Organique. Le livre comme corps vivant
- Ogorzelec, Jodie (2025)
Mémoire
Accès restreint
- Titre en français
- Organique. Le livre comme corps vivant
- Auteur
- Ogorzelec, Jodie
- Directeur de recherche
- Lafon Labarbe, Isabelle
- Co-directeur de recherche
- Agius, David (1988-....)
- Date de soutenance
- 27 mai 2025
- Établissement
- Université Toulouse-Jean Jaurès
- UFR ou composante
- Institut National Supérieur du Professorat et de l'Education (INSPE)- Académie de Toulouse
- Diplôme
- M2 MEEF Arts plastiques
- Sujet
- Arts plastiques
- Mots-clés en français
- Arts plastiques
- Gravure
- Bois
- Arbre
- Nature
- Matériaux bruts
- Résumé en français
-
Un être vivant est un organisme qui passe par plusieurs étapes significatives, tout comme la vie d’un livre : il naît, de là germe une idée, ses organes se forment, il est fabriqué ; puis il grandit, son aspect change, il se remplit de pensées et de mots ; bien sûr il se nourrit, de matière minérale, organique, grise … ; il se reproduit, afin d’assurer une lignée, des copies de lui-même, des multiples ; et enfin il meurt, il se décompose et son existence se fait oublier.
Semblable à l’être vivant, le livre se compose d'outils qui le maintiennent en un tout : ce sont les organes. Ils ne sont autres que ses pages, sa couverture, sa reliure et son contenu. Ils lui sont vitaux, ce sont les parties sans lesquelles le tout n’existerait pas. En leur rendant hommage, par leur présentation et leur représentation, une production artistique nous permet de porter un regard nouveau sur l’objet livre, de sa fabrication à son utilisation. C’est ce que propose mon projet artistique, que l’on peut simplement décrire comme un livre revenant aux origines de sa fabrication par un choix de matériaux, de techniques et de représentation faisant référence au lien entre l’objet créé par l’Homme et les ressources de la nature. C’est ce qui explique son nom, Lecture d’une origine. De quelle manière une production artistique peut-elle être comparée à un corps vivant grâce à la présentation et à la représentation de l’organique ?
Dans son livre Vocabulaire d’esthétique (1990), Étienne Souriau définit l’organique comme une notion qui « conduit en effet à rechercher quelles sont les fonctions essentielles à la constitution du tout, et comment les différentes parties agissent les unes sur les autres et se tiennent entre elles - que ce soit une œuvre d’art, un style, une catégorie esthétique, une conception esthétique, etc., qui soient ainsi comparés à un corps vivant. ». Cette définition nous permet de prêter attention à ces « différentes parties », ces faux organes, et à la manière dont, une fois réunies, elles permettent de constituer un corps. Une fois de plus, ce rappel au vivant permet de créer un lien indéniable avec la nature, et en particulier un lien entre l’objet fabriqué par l’homme et celui issu de la nature.
Si mon projet est intimement lié au terme d’organique, c’est parce qu’il l’englobe dans son ensemble, que ce soit dans la représentation de formes organiques, mais aussi dans la présentation de celui-ci.
Présenter l’organique c’est faire lien avec la nature et le montrer : tout d’abord en choisissant son support, et en lui donnant un sens ; puis en portant toute une réflexion autour de ses matériaux, sur la façon dont ils sont choisis et utilisés ; et enfin en questionnant le pourquoi, le comment et le pour qui de sa présentation dans un cadre artistique.
Et enfin intervient la représentation de l’organique, qui analyse premièrement la forme organique elle-même, puis deuxièmement qui implique son utilisation dans un cadre figuratif et abstrait, et dernièrement qui questionne si la notion d’organique définit seulement une partie (un organe) ou le tout (le corps vivant).
Citation bibliographique
Ogorzelec, Jodie (2025), Organique. Le livre comme corps vivant [Mémoire]