Esthétique de la prolifération : plasticité d'un baroque transhistorique
- Valde, Christophe (1983-.... ; docteur en arts et sciences de l'art) (2025)
Thèse
Accès restreint
- Numéro national de thèse
- 2025TLSEJ051
- Titre en français
- Esthétique de la prolifération : plasticité d'un baroque transhistorique
- Titre en anglais
- Aesthetic of proliferation : plasticity of a transhistorical Baroque
- Directeur de recherche
- Alzieu, Isabelle (1960-....)
- Date de soutenance
- 6 octobre 2025
- École doctorale
- ALLPH@ : Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication
- Unité de recherche
- Lettres, Langages et Arts – Création, Recherche, Émergence en Arts, Textes, Images, Spectacles - LLA CREATIS
- Sujet
- Arts visuels
- Mots-clés en français
- Prolifération
- Baroque
- Biomimétisme
- Bioplasticité
- Ornement
- Mots-clés en anglais
- Proliferation
- Baroque
- Art
- Biomimetics
- Bioplasticity
- Ornament
- Résumé en français
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La notion de « baroque » a pu s’affranchir de la classification historico-stylistique, pour être envisagée par les esthéticiens et théoriciens de l’art comme une approche plasticienne transhistorique. Indissociable du « classique », associé lui à l’équilibre d’une forme stable et ordonnée, le « baroque » suscite dès ses origines une suspicion. Renvoyant à la forme irrégulière, bizarre et excessive, il serait symptomatique d’une décadence civilisationnelle ou de la fin de cycle d’une évolution artistique considérée dans un prisme biologique.
Cette recherche théorique, en Art et Sciences de l’Art, questionne notre époque, prise dans un certain « baroque » - entre postmodernisme, historicisme, création numérique, IA et biomimétisme -, en la croisant avec des époques antérieures : le début du XVIIIe s. « rococo », longtemps considéré comme l’expression ultime d’un baroque finissant, ou le chant du cygne d’une aristocratie frivole signant la chute de l’Ancien Régime ; la fin du XIXe s. et le début du XXe s. - entre éclectisme et Art Nouveau-, en quête d’opulence, où la formulation de l’objet industriel naissant pose problème et impose une rationalisation de l’ornement débouchant sur le modernisme, marquant la fin d’un attachement aux références passéistes et l’entrée dans une civilisation industrielle nouvelle. Il s’agit ainsi de repenser ces époques comme étant prises dans « une esthétique de la prolifération », pour repenser l’analogie biologique de l’évolution artistique, non pas dans le prisme de la décadence mais de l’émergence. Au-delà d’une morphologie commune, qu’exprimerait l’esthétique de la prolifération de ces époques éloignées dans le temps ? L’objectif est ainsi de repenser la dualité « classique / baroque » à travers de nouveaux concepts créés : selon une mise en tension entre bioplasticité et idéoplasticité, entre esthétique de la prolifération et esthétique du recentrement, pour penser deux approches plastiques complémentaires se compensant mutuellement - entre l’un et le multiple, le fini et l’infini, le fluide et le rigide, le stable et l’instable, la séparabilité et la continuité. Cette approche transdisciplinaire, riche des apports contemporains des sciences de la complexité, étudie à travers la création artistique - et plus particulièrement l’architecture et les arts appliqués -, la création perpétuellement évolutive de l’art comme un flux relevant d’une métastabilité intrinsèque. - Résumé en anglais
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The concept of “baroque” has been able to break free from historical and stylistic classification, allowing art theorists and aestheticians to view it as a transhistorical approach to visual art. Inseparable from the “classical,” which is associated with the balance of a stable and orderly form, the “baroque” has been viewed with suspicion since its origins. Referring to irregular, bizarre, and excessive forms, it has been seen as symptomatic of civilizational decadence or the end of a cycle of artistic evolution viewed through a biological prism.
This theoretical research in art and art sciences questions our era, caught up in a certain “baroque” - between postmodernism, historicism, digital creation, AI, and biomimicry - by comparing it with previous eras : the early 18th century “Rococo” period, long considered the ultimate expression of a dying Baroque era, or the swan song of a frivolous aristocracy signaling the fall of the Ancien Régime ; the late 19th and early 20th centuries - between eclecticism and Art Nouveau - in search of opulence, where the formulation of the nascent industrial object posed a problem and imposed a rationalization of ornamentation leading to modernism, marking the end of an attachment to references to the past and the entry into a new industrial civilization. This involves rethinking these periods as being caught up in “an aesthetic of proliferation”, rethinking the biological analogy of artistic evolution, not through the prism of decadence but of emergence. Beyond a common morphology, what would the aesthetics of proliferation express in these distant eras ? The aim is thus to rethink the “classical/baroque” duality through new concepts : according to a tension between bioplasticity and ideoplasticity, between the aesthetics of proliferation and the aesthetics of refocusing, in order to consider two complementary plastic approaches that compensate each other - between the one and the multiple, the finite and the infinite, the fluid and the rigid, the stable and the unstable, separability and continuity. This transdisciplinary approach, enriched by contemporary contributions from the sciences of complexity, studies through artistic creation - and more particularly architecture and the applied arts - the perpetually evolving creation of art as a flow resulting from intrinsic metastability. - Accès au document
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Citation bibliographique
Valde, Christophe (1983-.... ; docteur en arts et sciences de l'art) (2025), Esthétique de la prolifération : plasticité d'un baroque transhistorique [Thèse]