La relation humain-loup à travers l'exemple de la parure : les canines perforées des grottes de Bize (Aude)
- Oulmi, Cassandre (2025)
Mémoire
- Titre en français
- La relation humain-loup à travers l'exemple de la parure : les canines perforées des grottes de Bize (Aude)
- Auteur
- Oulmi, Cassandre
- Directeur de recherche
- Pétillon, Jean-Marc (1977-....)
- Co-directeur de recherche
- Birouste, Clément (1981-....)
- Date de soutenance
- 29 août 2025
- Établissement
- Université Toulouse-Jean Jaurès
- UFR ou composante
- Département Histoire de l'Art et Archéologie
- Sujet
- Préhistoire
- Mots-clés en français
- Préhistoire
- Parure
- Loup
- Dents perforées
- Bize
- Résumé en français
-
Les dix-neuf canines de loup perforées provenant des grottes de Bize (Aude) et étudiées dans ce mémoire ont récemment été exposées comme un ensemble ornemental au Musée
d’Aquitaine, à Bordeaux. Malgré leur caractère exceptionnel en raison de la rareté d’un tel regroupement de canines de loup utilisées dans la parure, ces pièces souffraient d’un grand manque d’informations.
Les recherches historiographiques ont permis de retracer au mieux l’histoire de ces objets, conservés au Muséum de Toulouse, probablement découverts dans la grande grotte de Bize par Édouard Filhol autour de 1870. À ce corpus initial s’ajoutent six autres canines de loup perforées, retrouvées au Musée archéologique de Narbonne. Elles proviennent d’une fouille réalisée en 1874 par la Commission archéologique de la ville, et ont également été découvertes dans la grande grotte de Bize.
L’étude de ce matériel a été menée par le biais d’une approche archéozoologique, technologique et fonctionnelle. Les analyses menées confirment une attribution des dents à
Canis lupus, et les mesures des canines montrent une compatibilité avec les données connues pour les populations de loups du Pléistocène supérieur. L’étude suggère par ailleurs qu’un nombre minimum de 7 individus ont été nécessaires pour produire l’ensemble conservé à Toulouse (8 pour les deux ensembles de Toulouse et Narbonne combinés). Du point de vue des procédés de mise en forme, les canines de Bize ne se distinguent pas des autres objets de parure du Paléolithique récent, et présentent dans l’ensemble une préparation par raclage linéaire, suivie d’un geste rotatif destiné à perforer la racine. Les résultats suggèrent aussi que ces pièces ont été assemblées et employées par suspension sur un temps long, avant un possible réemploi ou abandon. Ils ne permettent toutefois pas d’établir une homogénéité absolument certaine entre la série conservée à Toulouse et celle de Narbonne, ni d’apporter davantage de précisions sur leur attribution chronoculturelle en dehors du Paléolithique récent – même si l’hypothèse du Magdalénien moyen est envisageable pour la série toulousaine.
Orner son corps est une pratique universelle, attestée au moins dès le Paléolithique récent. Toutefois, le choix d’ornements d’origine animale n’a rien d’anodin. Il est donc possible que les canines perforées de la grande grotte de Bize constituent une référence explicite aux loups dont elles sont issues, devenant une manière de mettre en relation la subjectivité de cet animal, sa façon de concevoir le monde, avec celle de la ou les personnes qui se parent de ces objets.
Citation bibliographique
Oulmi, Cassandre (2025), La relation humain-loup à travers l'exemple de la parure : les canines perforées des grottes de Bize (Aude) [Mémoire]