La fabrique de la ville à l’épreuve des rythmes du vivant : une première approche chronotopique pour l’articulation des rythmes naturels et sociaux dans la programmation urbaine et la production des villes contemporaines en transition
- Lucot, David (1993-.... ; docteur en Urbanisme et aménagement) (2025)
Thèse
- Numéro national de thèse
- 2025TLSEJ107
- Titre en français
- La fabrique de la ville à l’épreuve des rythmes du vivant : une première approche chronotopique pour l’articulation des rythmes naturels et sociaux dans la programmation urbaine et la production des villes contemporaines en transition
- Titre en anglais
- The city's factory to the test of the living world rhythms : first chronotopic approach for the articulation of natural and social rhythms in urban programming and the making of contemporary cities
- Directeur de recherche
- Gwiazdzinski, Luc (1966-....)
- Co-directeur de recherche
- Frascaria Lacoste, Nathalie
- Date de soutenance
- 15 décembre 2025
- École doctorale
- TESC : Temps, Espace, Société, Culture
- Unité de recherche
- Laboratoire de recherche en architecture - LRA
- Sujet
- Urbanisme
- Mots-clés en français
- Rythmes
- Cycles du vivant
- Chronotopie
- Programmation urbaine
- Co-habitation
- Transition écologique
- Mots-clés en anglais
- Rhythms
- Cycles of life
- Chronotopy
- Urban programming
- Co-habitation
- Ecological transition
- Résumé en français
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Dans le contexte de crises multiples, qu’elles soient sociales, environnementales, économiques, politiques ou culturelles, nous proposons d’aborder les villes comme des socio-écosystèmes, des habitats qui ne sont pas exclusivement humains, des lieux de vie dans lesquels habite la diversité du vivant.
Le projet est né du constat des difficultés de la fabrique urbaine à composer avec le vivant, à le prendre en compte et à le comprendre. Le champ de l’urbanisme et de l’action aménagiste doit élargir sa palette de méthodes et d’outils d’analyse ainsi que sa vision en co-construisant ses approches avec un ensemble de disciplines dont les écologies.
Il ne s’agit pas seulement du partage d’un espace, qui existe de fait, mais d’une réflexion sur nos rythmes de vie pour ne pas impacter ceux des autres vivants non-humains et humains. Or, nous observons en milieu urbain des désynchronisations, des décalages, des tensions qui impactent la qualité de vie et la soutenabilité même de nos vies et de nos villes.
À l’issue des phases de programmation, un document-cadre fige les conditions et les nouvelles organisations d’un lieu, ainsi que sa chronotopie. La programmation urbaine joue un rôle clé dans la réflexion autour de la coexistence des divers individus habitant l’espace-temps des villes.
Ce travail de recherche-action pluridisciplinaire part du principe que nos rythmes sociaux, intrinsèquement humains, sont largement désynchronisés des rythmes naturels originels (nycthéméraux, saisonniers…). L’humanité s’est construite autour de rythmes synthétiques, créés par et pour l’humain, pour l’épanouissement de l’espèce humaine au sein de n’importe quel environnement. Il est ainsi mis en avant la nécessité d’intégrer les rythmes du vivant dans les approches de la ville, mais aussi dans la programmation et l’urbanisme.
Ces désynchronisations et ces décalages sont mis en évidence dans une analyse écosystémique tant dans la vie quotidienne que dans les projets, les programmes, les réalisations étudiées.
Prendre en compte le vivant implique de repenser les battements de nos villes pour faciliter la cohabitation de tous·tes ses habitant·es. La recherche s’appuie sur une méthodologie en immersion, sur divers terrains, essentiellement en France hexagonale, où tous les aspects de la fabrique sont analysés à différentes étapes comme l’observation, la représentation, la médiation. Cette recherche appliquée a permis de confronter une méthodologie nouvelle basée sur la dimension temporelle et vivante et d’imaginer une nouvelle façon de programmer les projets urbains.
Cette refonte de la palette d’outils issue de la pensée aménagiste implique notamment de s’immerger dans un lieu avant d’intervenir, d’inviter le non-humain autour des tables de co-construction d’un projet, de représenter les rythmes de vie pour prendre en compte les temporalités de chacun·e.
Cette thèse est une première contribution à une autre forme d’urbanisme davantage en phase avec les rythmes de vie de chacun·e. Au-delà des considérations techniques et méthodologiques, elle permet de croire en des villes plus respectueuses de l’environnement et s’inscrivant dans les logiques de la transition écologique. Plus largement, ce travail qui met en dialogue des disciplines, des métiers, des savoir-faire, confrontés à l’adaptation questionne fondamentalement nos modes d’habiter. - Résumé en anglais
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In the context of multiple crises, whether social, environmental, economic, political or cultural, we propose to approach cities as socio-ecosystems, habitats that are not exclusively human, places of life inhabited by a diversity of living beings.
The project arose from the observation that urban development struggles to accommodate, take into account and understand living organisms. The field of urban planning and development must broaden its range of methods and analytical tools, as well as its vision, by co-constructing its approaches with a range of disciplines, including ecology.
It is not just a question of sharing a space that already exists, but of reflecting on our rhythms of life so as not to impact those of other non-human and human living beings. However, in urban environments, we observe desynchronisations, discrepancies and tensions that impact the quality of life and the very sustainability of our lives and our cities.
At the end of the programming phases, a framework document sets out the conditions and new organisations of a place, as well as its chronotopy. Urban programming plays a key role in reflecting on the coexistence of the various individuals inhabiting the space-time of cities.
This multidisciplinary action research project is based on the premise that our social rhythms, which are intrinsically human, are largely out of sync with the original natural rhythms (nycthemeral, seasonal, etc.). Humanity has built itself around synthetic rhythms, created by and for humans, for the fulfilment of the human species in any environment. It therefore highlights the need to integrate the rhythms of life into approaches to the city, as well as into programming and urban planning.
These desynchronisations and discrepancies are highlighted in an ecosystemic analysis of both everyday life and the projects, programmes and achievements studied.
Taking living beings into account means rethinking the rhythms of our cities to facilitate coexistence among all their inhabitants. The research is based on an immersion methodology, in various fields, mainly in mainland France, where all aspects of the fabric are analysed at different stages, such as observation, representation and mediation. This applied research has made it possible to test a new methodology based on the temporal and living dimension and to imagine a new way of planning urban projects.
This overhaul of the range of tools derived from urban planning thinking involves, in particular, immersing oneself in a place before intervening, inviting non-humans to the table to co-construct a project, and representing the rhythms of life to take into account the temporalities of each individual.
This thesis is a first contribution to a different form of urban planning that is more in tune with everyone's rhythms of life. Beyond technical and methodological considerations, it allows us to believe in cities that are more environmentally friendly and in line with the logic of ecological transition. More broadly, this work, which brings together disciplines, professions and expertise confronted with the need for adaptation, fundamentally questions our ways of living. - Accès au document
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Citation bibliographique
Lucot, David (1993-.... ; docteur en Urbanisme et aménagement) (2025), La fabrique de la ville à l’épreuve des rythmes du vivant : une première approche chronotopique pour l’articulation des rythmes naturels et sociaux dans la programmation urbaine et la production des villes contemporaines en transition [Thèse]