repère, un indicateur de croyances et de valeurs qui permet de comprendre une époque à travers ses productions, le designer se doit d’être en éveil pour pouvoir être dans la prospective et imaginer un futur souhaitable. Vers l’expérimentation de ce designer Pour me confronter à la problématique et mettre en application ces principes, je me suis orientée vers la question de la matière première comme point de départ de toute création. Se reconnecter avec une certaine forme de matérialité sensorielle permet de dégager de forts potentiels créatifs et d’innover. Mon expérience de stage au sein de la matériauthèque «Innovathèque»* m’a permis de valider par la pratique les apports de cette approche matière pour les entreprises. Il existe deux manières d’envisager la notion d’innovation matière : Soit la piste opérationnelle qui consiste à imaginer un nouveau matériau afin de proposer une solution alternative à un autre pour lutter contre l’épuisement des ressources fossiles et la pollution. Soit la piste expérimentale qui revient à porter un autre regard sur une matière afin de soulever des potentiels à partir de ses propriétés intrinsèques pour en dégager de nouveaux usages. C’est dans ce cadre que se situe mon projet professionnel: «Matière(s) Première(s)» en partenariat avec l’entreprise Authentic Material au sein du CNRS. L’objectif est de relativiser la notion de déchet pour envisager des pistes de valorisation et inventer des matériaux qui deviendront peut être la norme de demain. *Crée par le centre technologique FCBA en 2000 à Paris, Innovathèque est le 1er centre de ressources, de veille et conseil en matériaux et process innovants au service des métiers de la création. J’y ai occupé un poste de chargée de projets matériauthèque (veille créative et pratique de projet / consultations privées / organisation de salons, recherches, conférences / rencontres avec des prescripteurs et clients dans le cadre de projets en cours...)
Résumé dans une autre langue: In my master thesis I will try to define tomorrow’s designer. I would like to promote an alternative design inquiring our way of life and leading to new perspectives. Issues and attitude of responsible designer / How to be a responsible designer? The idea is to investigate the role of the designer in our world and to propose an attitude of “Research-Action” between theory and practice. This allows new creation potentials and the possibility to design our future. Research-Action designer We live in an entertainment society where appearance takes over concept. In front of the star-designer myth, subjected to marketing, fashion and different trends, we need to think over the discipline. We live in a consummation-based society where Human is conditioned. Our greed leads us to an unprecedent ecological crisis where we lost our relation toward nature. Confronted to this, I prone an involved attitude: How to get involved in a work linked to mass production when it hurts my principles? It is important then to question the ethic of the designer to break the dogma. This leads us to propose an unconventional vision: An adaptable designer working upstream of the project and realization (with an option to intervene in production). Initiating designer To rethink how the designer work and conceive, it is necessary to investigate potential and innovation. The point is how to define twenty-first century responsible designer? Instead of confronting the system, a solution would be to change it from the inside. The “ideal designer” would be part of the genesis of the project, listening to the weak signals to detect tomorrow issues. If we consider design as a landmark of beliefs and values of an era, the designer must be aware to imagine a desirable future. Towards experimenting this designer To experiment and apply these principles, I chose material as my starting point. Reconnecting with sensitive reality allows to innovate and unleash a strong creative potential. My internship within the material library “Innovathèque”* allowed me to validate my approach with different companies. There are two ways to conceive material innovation: Either the practical way, a new sustainable material as an alternative solution to help reducing pollution and the use of fossil resources. Or the experimental way, which consist in studying the properties of a material and using those to implement new assets. Within this frame, I conducted my professional project “Matière(s) Première(s)” in partnership with the company Authentic Material affiliated to the CNRS. The goal is to change the point of view of what we consider a waste to develop new materials which might be tomorrow’s necessities. *Created by the FCBA technological center in 2000 in Paris, Innovathèque is the first resource, watch and advice center in material and innovating process for creation workgroups. I occupied the position of project manager of the material library (creative survey, project management/ audit/ showroom organization, research, conferences/ meetings with clients).
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/2803