L'influence de l'écriture poétique sur l'orthographe morphologique : de l'imaginaire à la vigilance et à la réflexion métaorthographiques.

Bucelet, Manon (2017) L'influence de l'écriture poétique sur l'orthographe morphologique : de l'imaginaire à la vigilance et à la réflexion métaorthographiques. [Mémoire]

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Item Type: Mémoire
Creators: Bucelet, Manon
Directeur de recherche: Favriaud, Michel
Divisions: Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education (ESPE)- Académie de Toulouse
Diplôme: M2 MEEF Professeur des écoles
Subjects: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Langues > Français
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Lettres modernes > Littérature générale
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sciences de l'éducation
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sciences de l'éducation > Enseignement primaire
Uncontrolled Keywords: Poésie, Orthographe, Production d'écrit
Abstract: En réaction à la décision du Ministère de l'Éducation nationale de mettre en application les rectifications orthographiques recommandées par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) et publiées dans le Journal officiel du 6 décembre 1990, l'Académie française rappelle dans une Déclaration adoptée le 11 février 2016 que « plus que la maitrise de l'orthographe, défaillante, c'est la connaissance même des structures de la langue et des règles élémentaires de la grammaire qui fait complètement défaut à un nombre croissant d'élèves » , mettant ainsi en lumière une nécessaire remise en cause de l'enseignement de la langue française. A ce titre, dans les nouveaux programmes de l'école élémentaire parus dans le Bulletin Officiel spécial du 26 novembre 2015, l'enseignement de la langue française apparait désormais sous l'intitulé « Étude de la langue », entrelacs des sous-domaines longtemps réunis sous la rubrique « Maitrise de la langue », que sont l’orthographe, la conjugaison, la grammaire et le vocabulaire . Néanmoins, il est à noter que l'apprentissage de la lecture, de l'oral et de l'écriture demeure distinct de l'apprentissage du fonctionnement de la langue. Faut-il percevoir cette mise à l'écart de l'usage de la langue comme un défaut dans l'enseignement du français et bien plus, dans son acquisition par l'élève ? L'apprenant ne pourrait-il pas, au contraire, tirer parti d'une continuité explicite entre le fonctionnement de la langue, qu'il acquiert lors de séances définies, et sa mise en pratique quotidienne ? Ainsi, si les textes préconisent de faire de la langue « l'objet d'une attention constante en lecture et dans les situations d'expression orale ou écrite afin de faire réfléchir les élèves à son fonctionnement » , il parait dès lors essentiel d'interroger nos pratiques d'enseignement et de mettre en place des va-et-vient constants entre étude de la langue et usage de la langue, de manière à faire de l'élève un lecteur-scripteur capable de raisonner sur sa propre utilisation de ses connaissances linguistiques. Il s'agira ici de questionner plus spécifiquement le rapport entre étude morphologique de la langue et pratiques des élèves. C'est d'ailleurs dans cette idée que Danièle Cogis et Catherine Brissaud, auteures de Comment enseigner l'orthographe aujourd'hui ? affirment : « [...] Enseigner l'orthographe aujourd'hui, c'est transmettre des connaissances, mais aussi amener les élèves à mobiliser ces connaissances dans leurs écrits ». Pour autant, certaines pratiques langagières se prêtent-elles davantage à la réflexion métaorthographique ? Pour Danièle Cogis et Catherine Brissaud , la production d'écrits courts favorise le questionnement orthographique puisqu'ils allègent la charge cognitive de l'élève et augmentent sa capacité à mobiliser ses connaissances lexicales et grammaticales, par opposition aux écrits plus longs qui focalisent davantage le jeune scripteur sur le fond que sur la forme de sa production. De ce point de vue, les écrits courts, dont peut faire partie la poésie, ont-ils les mêmes effets sur les compétences morphologiques des élèves ? La liberté qu'offre le genre poétique n'en fait-elle pas un champ d'expression propice à la vigilance orthographique ? Bien plus, dans une volonté d'interaction constante entre les différents aspects de la langue et notamment entre langage écrit et langage oral, la mise en voix des productions des élèves ne pourrait-elle pas aider l'apprenant à percevoir les subtilités du langage et notamment, les rapports d'homophonie et de polysémie, omniprésents dans la langue française et eux-mêmes, potentielles ressources pour donner à l'élève le plaisir des jeux de langage ? Il semblerait en effet que le jeu et le plaisir favorisent l'implication de l'élève dans les apprentissages, comme le soulignent les ressources pour l’école maternelle publiées par Eduscol en septembre 2015 . Mais l’écrit poétique ne constitue-t-il pas un obstacle pour l’élève, plus grand encore que l’écrit narratif ou descriptif, en ce sens qu’il impose une esthétique du langage qui dépasse l’écrit de travail et s’apparente davantage à l’élaboration d’une production artistique ? La nécessité du Beau peut-elle être un frein au développement des compétences orthographiques des élèves, ou permet-elle au contraire de concentrer leur attention sur le langage en tant qu’outil de création? Afin de mesurer l’impact de l’écrit court tel que l’écrit poétique sur les compétences orthographiques des élèves, une courte séquence didactique sera proposée dans cette étude - séquence qui soulève l’épineuse question de l’évaluation. En effet, quels outils utiliser pour mesurer les progrès réels des élèves en considérant l’écrit poétique comme unique instigateur de cette évolution ? Est-il envisageable de distinguer les conséquences de la pratique écrite de l’élève sur son orthographe et celles de son apprentissage raisonné de la langue, en étude de la langue ? Et qu’en est-il du facteur important que représente la concentration de l’élève, sans laquelle les apprentissages les plus fragiles ne résistent que rarement à la pratique écrite ? Serait-il possible de concevoir des situations de production d’écrit nécessitant la pleine conscience de l’élève dans la tâche demandée ? Si la présente étude ne s’attachera pas à répondre à toutes ces interrogations, elle en tiendra compte cependant afin d’apporter une réponse plus fine au questionnement majeur que posent l’écriture poétique et les compétences métaorthographiques des élèves. Cependant, la « surcharge mentale » occasionnée chez le jeune enfant en situation d’écriture étant importante , la méta-orthographe présente davantage d’intérêts pédagogiques et intellectuels auprès d’individus ayant une connaissance préétablie des rapports phonèmes-graphèmes. C’est pourquoi nous nous focaliserons sur les pratiques orthographiques d'élèves de cycle 3, tous milieux sociaux et culturels confondus, afin de balayer un public qui soit le reflet le plus proche de la diversité des apprenants concernés par le fonctionnement et l'usage de la langue au quotidien. Il s’agira d’observer et d’analyser l’évolution des pratiques d’un échantillon d’élèves d’une classe de CM2 de l’école élémentaire Le Barry à Muret. Les données fournies par ce terrain d’étude seront complétées, entre autres, par les ressources proposées par Danièle Cogis et Catherine Brissaud, par les importants travaux de Nina Catach, historienne de la langue et linguiste mais également par les propositions de l’ancien professeur d’IUFM André Ouzoulias. La première partie de cette étude dressera d’abord un état des lieux de l’orthographe française et de son enseignement, en s’appuyant notamment sur les ouvrages cités, et s’attachera à présenter les différentes approches mises en oeuvre dans les classes pour favoriser son apprentissage, et en particulier les pratiques écrites. Puis une deuxième partie s’intéressera plus spécifiquement à l’enseignement de l’écriture poétique et montrera en quoi la production d’écrits poétiques peut développer les compétences orthographiques et métaorthographiques des élèves. Enfin, il s’agira de présenter et d’analyser, dans une dernière partie, les données recueillies dans le cadre de ce mémoire, en tâchant d’apporter des réponses aux questionnements posés par la présente étude.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/3177

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  • L'influence de l'écriture poétique sur l'orthographe morphologique : de l'imaginaire à la vigilance et à la réflexion métaorthographiques. (deposited 27 Nov 2017 14:22) [Currently Displayed]