Le droit à la ville à la lumière de la question du logement en 2017 : Comment la paupérisation à l'oeuvre en France se vérifie aussi à Toulouse ?

Villain, Alice (2017) Le droit à la ville à la lumière de la question du logement en 2017 : Comment la paupérisation à l'oeuvre en France se vérifie aussi à Toulouse ? [Mémoire]

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Item Type: Mémoire
Creators: Villain, Alice
Directeur de recherche: Rouyer, Alice
Divisions: UFR Sciences, Espaces, Sociétés > Département Géographie-Aménagement-Environnement
Diplôme: M2 Villes, Habitat et Transition Ecologique
Subjects: SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Urbanisme
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Démographie
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Géographie > Géographie urbaine
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Science politique
Abstract: Force a été de constater au cours de ce stage que la paupérisation à l’oeuvre dans le domaine du logement n’épargne pas la ville de Toulouse. Cela se traduit par de la relégation sociale qui prive les classes populaires et moyennes des aménités du centre-ville ; ce phénomène de moyennisation génère un malaise en termes de cohésion sociale, mais va aussi impliquer la mainmise des marchés financiers sur l’immobilier qui pose la question de la place de l’intérêt général dans l’urbanisme. A ce titre, la réquisition de logements vides en centre-ville que pratique régulièrement l’association du DAL apparaît comme un moyen de prendre le contrepied de cette tendance au sens le plus littéral et concret du terme. Cela se traduit également par du surpeuplement en logement d’urgence qui implique que les personnes que j’ai pu accueillir dans les permanences que j’ai effectué au sein du DAL soient pour la plupart sans-papiers ; le DAL étant perçu comme l’ultime alternative à cette situation inextricable qui consiste à se retrouver à la rue lorsque le droit au logement opposable, pourtant mis en place en 2007 à la suite de l’opération Don Quichotte sur le canal Saint- Martin, ne peut matériellement être honoré. Cela se traduit enfin par de la vulnérabilité sociale et environnementale, avec une précarité énergétique accrue chez les classes populaires et moyennes, qui sont aux premières loges de la législation encore timide de l’Etat en matière d’isolation thermique. Une vulnérabilité se manifestant aussi par une exposition à la pollution de l’air qui, si elle ne concerne pas systématiquement qu’une frange de la population moins aisée comme nous l’avons vu précédemment, va l’impacter plus directement. Ici je pense à une famille logeant dans la zone quadrillée par la station de mesure de la qualité de l’air Setmi-Chapitre. Cette famille est obligée de se barricader pour limiter les dépôts de pollution dans son habitacle faute de posséder, à la différence des pavillons alentours, ne serait-ce qu’un coin de pelouse qui la séparerait assez de l’axe routier générant ces dépôts pour ne plus en être incommodé. Dans ce cas de figure, autant dire que chaque mètre compte. Le DAL s’est imposé depuis 1990 comme une force de proposition en matière de justice sociale dans le logement et aspire désormais à être reconnu en tant que syndicat à part entière des locataires. Il cultive allègrement cette position de contre-pouvoir et revendique son indépendance vis-à-vis de l’Etat, à la différence d’autres associations d’insertion par le logement ou dont l’expertise est reconnue, appelées à collaborer plus ou moins étroitement avec l’Etat, comme nous en avons déjà fait mention. Or, cette posture systématique d’extériorité vis-à-vis de la politique territoriale de l’Etat et des collectivités que veut avoir le DAL, si elle lui confère une certaine liberté dans sa lutte pour l’obtention de nouveaux droits en matière de logement, est à double-tranchant en ce qu’elle peut rompre le dialogue social. Voici la principale limite qui ressort selon moi du fonctionnement de cette organisation, outre son retard en matière d’écologie urbaine.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/3395