Réformer par la plume. Autorité et négociation épiscopale dans deux programmes réformistes, Nouvelle-Espagne XVIIe-XVIIIe siècles
- Valencia Vila, Alejandro (19..-.... ; docteur en Histoire) (2025)
Thèse
Accès restreint
- Numéro national de thèse
- 2025TLSEJ015
- Titre en français
- Réformer par la plume. Autorité et négociation épiscopale dans deux programmes réformistes, Nouvelle-Espagne XVIIe-XVIIIe siècles
- Titre en anglais
- Reforming with the quill. Negociation and Authority in two episcopal reformation programmes, New Spain 17th-18th centuries
- Directeur de recherche
- Rose, Sonia V. (1957-....)
- Co-directeur de recherche
- Escamilla González, Iván (19..-.... ; historien)
- Date de soutenance
- 27 mai 2025
- École doctorale
- TESC : Temps, Espace, Société, Culture
- Diplôme
- Doctorat en Histoire
- Unité de recherche
- France, Amériques, Espagne - Sociétés, pouvoirs, acteurs - FRAMESPA
- Mots-clés en français
- Gens de savoir
- Histoire du christianisme
- Pratiques écrites
- Histoire culturelle
- Nouvelle-Espagne
- Amérique hispanique
- Mots-clés en anglais
- Scholars
- History of Christianism
- Writing practices
- New cultural History
- New-Spain
- Hispanic America
- Résumé en français
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Les prélats diocésains de la Nouvelle-Espagne ont su négocier et imposer des réformes épiscopales originales inspirées des décrets de Trente. Pour ce faire, ils se sont servis de leur plume pour asseoir leur autorité dans l’Église et pour négocier avec les autres instances de l’administration hispanique. À partir d’une perspective comparative de deux cas précis, ce travail se propose d’étudier le fonctionnement concret des pratiques écrites pour l’application de leurs réformes.
Le choix de Juan de Palafox et son mandat à Puebla (1640-1652) et de Fray Ángel Maldonado et son mandat à Antequera de Oaxaca (1703-1728) ne se justifie ni en raison d’une exceptionnalité ni d’une possible représentativité de leur manière d’agir. En revanche, deux aspects intéressent cette démarche. D’une part, le fait que les deux prélats obtiennent leur première nomination épiscopale lors de moments de crises politiques localisées dans la péninsule Ibérique, ce qui leur permet d’en profiter pour repousser avec succès les lignes de leur champ d’action ou dans les termes de l’époque, leur juridiction. D’autre part, ils sont tous deux auteurs d’une œuvre considérable. Pour négocier et se faire obéir, on observe comment ils mobilisent dans leurs œuvres des convictions, des sentiments et des notions précises sur la Monarchie et sur l’Église qui vont au-delà de la réflexion théorique. Dans ce sens, la pratique du pouvoir devient intimement liée à l’exercice de leur dignité épiscopale. Les deux évêques ont des trajectoires et des destins tout à fait différents, tout comme des styles personnels pour s’affranchir de certaines contraintes afin de se frayer un chemin dans leur parcours de vie. Or, c’est cet aspect, l’écriture comme manière de réformer et de négocier, qui constitue leur point commun, montrant ainsi la plasticité des parcours pour atteindre un même but.
L’étude des pratiques de l’écriture à l’époque de la domination hispanique en Amérique intéresse non seulement le fonctionnement de l’administration royale mais elle entend aussi comprendre l’ampleur du réformisme de Trente. Quelles sont les stratégies utilisées dans les écrits administratifs pour exercer le pouvoir dans un diocèse ? Qui sont les acteurs qui résistent à la mise en place des décrets du Concile de Trente et quelles sont les stratégies déployées pour entraver les transformations ? De quelle manière l’imprimé exprime l’autorité savante dans un royaume américain, plus particulièrement en Nouvelle-Espagne ? Comment les prélats conçoivent-ils la relation entre l’Église et la Couronne ?
Cette monographie analyse la forme concrète que prennent les pratiques écrites à l’intérieur de l’appareil administratif hispanique. Les évêques, partie prenante de cette structure, négocient constamment les frontières de leur action politique par rapport aux autres (tels que les ordres religieux, les tribunaux et le vice-roi) pour impulser la consolidation de leur pouvoir au niveau de leur diocèse. En outre, il s’agit de comprendre de quelle manière la publication des œuvres par les évêques fonde une autorité personnelle qui vise à leur accorder une place de premier plan dans la communauté savante du royaume. En reliant ces deux aspects, à savoir la compétence administrative et l’autorité savante, il a été possible pour les évêques d’entreprendre une tâche complexe et délicate comme celle d’implémenter une réforme à l’échelle régionale. La perspective micro-historique entend éclairer le savoir-faire des évêques qui conçoivent un type spécifique d’écrit en vue d’obtenir les réactions escomptées par le lectorat visé. Cette démarche permet de mieux saisir le champ d’action des prélats lorsqu’ils entreprennent des transformations dans leurs diocèses, les arguments véhiculés pour légitimer leurs actions et, à terme, comprendre l’imbrication de la religion et de la politique. - Résumé en anglais
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The bishops of New Spain succeeded to impose episcopal reforms inspired in the decrees of the Council of Trent. In order to achieve this objective, these actors employed their quills and their knowledge to consolidate their authority within the ecclesiastical hierarchy and to engage in diplomatic negotiations with other entities of the Hispanic administration. This study employs a comparative analysis of two specific cases to examine how the written word and the scholar knowledge and the authority they convey were crucial in implementing these reforms.
This theses is centered on the term in office of Juan de Palafox and in Puebla (1640-1652) and that of Fray Ángel Maldonado in Antequera de Oaxaca (1703-1728), which allows us to use a comparative approach. The first reason is the fact that both bishops obtained their first appointments during periods of political upheaval in the Iberian Peninsula, enabling to successfully extend the boundaries of their juridical and political jurisdiction. Secondly, both were prolific and successful authors. In order to negotiate and be obeyed, they mobilised their scholar knowledge to compel readers to share their beliefs and notions about the Spanish Monarchy and the Catholic Church. In this sense, the practice of power was intimately intertwined with the high placed positions that they occupied within the Church. Maldonado and Palafox’s careers diverge, as well as their personal styles, nonetheless they were able to free themselves from certain restrictions imposed by the royal authority. Nevertheless, it is this aspect – writing as a means of reforming and negotiating – that they have in common, that allows them to achieve the same goal: to implement administrative and moral reforms, that were crucial.
The study of writing practices during the colonial period in Spanish America not only concerns the functioning of the royal administration, but also extends to an understanding of the significance of the Trent Reform. This research focusses on three main elements in order to understand the implication of writing practices and religious beliefs in Early Modern politics. It explores the strategies employed in administrative writings to exercise power in a diocese. Furthermore, it identifies the political strategies of the adversaries of the reform, namely the religious Mendicants Orders and the Jesuits. Finally, an analysis of the material conditions of publication and of the written works themselves is performed in order to better understand the specific message that Palafox and Maldonado aimed to convey to their contemporaries. Finally, the politics of religion are studied to comprehend the relationship between the Church and the Crown.
Citation bibliographique
Valencia Vila, Alejandro (19..-.... ; docteur en Histoire) (2025), Réformer par la plume. Autorité et négociation épiscopale dans deux programmes réformistes, Nouvelle-Espagne XVIIe-XVIIIe siècles [Thèse]