L’acquisition de la lecture des sourds signeurs en langue des signes française (LSF) et en français écrit : l’hypothèse morphologique

Girette, Alienor (2019) L’acquisition de la lecture des sourds signeurs en langue des signes française (LSF) et en français écrit : l’hypothèse morphologique. [Thesis]

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Item Type: Thesis
Titre en anglais: Reading acquisition of deaf signers in French sign language and written French : the morphological hypothesis
Creators: Girette, Alienor
Directeur de recherche: Giraudo, Hélène
Doctoral school: CLESCO : Comportement, Langage, Éducation, Socialisation, Cognition
Research unit: Cognition, Langues, Langage, Ergonomie - CLLE
Diplôme: Doctorat en Sciences du Langage
Subjects: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Langues > Autres langues
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Psychologie
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES > Sciences de l'éducation
Uncontrolled Keywords: Acquisition de la lecture ; Morphologie ; Langue des Signes ; Surdité
Mots-clés en anglais: Reading Acquisition ; Morphology ; Sign Language ; Deafness
Abstract: L’acquisition de la lecture des sourds signeurs en LSF (Langue des Signes Française) est un défi pour chercheurs et éducateurs. Comment expliquer que des sourds qui n’ont pas accès aux sons de la langue française parviennent à lire le français ? Dans cette thèse, nous nous interrogeons sur la nature des correspondances pouvant exister entre le français écrit et la LSF. A cause de la surdité, les correspondances qui mettent en lien les graphèmes avec les phonèmes, peuvent difficilement être issues des compétences phonologiques de ces locuteurs. Nous posons alors l’hypothèse selon laquelle les relations morphologiques que les mots et les signes partagent sont codées dans le lexique mental des sourds signeurs. Une langue, qu’elle soit vocale ou signée, peut en effet être décrite et s’organiser selon des principes morphologiques lesquels sont mis en lumière par l’étude des relations paradigmatiques établies entre les mots (i.e., familles morphologiques). Dans la partie théorique, nous exposons tout d’abord les modèles dominants de la lecture construits selon l’hypothèse phonologique en précisant le rôle joué par la conscience morphologique. Nous abordons ensuite la question de la lecture des sourds signeurs sous l’angle didactique, à travers différentes propositions pédagogiques observées en classe et sous l’angle psycholinguistique, par la description d’études confortant le rôle de la morphologie dans l’accès des sourds signeurs à l’écrit. Nous apportons enfin une description de la morphologie lexicale des langues signées selon une analyse centrée sur la valeur phonémique et morphémique des paramètres. Dans la partie expérimentale, nous présentons notre travail qui a consisté en la création et la description quantitative d'un corpus de 62 familles morphologiques en LSF et en français. Cette analyse révèle un nombre suffisamment important de correspondances morphologiques entre la LSF et le français écrit pour justifier la plausibilité d’une hypothèse morphologique qui sous-tendrait les processus cognitifs d’acquisition de la lecture. Sur la base de l’hypothèse morphologique comme principe organisateur du lexique mental, nous concluons nos travaux par la présentation d'un modèle de la lecture des sourds signeurs lequel permet une meilleure appréhension des procédés utilisés par les sourds signeurs pour apprendre à lire avec la LSF.
English abstract: Reading acquisition of deaf signers in LSF (Langue des Signes Française) is a challenge for researchers and educators. How can we explain that deaf people who do not have access to the sounds of french language manage to read french? In this thesis, we question the nature of the relationships that may exist between written French and LSF. Due to deafness, the relationships between graphemes and phonemes can hardly be derived from the phonological skills of these individuals. We then hypothesize that the morphological relationships that words and signs share are coded in the mental lexicon of deaf signers. A language, whether vocal or signed, can indeed be described and organized according to morphological principles which are highlighted by the study of the paradigmatic relationships established between words (i.e., morphological families). In the theoretical part, we first expose the dominant models of reading based on the phonological hypothesis, by specifying the role played by morphological consciousness. We then approach the question of deaf signers' reading from a didactic viewpoint, through different pedagogical proposals observed in class and from a psycholinguistic viewpoint, by describing studies that underline the role of morphology in the deaf signers' access to the written language. Finally, we provide a description of sign language lexical morphology based on an analysis focusing on the phonemic and morphemic value of the parameters.In the experimental part, we present our work which consisted in the creation and quantitative description of a corpus of 62 morphological families in LSF and French. This analysis reveals a sufficiently large number of morphological matches between LSF and written French to justify the plausibility of a morphological hypothesis that would underlie the cognitive processes of reading acquisition. On the basis of the morphological hypothesis as the organizing principle of the mental lexicon, we conclude our work by presenting a model of deaf signers' reading that allows a better understanding of the processes used by deaf signers to learn to read with LSF.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/9227