Les acteurs de la violence et la construction sociale du franquisme à Cordoue. Une analyse des juges des tribunaux militaires (1936-1945)
- Pericet Caro, Adrián (1998-.... ; docteur en Histoire) (2025)
Thèse
- Numéro national de thèse
- 2025TLSEJ084
- Titre en français
- Les acteurs de la violence et la construction sociale du franquisme à Cordoue. Une analyse des juges des tribunaux militaires (1936-1945)
- Titre en anglais
- Perpetrators and the Social Construction of Francoism in Córdoba. An Analysis of the Judges of the Military Tribunals (1936–1945)
- Titre
- Perpetradores y construcción social del franquismo en Córdoba. Un análisis de los jueces de los tribunales militares (1936-1945)
- Directeur de recherche
- Godicheau, François (1971-.... ; historien)
- Co-directeur de recherche
- Acosta Ramírez, Francisco
- Date de soutenance
- 4 décembre 2025
- Établissement de co-tutelle
- Université de Cordoue
- École doctorale
- TESC : Temps, Espace, Société, Culture
- Diplôme
- Doctorat en Histoire
- Unité de recherche
- France, Amériques, Espagne - Sociétés, pouvoirs, acteurs - FRAMESPA
- Sujet
- Histoire contemporaine
- Mots-clés en français
- Franquisme
- Violence
- Justice militaire
- Perpetrator studies
- Mots-clés en anglais
- Francoism
- Violence
- Military justice
- Perpetrator studies
- Mots-clés
- Violencia política
- Franquismo
- Justicia militar
- Perpetradores
- Córdoba
- Résumé en français
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Cette thèse analyse la justice militaire franquiste comme un instrument central d’institutionnalisation de la violence après le coup d’État de 1936, en se concentrant sur ses acteurs : juges instructeurs, procureurs, rapporteurs et auditeurs. Loin d’être de simples exécutants, ils furent essentiels dans la production et la légitimation d’un ordre répressif durable. L’étude se focalise sur la province de Cordoue, territoire marqué par une forte intensité de violence et par une riche documentation permettant de combiner microhistoire et analyse structurelle.
Le travail repose sur deux piliers : l’étude de la justice militaire comme mécanisme fondateur du franquisme et l’exploitation des sources du Projet CONCORD, qui permet une approche prosopographique d’une centaine d’acteurs. À travers l’analyse de leurs trajectoires, il est possible de reconstruire leur profil sociopolitique, leur rôle dans l’appareil judiciaire du régime et leur évolution après la guerre.
Inscrite dans le champ des Perpetrator Studies, la recherche ne vise pas une réhabilitation morale mais la compréhension des mécanismes sociaux et institutionnels qui ont rendu possible la participation de milliers de personnes aux politiques d’exclusion. Convictions idéologiques, réseaux de fidélité, opportunisme ou stratégies de promotion composent l’éventail de facteurs étudiés.
La thèse met en évidence le retard historiographique espagnol dans l’étude des exécutants, longtemps éclipsés par le paradigme centré sur les victimes. Elle comble ainsi un double manque : l’absence d’analyse systématique du rôle des opérateurs judiciaires et l’intégration de cette étude dans une histoire sociale de la dictature où la violence apparaît comme structure de pouvoir quotidienne et fondatrice.
L’enquête se déploie en quatre blocs. Le premier précise le cadre théorique et méthodologique. Le second remonte à la Seconde République pour identifier continuités institutionnelles et biographiques : plusieurs acteurs clés exerçaient déjà des fonctions judiciaires, recourant à des pratiques de surveillance et de criminalisation de la dissidence. Le troisième analyse le fonctionnement des tribunaux militaires à Cordoue (1936-1945), la spécialisation territoriale des acteurs et leur insertion dans des réseaux politiques, militaires et religieux. Il met en lumière le rôle des civils militarisés, jeunes juristes intégrés au régime par fidélité idéologique et réseaux de recommandation. Enfin, le quatrième bloc suit les trajectoires après-guerre : promotions, intégration sociale et politique, continuités institutionnelles et valorisation explicite de la participation à la répression comme capital professionnel et social.
La thèse conclut que la justice militaire franquiste ne fut pas un instrument transitoire mais un espace de production du pouvoir, où juger et condamner signifiait construire le nouvel ordre dictatorial. Elle révèle une structure profondément territorialisée, adaptée aux réalités locales mais homogène dans sa logique d’exclusion. L’étude souligne également la continuité des parcours et la normalisation de la violence judiciaire comme vecteur de légitimité et de mobilité sociale. La justice franquiste apparaît ainsi non seulement comme sanction des vaincus, mais aussi comme récompense et promotion des exécutants, démontrant le rôle décisif de ces acteurs intermédiaires dans la consolidation et la pérennisation du franquisme. - Résumé en anglais
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This dissertation analyzes Francoist military justice as a central instrument in the institutionalization of violence after the 1936 coup, focusing on its actors: investigating judges, prosecutors, rapporteurs, and auditors. Far from being mere executors, they were essential in the production and legitimization of a lasting repressive order. The study focuses on the province of Córdoba, a territory marked by high levels of violence and by a rich body of documentation that makes it possible to combine microhistorical and structural approaches.
The work rests on two pillars: the study of military justice as a founding mechanism of Francoism, and the use of sources from the CONCORD Project, which enables a prosopographical analysis of around one hundred actors. Through the examination of their trajectories, it is possible to reconstruct their sociopolitical profiles, their role within the regime’s judicial apparatus, and their evolution after the war.
Situated within the field of Perpetrator Studies, the research does not seek moral rehabilitation but rather the understanding of the social and institutional mechanisms that enabled thousands of people to participate in exclusionary policies. Ideological convictions, networks of loyalty, opportunism, or strategies of professional advancement constitute the range of factors under study.
The dissertation highlights the delay of Spanish historiography in addressing perpetrators, long overshadowed by a victim-centered paradigm. It thus fills a double gap: the absence of a systematic analysis of judicial operators’ roles, and the need to integrate this analysis into a social history of the dictatorship that conceives violence not as an exceptional or punitive phenomenon, but as a daily and foundational structure of power.
The investigation unfolds across four sections. The first outlines the theoretical and methodological framework. The second looks back to the Second Republic to identify institutional and biographical continuities: several key actors were already exercising judicial functions, engaging in practices of surveillance and criminalization of dissent. The third examines the functioning of military tribunals in Córdoba (1936–1945), the territorial specialization of actors, and their insertion into political, military, and religious networks. It highlights the role of civilian jurists militarized into the system, young professionals integrated into the regime through ideological loyalty and personal recommendations. Finally, the fourth section follows postwar trajectories: promotions, social and political integration, institutional continuities, and the explicit valorization of participation in repression as professional and social capital.
The dissertation concludes that Francoist military justice was not a transitory instrument but a space of power production, where judging and condemning meant building the new dictatorial order. It reveals a deeply territorialized structure, adapted to local realities yet homogeneous in its logic of exclusion. The study also emphasizes the continuity of careers and the normalization of judicial violence as a vector of legitimacy and social mobility. Francoist justice thus appears not only as a sanction against the defeated, but also as a reward and pathway to promotion for the perpetrators, demonstrating the decisive role of these intermediate actors in the consolidation and endurance of the Franco regime. - Résumé
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Esta tesis analiza la justicia militar franquista como un instrumento central en la institucionalización de la violencia tras el golpe de Estado de 1936, centrándose en sus actores: jueces instructores, fiscales, vocales ponentes y auditores. Lejos de ser simples ejecutores, estos resultaron esenciales en la producción y legitimación de un orden represivo duradero. El estudio se focaliza en la provincia de Córdoba, un territorio marcado por una alta intensidad
de violencia y por una rica documentación que permite combinar la microhistoria con el análisis estructural.
El trabajo se sostiene sobre dos pilares: el estudio de la justicia militar como mecanismo fundacional del franquismo y la explotación de las fuentes del Proyecto CONCORD, que posibilita una aproximación prosopográfica a un centenar de actores. A través del análisis de sus trayectorias es posible reconstruir su perfil sociopolítico, su papel
en el aparato judicial del régimen y su evolución tras la guerra.
Inscrita en el campo de los Perpetrator Studies, la investigación no busca una rehabilitación moral, sino comprender los mecanismos sociales e institucionales que hicieron posible la participación de miles de personas en las políticas de exclusión. Convicciones ideológicas, redes de fidelidad, oportunismo o estrategias de promoción conforman el abanico de factores analizados.
La tesis pone de relieve el retraso historiográfico español en el estudio de los ejecutores, durante mucho tiempo eclipsados por el paradigma centrado en las víctimas. De este modo, cubre una doble carencia: la ausencia de un análisis sistemático del papel de los operadores judiciales y la integración de esta temática en una historia social de la dictadura, en la que la violencia se presenta como una estructura de poder cotidiana y fundacional.
La investigación se articula en cuatro bloques. El primero define el marco teórico y metodológico. El segundo retrocede hasta la Segunda República para identificar las continuidades institucionales y biográficas: varios actores clave ya desempeñaban funciones judiciales, recurriendo a prácticas de vigilancia y criminalización de la disidencia. El tercero analiza el funcionamiento de los tribunales militares en Córdoba (1936-1945), la especialización territorial de los actores y su inserción en redes políticas, militares y religiosas.
Destaca el papel de los civiles militarizados: jóvenes juristas integrados en el régimen por fidelidad ideológica y redes de recomendación. Finalmente, el cuarto bloque sigue las trayectorias de posguerra: ascensos, integración social y política, continuidades institucionales y la valoración explícita de la participación en la represión como capital profesional y social.
La tesis concluye que la justicia militar franquista no fue un instrumento transitorio, sino un espacio de producción de poder, donde juzgar y condenar significó construir el nuevo orden dictatorial.
Revela una estructura profundamente territorializada, adaptada a las realidades locales pero homogénea en su lógica de exclusión. El estudio subraya también la continuidad de las trayectorias y la normalización de la violencia judicial como vector de legitimidad y movilidad social. La justicia franquista aparece así no solo como sanción de los vencidos, sino también como recompensa y promoción de los ejecutores, mostrando el papel decisivo de estos actores intermedios en la consolidación y la perduración del franquismo.
Citation bibliographique
Pericet Caro, Adrián (1998-.... ; docteur en Histoire) (2025), Les acteurs de la violence et la construction sociale du franquisme à Cordoue. Une analyse des juges des tribunaux militaires (1936-1945) [Thèse]