Écrire le deuil : de l'exil à la mort, le narrateur alexakien à l'épreuve des ruptures
- Villard, Daphné (1992-.... ; docteure en langue et littérature françaises) (2024)
Thèse
- Numéro national de thèse
- 2024TLSEJ089
- Titre en français
- Écrire le deuil : de l'exil à la mort, le narrateur alexakien à l'épreuve des ruptures
- Titre en anglais
- Putting the mourning process into words : from exile to death, the alexakian narrator going through ruptures
- Directeur de recherche
- Vignes, Sylvie (1960-....)
- Date de soutenance
- 11 décembre 2024
- École doctorale
- ALLPH@ : Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication
- Unité de recherche
- Patrimoine, Littérature, Histoire -PLH
- Sujet
- Littérature générale
- Mots-clés en français
- Vassilis Alexakis
- Deuil
- Rupture
- Perte
- Mort
- Manque
- Exil
- Endeuillé
- Mélancolie
- Passion amoureuse
- Voyage
- Ecriture
- Roman
- Récit de filiation
- Contemporain
- Rites de deuil
- Rituel
- Décès
- Fantôme
- Grec
- Détour
- Renoncement
- Mémoire
- Oubli
- Déni
- Humour
- Comique
- Dessins d'humour
- Tricot
- Compensation
- Sublimation
- Introjection
- Incorporation
- Mots-clés en anglais
- Vassilis Alexakis
- Mourning
- Exile
- Bereavement
- Death
- Greek
- Résumé en français
- Depuis la moitié du XXe siècle, parler du deuil et de la mort est devenu problématique. Le monde occidental a pris le parti, après la Seconde Guerre mondiale, de passer la mort sous silence. Le deuil n’est plus alors une affaire collective mais relève du domaine privé. L’écriture devient le lieu privilégié pour parler du deuil. Comment parler du deuil et de la mort ? Quel lien l’écriture entretient-elle avec la perte ? Vassilis Alexakis accorde une place centrale au deuil dans leur œuvre. Le deuil est polymorphe mais aussi tentaculaire car, la première expérience de perte à laquelle le narrateur alexakien est confronté est celle de l'exil, où il doit faire le deuil symbolique de sa mère, de sa patrie et de son enfance. Ce deuil pluriel serait non seulement le deuil matriciel qui détermine la manière dont le narrateur vit tous les deuils de ses proches disparus mais aussi l'ensemble des renoncements auxquels il doit faire face au cours de son existence. Chez Alexakis, le narrateur a une conscience aigüe que la vie est parcourue de ruptures et d’abandons successifs, vécus comme des deuils. Cette présente étude aura pour objet d’analyser ces différents renoncements. Resituer Vassilis Alexakis parmi les auteurs français du XXIe siècle, c’est confronter son écriture à d’autres formes et d’autres intentions : récits d’agonie, récits de filiation. Contrairement à d’autres auteurs comme Hélène Cixous, Pierre Michon, Annie Ernaux, et d’autres encore, Vassilis Alexakis préfère suggérer l’idée de la mort en nous racontant la vie. Son récit est construit à partir des multiples anecdotes et détails du quotidien qui peuplent la vie du narrateur alexakien mais aussi d’une enquête linguistique que le narrateur entreprend. Ces deux axes du récit sont deux fils narratifs qui s’entrecroisent continuellement dans le roman et tissent ainsi la vie et la mort. Si la mort est seulement suggérée, c’est pour mieux se laisser le temps nécessaire et précieux du ressassement, conserver un temps les morts près de soi comme s’ils étaient vivants et enfin savoir prendre congé de ceux qu’on a aimés.
- Résumé en anglais
- Since the mid-20th century, it has become problematic to speak of death. After the Second World War, the western world has resolved to keep silent about it. Ever since, bereavement has ceased to be a collective matter and has fallen within the private domain. Writing has thus become the privileged way to deal with bereavement and mourning. How can we broach the issue of death and mourning? What kind of connection does writing maintain with loss? Vassilis Alexakis comes within the tradition of novelists who give mourning a central role in their work. Mourning is presented as a polymorphous and sprawling process, since exile is the first form of bereavement the alexakian narrator is faced with, which confronts him with the symbolic loss of his mother, his homeland and his childhood. This plural mourning may not only be the matrix of mourning— that determines the way the narrator copes with the loss of his dead loved ones — but may also represent any kind of renouncement one is faced with during his lifetime. In Alexakis’s work, the narrator has an acute awareness of how breakaway and successive renouncements are part of life and constitute a form of mourning in themselves. The purpose of this study is thus to analyse these different types of renouncement. Placing Alexakis’s literature alongside the work of XXIst century French novelists is a means of confronting his writing with other forms and intents, that can be found in death or filiation narratives. Unlike authors such as Hélène Cixous, Pierre Michon, Annie Ernaux and other ones, Alexakis prefers to suggest the idea of death as being connected to life. His stories are based both on numerous anecdotes and details inspired from his own daily life and on a linguistic investigation by the narrator himself. These two patterns within the story constitute two narrative threads that continually intertwine within the novel and address the issues of life and death. Death as a subject is only implied, for it is a way of giving one the necessary and valuable time to process loss as well as keeping the beloved dead close to one’s heart, in order to eventually let them go.
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Citation bibliographique
Villard, Daphné (1992-.... ; docteure en langue et littérature françaises) (2024), Écrire le deuil : de l'exil à la mort, le narrateur alexakien à l'épreuve des ruptures [Thèse]