Hausse des féminicides au Mexique: approche postcoloniale

Selva, Marie (2017) Hausse des féminicides au Mexique: approche postcoloniale. [Mémoire]

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Item Type: Mémoire
Creators: Selva, Marie
Directeur de recherche: Palaisi, Marie-Agnès
Divisions: Institut Pluridisciplinaire pour les Etudes sur les Amériques à Toulouse (IPEAT)
Diplôme: M1 Etudes sur les Amériques (SHS)
Subjects: SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Etudes sur le genre
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sociologie
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sociologie > Culture
Uncontrolled Keywords: Féminicide, Capitalisme, Mexique, Violence
Mots-clés dans une autre langue: Feminicidio, Capitalismo, México, Violencia
Abstract: Nous abordons dans ce travail les féminicides au Mexique depuis une vision intersectionnelle postcoloniale. Ce mémoire se compose de deux parties principales. Il cherche à comprendre en premier lieu les origines des féminicides puis s'intéresse aux raisons de la hausse permanente des féminicides systémiques depuis les années 90. Ce type de féminicide a retenu tout particulièrement mon attention car spécifique au système mexicain. Il est lié à un problème structurel et institutionnel. Commençons notre résumé par les origines du phénomène. Les féminicides auraient débutés au Chiapas dans les années 90 et se seraient étendus par la suite dans l'ensemble du Mexique en particulier à la frontière avec les États-Unis et dans chaque région où les cartels jouent un rôle important. J’ai choisi d’étudier en particulier Ciudad Juarez, exemple significatif de ville des féminicides dû aux cartels d'une part mais aussi aux maquiladoras. En effet, les maquiladoras créent une population de femmes sans aucun droit dont on peut disposer à merci et renforcent les inégalités de sexe. L'héritage du colonialisme a aussi joué un impact néfaste sur la banalisation des violences envers l'indigène et envers la femme. De même, le corps de la femme a depuis toujours été utilisé dans toutes les sociétés patriarcales et pas seulement en temps de guerre. De plus, l'impact du capitalisme a été fatal pour les femmes. Prônant l'émancipation de celles-ci, ce système ne permet en réalité que la mise en esclavage légale des femmes avec une division du travail bien désavantageuse. Il crée aussi des tensions au sein de la population lors des crises, le chômage favorisant toujours les plus riches. Continuons notre résumé avec l'analyse des raisons de la hausse des féminicides. Il faut savoir en premier lieu que nous partons ici d'un constat chiffré difficile à obtenir en raison du manque de chiffres sur le sujet. L'ancrage du Mexique dans le capitalisme à outrance et sa dépendance de plus en plus forte aux Etats-Unis constitue l'un des premiers facteurs de la hausse des violences. La militarisation du pays pour lutter contre le narco-trafic a contribué à la dégradation d’une situation déjà complexe. La hausse des migrations de personnes « sans papier» considérées comme « sans identité », provenant notamment du Guatemala et d'Amérique Centrale a également renforcé la facilité des violences et des meurtres. Enfin, la stigmatisation de l'espace de la frontière dans les médias accentue le développement de zones sans droit où chacun peut faire ce que bon lui semble. Bien que ces meurtres soient ancrés au Mexique depuis longtemps il est possible d'imaginer un futur meilleur grâce aux luttes actives des féministes.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/4082