L'appropriation de la langue nahuatl dans la parole écrite du conquistador Hernán Cortés

Grenier, Estelle (2017) L'appropriation de la langue nahuatl dans la parole écrite du conquistador Hernán Cortés. [Mémoire]

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Item Type: Mémoire
Creators: Grenier, Estelle
Directeur de recherche: Contel, José
Divisions: UFR Langues, Littératures et Civilisations Etrangères > Département Etudes hispaniques et hispano-américaines
Diplôme: M2 Etudes romanes (Espagnol)
Subjects: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Langues > Espagnol
Uncontrolled Keywords: Nahuatl, Aztèque, Conquête, Mexique, XVIe siècle, Langue, Conquistador
Mots-clés dans une autre langue: nahuatl, aztec, conquest, mexico, 16 century, language, conquistador
Abstract: En 1519, les navires espagnols du conquistador Hernán Cortés s’approchaient de la côte actuelle de Vera Cruz et du port de Chalchicueyehcan. De leur côté, les Nahuas préparaient leur arrivée depuis bien longtemps en réalité. Comme en témoignent les récits indiens de la conquête, rédigés dès 1528, de nombreux prodiges avaient été considérés par les Nahuas comme des signes annonciateurs : « une comète, un incendie, la foudre, d’autres comètes, le bouillonnement des eaux du lac, une étrange voix de femme, un oiseau à diadème, des hommes à deux têtes ». Une fois le pied à terre, Cortés fut accueilli par les trois souverains de l’empire aztèque, unis par la Triple Alliance depuis 1428 : Motecuhzoma Xocoyotzin, pour le royaume tenochca de Mexico-Tenochtitlan, Cacamatzin pour le royaume acolhua de Tezcoco et Tetlepanquetzatzin pour le royaume tépanèque de Tlacopan. Très rapidement, les premiers échanges linguistiques furent indispensables pour démarrer l’expédition espagnole qui devait mener Cortés et ses hommes jusqu’à la conquête de MexicoTenochtitlan, deux ans plus tard en 1521. Tout au long de ces deux années, Cortés rédigeait régulièrement des lettres au roi d’Espagne Charles Quint, tentant de légitimer cette expédition, qu’il avait entreprit sans l’accord de Diego Velazquez, le gouverneur de Cuba. Dans celles-ci, nous trouvons le récit du débarquement des Espagnols à Chalchicueyehcan puis celui de leur avancée à travers les terres des peuples nahuas jusqu’à la conquête de la capitale tenochca et nous découvrons ainsi sa version de la conquête du Mexique. A la lecture du texte, nous avons été confrontés aux pensées du conquistador, écrites dans un langage hybride, où se mêlent la langue maternelle de celui-ci, l’espagnol, mais aussi les langues taíno, maya et nahuatl. Ayant été initiés à la langue nahuatl quelques années auparavant par deux professeurs, José Contel et Patrick Lesbre, nous avons rapidement compris que le nahuatl employé par Cortés dans ses lettres comprenait quelques singularités. Pourquoi certains vocables nahuatl employés par Cortés étaient-ils si éloignées des mots originaux qu’il avait pu entendre au contact des Nahuas ? Pourquoi retrouvions-nous des similarités phonétiques et morphologiques avec l’espagnol dans son emploi du nahuatl et quelles étaient leurs caractéristiques ? Pourquoi avions-nous même parfois l’impression que les castillanisations de ces termes en nahuatl étaient poussées à leur extrême au point de voir apparaître des jeux de mots ou même des remotivations ? C’est donc pour tenter de comprendre, sans pour autant prétendre pouvoir répondre à toutes nos interrogations, que nous avons décidé de débuter ce travail de recherche.
Résumé dans une autre langue: In 1519, the conquistador Hernan Cortes' vessels were close to the current coast of Vera Cruz and of Chalchicueyehcan port. But in reality, the Nahuas prepared this landing for a long time. Some written work redacted by the Native Americans as far back as 1518 testify that a lot of wonders had been considered by the Nahuas as an annoucement : "a comet, a fire, a thunderbolt, other comets, the bubbling of the lakes, a strange woman voice, a bird wearing a diadem, two heads men". As soon as he landed, Cortes was welcomed by the three sovereign of the Aztec empire, united by the "Triple Union" since 1428 : Motecuhzoma Xocoyotzin for the tenochca kingdom of Mexico-Tenochtitlan, Cacamatzin for the acolhua kingdom of Tezcoco and Tetlepanquetzatzin for the tepaneque kingdom of Tlacopan.Very quickly, the first linguistic exchanges were essential to start the spanish expedition which should lead Cortes and his men to the conquest of Mexico – Tenochtitlan two years later in 1521. All along these two years, Cortes wrote regularly letters to the King of Spain Charles Quint, trying to legitimate this expedition that he planned without the permission of Diego Velazquez, governor of Cuba. In these letters, there is the description on the Spanish landing at Chalchicueyehcan, then the description of their walk through the Nahuas' land until the conquest of the capital tenochca and we so discover his version of the mexican conquest.Very quickly, the first linguistic exchanges were essential to start the spanish expedition which should lead Cortes and his men to the conquest of Mexico – Tenochtitlan two years later in 1521. All along these two years, Cortes wrote regularly letters to the King of Spain Charles Quint, trying to legitimate this expedition that he planned without the permission of Diego Velazquez, governor of Cuba. In these letters, there is the description on the Spanish landing at Chalchicueyehcan, then the description of their walk through the Nahuas' land until the conquest of the capital tenochca and we so discover his version of the mexican conquest. At the reading of the letters, we were confronted to the conquistador's thoughts, written in an hybrid language, mixing his mothertongue, spanish, but also taino, maya and nahuatl languages. By having initiated to the nahuatl language by two teachers, José Contel and Patrick Lesbre, we quickly understand that the nahuatl used by Cortes in his letters had some singularities. Why some nahuatl words used by Cortes were so different from the original ones that he could have heard by speaking with the nahuatl and which were their characteristics? Why do we had sometimes the feeling that the turn in castilian of these nahuatl terms were pushed to the point to see puns and remotivations? Without pretending to answer to all these questions, It is in order to understand that we have decided to start these researches.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/4007