À la rencontre des animaux : pour une pensée de l'altérité non humaine
- Prudent, Clémentine (2025)
Mémoire
Accès restreint
- Titre en français
- À la rencontre des animaux : pour une pensée de l'altérité non humaine
- Auteur
- Prudent, Clémentine
- Directeur de recherche
- Wiame, Aline (19..-.... ; maître de conférences à l'Université Toulouse 2-Jean Jaurès)
- Date de soutenance
- 24 septembre 2025
- Établissement
- Université Toulouse-Jean Jaurès
- UFR ou composante
- Département Philosophie
- Sujet
- Philosophie
- Mots-clés en français
- Animaux
- Animal
- Empathie
- Altérité
- Territoire
- Résumé en français
-
On pourrait croire que la philosophie n’a guère d’intérêt à poser la question de l’animalité, dans la mesure où elle se définit traditionnellement comme la discipline chargée d’élaborer un discours sur l’homme et sur ses enjeux existentiels. Toutefois, bien que les animaux semblent exclus du champ philosophique classique au motif qu’ils ne posséderaient pas les facultés propres à l’homme, ils y demeurent pourtant omniprésents. De nombreux penseurs s’y sont confrontés : Descartes, avec la thèse des animaux-machines ; Heidegger, développant l’idée de l’animal comme être « pauvre en monde » ; Levinas, à travers la figure du chien Bobby, dépourvu d’éthique ... Dans ces philosophies, les animaux se dressent face à l’homme et à la réflexion que celui-ci mène sur lui-même, devenant les éléments de comparaison par excellence. Seulement, ils demeurent toujours en marge : ils sont au centre sans qu’ils soient rendus centraux, vus sans vraiment être regardés pour ce qu’ils sont. Ils n’existent que dans leur absence, définissables uniquement par ce qui leur ferait défaut. Ne pouvant être homme, ils sont niés dans leur être. La question animale, plus encore que n’importe quel autre objet d’étude, semble ainsi reléguée hors du champ philosophique, en raison du fait que les animaux apparaissent comme l’opposé, la limite, contre laquelle le concept d’humanité s’érige et se définit.
Face à ce constat, ce mémoire propose d’examiner ce que pourrait signifier une véritable rencontre avec les animaux et d’explorer comment une telle expérience permettrait de leur rendre justice, en les reconnaissant comme figures d’altérité. Une telle approche conduit à remettre en question le point de vue surplombant et prétendument neutre par lequel l’homme s’est habitué à étudier le vivant, révélant l’anthropocentrisme implicite de cette posture. En privilégiant une expérience relationnelle plutôt qu’une observation distanciée, il s’agit d’ouvrir la voie à une nouvelle disposition — une disposition empathique — qui, correctement pensée, offrirait une alternative féconde à l’impasse héritée de la tradition philosophique et permettrait de penser les animaux pour eux-mêmes, dans leur altérité. - Accès au document
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Citation bibliographique
Prudent, Clémentine (2025), À la rencontre des animaux : pour une pensée de l'altérité non humaine [Mémoire]