Le noir dans tous ses états, identités graphiques et techniques plastiques du noir

Barrès, Sophie (2017) Le noir dans tous ses états, identités graphiques et techniques plastiques du noir. [Mémoire]

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Type de document: Mémoire
Auteurs: Barrès, Sophie
Directeur de recherche: Lécole Solnyckine, Sophie
UFR / Composantes: Institut Supérieur Image Design (ISCID)
Diplôme: M2 Design graphique, communication et édition
Sujets: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Arts appliqués
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Arts plastiques
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Arts graphiques
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Arts visuels > Photographie
Mots-clés en français: Graphisme, Noir, Livre, Motif, Typographie, Illustration, Photo, Design, Artisan
Mots-clés dans une autre langue: Graphics, Black, Book, Pattern, Typography, Illustration, Photo, Design, Artisan
Résumé en français: J’ai décidé durant ces deux années, de traiter mon mémoire sur la couleur noir et la finalité de mon mémoire est mon projet professionnel. Mon titre est : Le noir dans tous ses états, identités graphiques et techniques plastiques du noir. Pourquoi le noir : c’est une couleur que j’affectionne tout particulièrement, elle me passionne par son intensité. De plus j’aime cette couleur car elle renvoi a de multiple notions, stéréotypes. Dans un premier temps j’ai traité le noir dans sa globalité. J’ai donc effectué des recherches autour de la linguistique et de l’anthropologie de cette « non-couleur » ainsi que du coté scientifique afin de capter toutes les subtilités de langage qui lui sont associés. Ensuite en second temps j’ai fait un travail de recherche ou je parle des stéréotypes et idées reçues du noir, on retrouve le noir sale, le noir politique, le noir du deuil, le noir élégant et j’en passe. Ces recherches m’ont permises de mieux cerner les notions qu’on attribue à cette couleur afin plus tard dans mes expérimentations de pouvoir les prendre en compte. Après je me suis questionné sur l’histoire et les techniques de représentation du noir et blanc. Ici je me suis penchée sur la photographie et le cinéma ou l’on s’aperçoit que malgré de longue années à chercher des techniques pour pouvoir réaliser des photos et films en couleurs, lorsque c’est arrivé, un grand nombre de photographe et réalisateur s’en sont offusqués et sont restés au noir et blanc. Pour eux, la couleur brouille la vision réelle de ce qu’ils montrent à voir, elle est artifice et ne permet pas de regarder l’essentiel mais détourne le regard du spectateur vers des détails insignifiant. Après avoir étudié ces deux domaines je me suis tourné vers l’imprimerie. Lorsque dans les années 1450 l’imprimerie apparait, un monde en noir et blanc se dessine et se mets progressivement en place. On retrouve le noir de l’encre, qui devient le produit par excellence. Tout est noir sauf le blanc immaculé du papier. Le livre se forme un imaginaire aux couleurs particulièrement : le noir de l’encre et le blanc du papier. Malgré le fait qu’on puisse mettre de la couleur, les textes, les images sont en noir et blanc. A partir de là, se développe des usages et codes construits autour d’un axe : Noir Gris Blanc. Ensuite, je me suis attaqué à la singularité du noir. Il parle de ma pratique et ma manière de procéder afin d’aboutir à mon livre d’artiste. Ce chapitre est mon mémoire mais aussi l’explication de mes noirs pour mon projet pro. Avant d’en parler, j’ai étudié des artistes qui traitent du noirs et qui pour moi sont importants et font partis de mes références et inspirations. En résumé, j’ai traité par des études de cas Kasimir Malévitch avec la disparition de la figuration puis Ad Reinhardt et sa conquête de la peinture en tant que matière, matériau et oeuvre. On retrouve ensuite Pierre Soulages et l’Outrenoir, le noir lumière, texture qui s’oppose à Anish Kapoor et le Vantablack qui fait disparaitre toutes formes, reliefs pour terminer par un artiste que j’ai découvert durant ma phase de recherche : Timothée Talard et son noir qui contient toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ce travail de recherche, a été pour moi primordial pour pouvoir m’imprégner de cette couleur aux multiples facettes qui est le noir. J’ai donc choisi d’engager des expérimentations plastiques avec différents modes opératoires. Dans un premier temps, j’ai décider de traiter la couleur noir qui est omniprésente dans ma matériothèque d’expérimentations. J’ai donc par le biais de mon fond matériologique commencé à travailler avec, en continuant la recherche ce qui m’a permis de ramener de l’aléatoire et donc de l’erreur, de l’accident. A la suite de ces expérimentations, je les ai triées par rapport aux gestes plastiques puis dans un second temps, j’ai décidé de réaliser deux cartographies. Aux différents noirs de la cartographie, je peux maintenant superposer de nouveaux registres sémantiques, liés à l’objet livre et aux motifs narratifs qu’ils déclinent de mon point de vue, c’est a dire lié a une interprétation personnelle. Il s’agit là d’un processus d’invention narratif, fondé sur un travail de langage. D’une certaine manière, ce livre raconte comment il est fait, qu’elles sont les exercices de pensée qui en ont accompagnés le déroulé opératoire et interprétatif. par les voies de La symbolisation, je présente des noirs abandon, souvenir, d’interposition, de caractère et « texture ». De manière synthétique, je suis passé d’une première cartographie opératoire (gestuelle), impulsée par une ligne déconstructiviste, à une deuxième cartographie interprétative (sensations), ouverte vers une cartographie chromatique. La déconstruction a permis en bout de course d’inventer de nouvelles typologie de noir, de noirs récits. Après avoir classé chaque famille de noirs, je me suis mise à chercher pour chacun d’eux, un nom significatif et symbolique qui les définiraient. Chaque définition est un travail de recherche autour du nom donné : noir souvenir, noir abandon, noir caractère, noir texture et noir d’interposition. J’ai travaillé en m’appuyant sur différentes définitions de mots clés qui caractérisaient le noir en question, ainsi que la technique utilisée pour les créer. Ensuite j’ai crée une fiche d’identité où l’on retrouve les principales caractéristiques du noir en question, qui vont me permettre de créer sa définition avec ma touche personnelle. Mes expériences plastiques, comprises comme des modalités d’invention de noirs récits, trouvent une résonance dans le domaine d’activité de l’édition. Mon travail de création et de recherches s’articulent ici avec mon projet professionnel. Je suis intéressée par les formes créatives et par les nouvelles propositions narratives dans ce domaine. Mes choix se sont progressivement portés sur le livre d’artiste qui me permet de valoriser tout le registre des noirs et d’assurer leurs confrontations, de rendre compte de la dimension plurielle de mon expérimentation (dont les cartographie témoignent). Les techniques d’impressions, impliquées dans le projet d’édition du livre d’artiste sont problématisées. C’est un point essentiel de mon travail et de cette articulation entre création - recherches et profession. Cela rencontre également un enjeux fort aujourd’hui dans l’édition en ce qui concerne le rendu des noirs au plan visuel. On retrouve un travail important autour de l’impression et du papier, qui permettent de rendre l’effet escompté pour les noirs du livre. De plus ce qui m’a rapproché du livre d’artiste est sa « proximité » avec le livre traditionnel. Effectivement, pour moi le livre et le papier on une forte résonance au niveau du touché, de l’odeur, chacun à sa manière de le manipuler. Il donne une sensation d’appartenance, il est transportable et se lire partout. Le livre est un lieu unique qui nous est propre. Une fois en sa possession, libre à nous de se l’approprier, mais ce qui est sur c’est qu’il nous appartient et qu’on le garde. Ici le spectateur devient lecteur et propriétaire du livre et il pourra se questionner tout en créant sa propre histoire et devenir praticien. J’ouvre un champ expérimental qui créée un espace alternatif d’exposition pour mes expérimentations et de nouvelles possibilités d’explorations, une nouvelle manière de voir une oeuvre et de se l’approprier. Ce livre rentre dans notre intimité et nous seul en avons la clé.
Résumé dans une autre langue: I decided during these two years, to process my memory on the black color and the purpose of my memory is my professional project. My title is: Black in all its states, graphic identities and plastic techniques of black. Why black: it is a color that I particularly love, it fascinates me by its intensity. Moreover I like this color because it refers to multiple notions, stereotypes. At first I treated black as a whole. So I researched the linguistics and anthropology of this "non-color" as well as the scientific side in order to capture all the subtleties of language associated with it. Then secondly I did a research job or I talk about the stereotypes and ideas received from black, we find black dirty, political black, black mourning, elegant black and so on. This research allowed me to better understand the notions attributed to this color and later in my experiments to be able to take them into account. Afterwards I asked myself about the history and techniques of representation of black and white. Here I have looked at photography and cinema where we realize that despite many years of researching techniques to make color photos and films, when it happened, a lot of photographer and director Were offended and remained black and white. For them, color blurs the real vision of what they show to see, it is artifice and does not allow to look at the essential but distracts the viewer's gaze towards insignificant details. After studying these two fields I turned to printing. When in the 1450s printing appeared, a world in black and white emerged and gradually took shape. One finds the black of the ink, which becomes the product par excellence. Everything is black except the immaculate white of the paper. The book forms an imaginary with colors especially: the black of the ink and the white of the paper. Despite the fact that one can put color, the texts, the images are in black and white. From then on, develops uses and codes built around an axis: Black Gray White. Then I tackled the singularity of black. He talks about my practice and my way of proceeding in order to arrive at my artist's book. This chapter is my memory but also the explanation of my blacks for my pro project. Before I talked about it, I studied artists who deal with the blacks and which for me are important and are part of my references and inspirations. In summary, I have dealt with case studies Kasimir Malevich with the disappearance of the figuration then Ad Reinhardt and his conquest of painting as material, material and work. Then we find Pierre Soulages and the Outrenoir, the black light, a texture that is opposed to Anish Kapoor and the Vantablack that makes all shapes disappear, and ends with an artist I discovered during my research phase: Timothée Talard And its black which contains all the colors of the rainbow. This work of research, was for me to be primordial to be able to imbibe of this multifaceted color which is black. I therefore chose to engage in plastic experiments with different operating modes. At first, I decided to treat the black color that is omnipresent in my experimental material library. I therefore through my materiological background began working with, continuing the research which allowed me to bring back from the random and therefore the error, the accident. As a result of these experiments, I sorted them in relation to the plastic gestures and then, in a second time, I decided to make two cartographies. To the different blacks of cartography, I can now superimpose new semantic registers, linked to the book object and to the narrative motifs that it declines from my point of view, that is to say linked to a personal interpretation. This is a process of narrative invention, based on a work of language. In a way, this book tells how it is done, that they are the exercises of thought that accompanied the operative and interpretive process. By the ways of symbolization, I present blacks abandonment, memory, interposition, character and "texture". In a synthetic way, I have gone from a first operative cartography (gesture), impelled by a deconstructivist line, to a second interpretive cartography (sensations), open to a chromatic mapping. The deconstruction allowed in the end to invent new typology of black, black stories. After classifying each family of blacks, I began to look for each of them a significant and symbolic name that would define them. Each definition is a research work around the given name: black memory, black abandon, black character, black texture and interposition black. I work by relying on different definitions of keywords that characterize the black in question, as well as the technique used to create them. Then I create an identity card where we find the main characteristics of the black in question, which will allow me to create its definition with my personal touch. My plastic experiments, understood as modalities of invention of black narratives, find resonance in the field of activity of publishing. My work of creation and research is articulated here with my professional project. I am interested in creative forms and new narrative proposals in this field. My choices have gradually been based on the artist's book, which allows me to value the whole Black register and ensure their confrontations, to account for the pluralistic dimension of my experimentation. The printing techniques involved in the project of publishing the artist's book are problematic. It is an essential point of my work and this articulation between creation - research and profession. It also encounters a strong challenge today in publishing regarding the rendering of blacks visually. One finds important work around the printing and the paper, which make it possible to make the expected effect for the blacks of the book. Moreover, what has brought me closer to the artist's book is his "proximity" to the traditional book. Indeed, for me the book and the paper have a strong resonance at the level of the touch, the smell, each in its own way to manipulate it. It gives a feeling of belonging, it is transportable and can be read everywhere. The book is a unique place of our own. Once in his possession, free to us to appropriate it, but what is on is that it belongs to us and that we keep it. Here the viewer becomes the reader and owner of the book and he can question himself while creating his own history and become a practitioner. I open an experimental field that creates an alternative space of exposure for my experiments and new possibilities of explorations, a new way of seeing a work and of appropriating it. This book is in our privacy and we alone have the key.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/2902