Le flâneur mégapolitain : géographie littéraire de Paris dans l’œuvre de Jacques Réda

Soula, Théo (2018) Le flâneur mégapolitain : géographie littéraire de Paris dans l’œuvre de Jacques Réda. [Thesis]

[img] Version de Diffusion
Text

Théo.Soula_these_2289.pdf


Accès : Registered users only

Télécharger (3MB) | Request a copy
Item Type: Thesis
Titre en anglais: The megapolitan flâneur : a literary geography of Paris in the works of Jacques Réda
Creators: Soula, Théo
Directeur de recherche: Laurichesse, Jean-Yves
Doctoral school: ALLPH@ : Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication
Research unit: Patrimoine, Littérature, Histoire -PLH
Diplôme: Doctorat en Langue et Littérature Françaises
Subjects: ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Lettres modernes
ARTS-LETTRES-LANGUES-PHILOSOPHIE > Lettres modernes > Français
Uncontrolled Keywords: Géographie littéraire, Paysage, Poésie contemporaine, Flânerie, Écritures de la ville
Mots-clés en anglais: Literary geography, Landscape, Contemporary poetry, Flânerie, Urban literature
Abstract: Jacques Réda a fait de la grande ville un des personnages principaux de l'œuvre poétique qu'il bâtit depuis les années 1970. Il s’agit alors de nous intéresser au Paris de Réda comme à un objet constitué à la fois littérairement et géographiquement. En effet, le poète reconduit en la métamorphosant la tradition littéraire de la flânerie parisienne qui, de Louis-Sébastien Mercier à Jean Rolin, accompagne et interroge les évolutions de la grande ville. C’est ainsi l’image et l’expérience de la « ville énorme », « capitale de la modernité » devenue mégapole « surmoderne », que Réda se donne pour tâche de mettre en mots, à travers la répétition de ses déambulations. Dès lors, la géographie innerve sa poésie et sa prose en tant que référence culturelle (à travers l’usage des cartes, le recours à la mesure, l’étude de terrain…), en tant que paradigme phénoménologique qui subsume son approche du paysage, et en tant que discours. Le caractère flâneur qui se dégage de la représentation du poète-marcheur manifeste un modèle atypique de la mobilité urbaine : multimodal, indéfinissable, le déplacement de Réda rend compte d’un espace dynamique, différencié, à la fois centripète et centrifuge. Le flâneur se présente comme un piéton contrarié et contrariant, jouant avec les modalités de la déambulation comme avec autant de manières d’affiner l’approche de la ville, et de remettre en cause certaines transformations qui en défigurent le paysage. La poésie des ruines qui se dégage de l’œuvre exprime en effet l’ère crépusculaire que traverse la grande ville moderne. La mise en scène d’une « fin » de ce modèle urbain se traduit alors par une série de ruptures qui fait de l’expérience de la ville une épreuve des sens et du sens : le flâneur, en immersion sensorielle dans le paysage urbain, ne pense pas moins cette dernière et la conçoit comme un espace décentré et dé-mesuré, qui en vient à négliger la dimension humaine, et à constituer une énigme définitive. Pour le provincial que reste malgré tout Jacques Réda, il s’agit alors de déceler des points de fuite pour ménager, au cœur même de la grande comédie urbaine, un envers du décor. À défaut de marquer la « fin » de l’ère du « piéton de Paris », l’œuvre de Réda peut ainsi être considérée comme un creuset dans lequel s’élaborent les nouveaux régimes de la flânerie contemporaine et de nouvelles formes de citadinité.
English abstract: Réda has been placing the big city at the core of his poetic works since the 1970s. This thesis aims at studying Réda’s works with a double perspective: geographic as well as literary. On one hand, we explore the image and experience of Paris as the traditional Parisian flâneur sees it, following the methodology of the literary geography that has emerged as a new field of study in literary research. On the other hand, Réda, through his wanderings, conveys the image and experience of the big city throughout its historical evolution, from “la ville énorme” to the “postmodern” city. Geography, as an academic discipline and as a practice, is a consubstantial part of Réda’s vision and writing of the city.Réda, despite being a provincial himself and through the way he travels within the city, sheds light on the urban paradoxes. If it seems safe to say that the “modern” city is on a decline, it appears that Réda aims at reinventing the urban experience of walking/wandering in order to maintain a human-centered dimension of the city/a human-sized city.
URI: http://dante.univ-tlse2.fr/id/eprint/9327