Subculture darknet : ethnographie d'une transgression.

Rihani, karim (2018) Subculture darknet : ethnographie d'une transgression. [Mémoire]

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Item Type: Mémoire
Creators: Rihani, karim
Directeur de recherche: Figeac, Julien
Divisions: UFR Sciences, Espaces, Sociétés > Département Sociologie
Diplôme: M2 Recherche et Etudes Sociologiques (RES)
Subjects: SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Anthropologie sociale et ethnologie
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sociologie
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sociologie > Culture
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sociologie > Médias
Uncontrolled Keywords: darknet, ethnographie numerique, deepweb, darkweb, sociologie,réseau tor, Tor, subculture, hacker, hackers, interracionnisme symbolique, libertarisme
Mots-clés dans une autre langue: darknet, deepweb, darkweb, sociology, subculture, Tor network, on line ethnography, symbolic interractionnism, libertarism
Abstract: L’univers des darknets reste encore aujourd’hui un sujet principalement connu pour ses activités illégales ainsi que ses capacités de contournement de la censure. En effet, les articles relatant ses trafics à l’intérieur de ces espaces sont légion et les études universitaires qui abordent ce sujet gravitent majoritairement autour d’un point de vue légal ou technique. Pourtant, cet espace numérique dispose en son sein d’un grand nombre de communautés actives véhiculant des normes, des argots, ainsi qu’une idéologie propre aux darknets. Hérité de la subculture hacker à laquelle ils empruntent certains traits caractéristiques, les communautés des darknets développent une représentation du monde particulière que les sciences sociales abordent difficilement.L’objectif de cette étude est de tenter de comprendre comment ces espaces reclus sont organisés et régis de manière étonnamment exigeante. Ce travail a aussi pour but d’appréhender les communautés du « darknet » par leur capacité à être le vecteur d'une forme de production et d’alimentation d’une subculture propre à ce réseau entièrement anonyme. En d’autres termes : quelle production culturelle s’exprime dans ces espaces élitistes? Pour répondre à cette question, une immersion dans une communauté du darknet TOR aura été nécessaire pour comprendre les enjeux véhiculés dans ce réseau. Une ethnographie virtuelle au travers d’analyses de captures d’écran ainsi que d’entretiens avec les internautes de la communauté du « DeepNetwork » aura permis d’extraire ce qui semble constituer une expression identitaire propre à la subculture des darknets. Basée sur la transgression des normes sociales et du partage d’informations libres et sans censures, cette subculture se structure autour de plusieurs axes majeurs dont l’anonymat et la sécurité en constituent les piliers principaux. Opposées au clearweb considéré comme l’espace de la surveillance de masse et de la marchandisation des données personnelles, les communautés des darknets développent en leur sein des règles de fonctionnement peu soumises aux représentations légales et éthiques applicables au web conventionnel. Les communautés des darknets expriment une vision politique libertaire dans un espace numérique libéré des contraintes légales. Autrement dit, ces réseaux véhiculent des pratiques et des discours renvoyant à un usage politique d’outils techniques.
Résumé dans une autre langue: The darknet universe is still today a subject mainly known for its illegal activities and its ability to circumvent censorship. The articles relating its traffic inside these spaces are numerous and the university studies which tackle this subject focus mainly around a legal or technical point of view. However, this digital space has a large number of active communities carrying norms, slangs, as well as an ideology specific to the darknets. Inherited from the hacker subculture to which they borrow certain characteristic features, darknets communities develop a particular representation of the world that the social sciences hardly approach. The goal of this study is to understand how these secluded spaces are organized and governed. This work also aims to apprehend darknet communities by their capacity to be the vector of a form of production and feeding of a subculture specific to this entirely anonymous network. In other words: what cultural production is expressed in these elitist spaces? To answer this question, an immersion into a community on the Tor network have been necessary to understand the issues involved in this network. A virtual ethnography through screenshots analyzes as well as interviews with users of the "DeepNetwork" community has made it possible to extract what seems to be an identity expression specific to the darknets subculture. Based on the transgression of social norms and sharing uncensored informations, this subculture is structured around several major axes whose anonymity and security are the main pillars. Opposed to the clearweb considered as the space of the mass surveillance, the darknet communities develop rules of operation opposed to the legal and ethical representations applicable to the conventional web. Darknet communities express a libertarian political vision in a digital space freed from legal constraints. In other words, these networks convey practices and discourses referring to a political use of technical tools.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/6825