Récits discursifs sur les frontières dans l'Équateur de la plurinationalité. La Grève nationale d'octobre 2019
- Ordóñez, Maria Dolores (1980-.... ; docteure en Études ibériques et latino-américaines) (2025)
Thèse
- Numéro national de thèse
- 2025TLSEJ002
- Titre en français
- Récits discursifs sur les frontières dans l'Équateur de la plurinationalité. La Grève nationale d'octobre 2019
- Titre en anglais
- Discursive Narratives in Ecudor’s Plurinationality:The National Strike of October 2019
- Titre
- Narrativas discursivas sobre fronteras en el Ecuador de la Plurinacionalidad. El Paro Nacional de Octubre 2019
- Directeur de recherche
- Gaudichaud, Franck (1975-.... ; historien)
- Co-directeur de recherche
- Wences Simón, María Isabel (19..-....)
- Date de soutenance
- 21 janvier 2025
- Établissement de co-tutelle
- Université de Alcalá de Henares
- École doctorale
- TESC : Temps, Espace, Société, Culture
- Unité de recherche
- France, Amériques, Espagne - Sociétés, pouvoirs, acteurs - FRAMESPA
- Sujet
- Histoire contemporaine
- Mots-clés en français
- Plurinationalité
- Interculturalité
- CONAIE
- Équateur
- Frontières
- Mots-clés en anglais
- Plurinationality
- Interculturality
- CONAIE
- Ecuador
- Borders
- Mots-clés
- Plurinacionalidad
- Interculturalidad
- CONAIE
- Ecuador
- Fronteras
- Résumé en français
-
Dans l'environnement actuel de la région sud-américaine, immergée dans la logique globale de l'accumulation transnationale, l'Équateur joue un rôle croissant dans l'exploitation des ressources naturelles et l'exportation des matières premières en cette ère néo-extractive. Il joue également un rôle important dans la géopolitique du trafic de drogue et subit les assauts de la montée de la criminalité organisée, plus récemment intensifiée par les ravages générés par l'accord de paix en Colombie et la réorganisation concomitante des groupes armés, tout en devant gérer des conflits sociaux internes, en raison d'une situation économique délicate.
En même temps, et en réaction à ce qui se passe dans le pays, certains secteurs de la société équatorienne n'ont cessé de construire des processus sociaux dynamiques dans lesquels les sujets politiques, culturels et sociaux proposent de nouvelles stratégies de revendication qui atteignent une dimension nationale et même globale.
Grâce à ces processus persistants, en particulier de la part du mouvement indigène équatorien, le peuple équatorien a approuvé en 2008, par le biais d'un processus électoral, une Constitution qui reconnaît l'État plurinational et interculturel, dont le texte garantit l'exercice des droits des peuples historiquement exclus, ainsi que la promulgation de la nature en tant que sujet de droits. Cet événement sans précédent a marqué un tournant dans la région et une rupture dans la manière de concevoir la souveraineté et les droits des peuples historiquement exclus, une reprise du contrôle des ressources naturelles et donc une diminution de l'ingérence des pays intéressés par ces ressources.
Ce contexte général de la situation de l'Équateur met en évidence la tension permanente entre les besoins d'un modèle d'État-nation moderne, homogène et unique, en quête de développement, et les réalités des populations exclues de ce modèle. Il nous incite donc à réfléchir sur la nécessité d'approfondir le concept de « frontières », traditionnellement compris comme les limites et les marges, qui séparent les peuples, fragmentent et classifient les sociétés, et régulent les échanges.
Lors des manifestations populaires qui ont eu lieu en Équateur en octobre 2019, lorsque le pays a été paralysé pendant 11 jours par la mobilisation de divers secteurs sociaux dirigés par le mouvement social indigène « Confédérations des Nationalités Indigènes de l´Équateur » (CONAIE), à la suite de l'annonce par le gouvernement de l'augmentation des prix des carburants, des demandes précédemment soulevées ont émergé dans l'agenda national, ainsi que des questions abordées au niveau mondial en relation avec la déprédation de l'environnement au nom du développement et de l'accumulation. Les axes discursifs de l'État et des peuples indigènes ont déployé leurs stratégies pour se positionner par rapport à ces questions. Ainsi, à chaque moment, des versions différentes du concept de frontières, dans leurs dimensions sociales, politiques, culturelles et territoriales. ont été revendiquées.
A partir de l´évènement décrit ci-dessus et dans une perspective socio-cognitive d'Analyse Critique du Discours, nous mettrons en perspective le tissu discursif des acteurs impliqués dans la grève, dans le but de produire une cartographie discursive des dimensions politiques, sociales, culturelles et territoriales du concept de « frontières » et d'identifier ainsi si la CONAIE propose des versions alternatives de ce concept à celles de l'Etat-nation. - Résumé en anglais
-
Ecuador has become a critical player in South America's global economy, particularly in the exploitation of natural resources and export of raw materials, marking a neo-extractive era. Additionally, the country plays a significant role in the geopolitics of drug trafficking, which has intensified since the Colombia peace agreement and subsequent reorganization of armed groups. This surge in organized crime, coupled with internal social unrest and economic instability, poses significant challenges for Ecuador.
Despite the challenges, Ecuadorian society has responded by fostering dynamic social processes, driven by diverse political, cultural, and social actors. These efforts have led to innovative strategies for change, resonating nationally and globally.
In 2008, Ecuador's indigenous movement played a pivotal role in shaping the country's future. Through a democratic electoral process, the Ecuadorian people approved a groundbreaking Constitution that recognized the Plurinational and Intercultural State. This historic document guaranteed the rights of historically marginalized communities and pioneeringly granted nature the status of a rights-bearing entity. This unprecedented achievement marked a significant milestone in the region, revolutionizing how sovereignty and global relationships are conceived. It signaled a decisive shift towards reclaiming control over Ecuador's natural resources, thereby reducing external interference from countries seeking to exploit them.
The Ecuadorian context reveals an inherent tension between the homogenizing forces of modern nation-building and the diverse realities of excluded populations. This paradox invites a nuanced reexamination of the concept of "borders," historically employed to demarcate, segregate, and classify societies, regulating flows and reinforcing social and economic disparities.
The nationwide protests in Ecuador in October 2019 brought the country to a standstill for 11 days, as various social sectors, led by the indigenous movement Confederation of Indigenous Nationalities of Ecuador (CONAIE), mobilized against the government's announcement to increase fuel prices. This unrest reignited long-standing demands on the national agenda and highlighted global concerns about environmental degradation in the name of development and economic growth ¹. During this time, both the government and indigenous peoples developed strategies to assert their positions on these issues, revealing divergent understandings of borders and frontiers in their social, political, cultural, and territorial contexts.
Building on the aforementioned developments, this analysis will employ a socio-cognitive perspective within Critical Discourse Analysis to examine the discursive strategies of actors involved in the strike. The objective is to create a comprehensive discursive map of the political, social, cultural, and territorial dimensions of the concept of "borders." Specifically, this study aims to investigate whether CONAIE presents alternative conceptions of borders that challenge or diverge from those propagated by the nation-state. - Résumé
-
En el actual entorno de la región suramericana, inmerso en la lógica global de acumulación transnacional, Ecuador juega un creciente papel en la explotación de recursos naturales y exportación de materias primas dentro de esta era neoextractiva. También protagoniza un importante rol en la geopolítica del narcotráfico y sufre los embates del auge de la delincuencia organizada, más recientemente, recrudecida por los estragos generados por el acuerdo de paz en Colombia y la concomitante reorganización de grupos armados, además de tener que gestionar la conflictividad social interna, debido a una delicada situación económica.
Al mismo tiempo, sin embargo, y en reacción a lo que acontece en el país, ciertos sectores de la sociedad ecuatoriana no han dejado de construir dinámicos procesos sociales en los que los sujetos políticos, culturales y sociales, plantean nuevas estrategias de reivindicación que alcanzan una dimensión nacional e incluso global.
Como resultado de esos procesos persistentes, sobre todo por parte del movimiento indígena ecuatoriano, en el año 2008, el pueblo ecuatoriano aprobó, mediante un proceso electoral, una Constitución que reconoce el Estado Plurinacional e intercultural cuyo texto abona en la garantía del ejercicio de los derechos de los pueblos históricamente excluidos, así como la promulgación de la naturaleza como sujeto de derechos. Este hecho inédito marcó un hito en la región y significó una ruptura en la forma de concebir la soberanía y las relaciones con las potencias mundiales ya que proyectaba, entre otras cosas, una recuperación del control de los recursos naturales y, por ende, una menor injerencia de los países interesados en estos recursos.
Este contexto general de la situación del Ecuador pone sobre el tapete la permanente tensión entre las necesidades de un modelo de Estado-nación moderno homogéneo y único en búsqueda de desarrollo, y las realidades de las poblaciones excluidas y ajenas a este modelo. Por ende, nos hace reflexionar sobre la necesidad de ahondar sobre el concepto de “fronteras”, que tradicionalmente ha sido entendido como límite y separación, que segrega pueblos, fragmenta y clasifica sociedades, y norma los intercambios.
Durante las protestas populares que tuvieron lugar en Ecuador en octubre 2019, en que el país estuvo paralizado durante 11 días por la movilización de varios sectores sociales liderados por el movimiento social indígena “Confederación de Nacionalidades Indígenas del Ecuador” (CONAIE), a raíz del anuncio gubernamental de la subida de precios del carburante, surgieron en la agenda nacional demandas ya planteadas anteriormente así como temáticas abordadas a nivel global en relación con la depredación del medio ambiente en nombre del desarrollo y la acumulación. Los ejes discursivos tanto del Estado cuanto de los pueblos indígenas desplegaron sus estrategias para posicionarse frente a esas temáticas. Así, para cada momento, se reivindicaron versiones propias y disimiles del concepto de fronteras, en sus dimensiones sociales, políticas, culturales y territoriales.
A partir del hito antes descrito y desde una perspectiva sociocognitiva del Análisis Crítico de Discurso, se pondrá en perspectiva la trama discursiva de los actores protagonistas del paro, con el objetivo de producir un mapeo discursivo de las dimensiones políticas, sociales, culturales y territoriales del concepto de “fronteras” y así identificar si la CONAIE ofrece versiones alternativas a las del Estado- nación, de este concepto. - Accès au document
- Accès libre
Citation bibliographique
Ordóñez, Maria Dolores (1980-.... ; docteure en Études ibériques et latino-américaines) (2025), Récits discursifs sur les frontières dans l'Équateur de la plurinationalité. La Grève nationale d'octobre 2019 [Thèse]