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"Un pavé teinté du sang des malheureuses victimes" : les problèmes de circulation à Toulouse, défauts de la structure urbaine ou phénomènes conjoncturels (fin XVIIe-fin XVIIIe siècles) ? Les problèmes de circulation et les accidents qui en découlent sont aujourd'hui une problématique forte qui impose des traitements à plusieurs niveaux. En remontant au début des années 1670 et jusqu'à la fin de l'institution capitulaire, de nombreuses sources témoignent de problèmes de cet ordre. Ce travail cherche à comprendre dans quel cadre interviennent ces problèmes circulatoires, la nature de leur impact sur la population et le traitement bilatéral que s'efforcent d'appliquer la population et les magistrats. La ville de Toulouse y est prise comme exemple ; avec un tissu urbain singulier et des acteurs administratifs et judiciaires uniques que sont les capitouls, les problèmes circulatoires et leurs accidents sont, de 1670 à 1789, des phénomènes aux multiples facettes, aux traitements nombreux... et aux conséquences variées.
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Survivances, illusions et nouvelles perspectives de l'aérostation militaire en Europe (1800-1870) Après la dissolution en 1799 des deux compagnies d’aérostiers de la République - première unité aérienne militaire de l'histoire et seule alors - qui avaient servies au cours des guerres de la Révolution, l’aérostation est laissée aux mains d’hommes et femmes de spectacle et de quelques scientifiques civils. On juge en effet dans les premières années du XIXe siècle que les ballons qui servaient à la reconnaissance ne s’accordent plus aux guerres de mouvements. Ce n'est qu'en 1877, après le recours au ballon en 1870 par les Français pour assurer les communications hors de Paris assiégée, que l'arme aérienne est réintégrée à l'armée française. Avant que ce modèle soit ensuite suivi par les autres puissances européennes.
L’objet de ce mémoire est de voir comment, malgré l’absence officielle d’aérostation dans l’armée française et les armées européennes, un emploi des aérostats à but militaire a néanmoins subsisté de manière très occasionnelle, s’accompagnant également de projets inaboutis. À travers des expériences qui trouvent leur origine des guerres napoléoniennes en Russie et au Danemark à la guerre franco-prussienne, en passant par les villes italiennes marquées par le Risorgimento, il s'agit de restituer une histoire fragmentée et souvent oubliée de l'arme aérienne au XIXe siècle. Dans ce mémoire de M1, nous expliquons comment l’aérostation fait son retour au milieu du siècle sur certains théâtres de guerre, et ce sous ses trois utilités principales : la reconnaissance, le bombardement et le transport de dépêches.
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Jongler entre liberté et contrainte : la carrière d'Emma Calvé, cantatrice de la Belle Époque (1880-1905). Entre 1880 et 1905, Emma Calvé devient l'une des cantatrices les plus en vogue de l'opéra français. Dans la société de domination masculine du XIXe siècle, elle semblerait être une figure d'émancipation. Ce mémoire vise à interroger la marge de manoeuvre dont dispose une vedette féminine de la Belle Epoque au sein de sa carrière en observant l'équilibre entre devoirs sociaux, représentations genrées et négociations. En replaçant la figure d'Emma Calvé dans la société de son époque, nous observons les rapports de genre dans le spectacle vivant et dans le phénomène du vedettariat.
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Impact du feu, de l’exploitation sélective et des effets de lisière sur la structure des forêts humides d’Amazonie brésilienne La dégradation des forêts en Amazonie brésilienne dépasse désormais la déforestation en superficie et constitue la principale cause de perte de carbone, mais ses impacts structurels restent mal compris en raison des interactions complexes entre le type de perturbation, sa fréquence et son contexte spatial. Nous avons évalué les effets des incendies, de l’exploitation sélective et des lisières sur la hauteur de canopée (CH) et le couvert arboré (TC) à l’échelle de 2,41 millions de km2 de forêts tropicales de basse altitude. Nous avons relié 30 ans d’historique de perturbations (1990–2019) aux conditions structurelles observées en 2020 en utilisant les données du JRC-UE (Vancutsem et al. 2021), de MapBiomas Fire (Alencar et al. 2022) et de GLAD (Tyukavina et al. 2022). Les métriques structurelles proviennent de jeux de données à haute résolution (Wagner et al. 2025; Brandt et al. 2023). Des modèles hiérarchiques bayésiens ont estimé les niveaux post-perturbation et les trajectoires de récupération selon le type, la fréquence et le contexte de lisière. Les incendies dominaient les perturbations (58,2% des surfaces affectées), dont 90,5% correspondaient à des événements uniques et plus de la moitié (51,7%) s’est concentrée entre 2015 et 2019. Le premier événement a provoqué les pertes structurelles les plus sévères, tandis que les événements suivants ont entraîné des dommages moindres mais cumulatifs : les forêts ayant subi 2–3 perturbations conservaient 15–25 points de pourcentage de CH et 10–15 points de TC en moins par rapport aux zones affectées une seule fois. Les conditions de lisière amplifiaient ces impacts : les lisières perturbées (CH : <40%, TC : 58–68%) déclinaient jusqu’à des niveaux de dégradation comparables à ceux des perturbations répétées en forêt intérieure. Les trajectoires de récupération divergeaient dans les deux contextes spatiaux : la CH restait inférieure à 75% des valeurs de référence après 30 ans, tandis que le TC se rétablissait à 95–100% en 10–20 ans. Ces trajectoires contrastées montrent que se fonder uniquement sur le couvert horizontal risque de sous-estimer la dégradation structurelle à long terme des forêts tropicales. L’impact disproportionné du premier événement souligne la nécessité de stratégies de conservation axées sur la prévention.
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Télédétection et Traitement des Données Géographiques à la DDTM de l’Aude : Propositions d’Outils pour le Suivi des Surfaces Agricoles et la Gestion des données hydrométriques. La Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) de l’Aude est un service déconcentré de l’État, chargé de mettre en œuvre les politiques publiques en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme, d’environnement et de prévention des risques. Durant mon alternance à la DDTM, mes missions ont été nombreuses et variées tant sur les thématiques que les compétences à mettre en œuvre. Ce rapport a pour objectif de présenter les projets les plus significatifs en termes d’enjeux pour la DDTM, en mettant l’accent sur deux grands axes : l’utilisation de la télédétection sur les surfaces agricoles et la gestion des données d’hydrométrie. Dans le cadre de la télédétection, une chaîne de traitement a été développée pour l’extraction et la manipulation des données satellites, permettant de calculer des indicateurs à l’échelle de la parcelle dans le contexte des calamités agricoles. Des méthodes issues de la bibliographie ont été appliquées pour cartographier les parcelles agricoles irriguées du département par classification supervisée, avec une précision globale de 85,5 %. Concernant la manipulation des données hydrométriques, un travail de refonte a été entrepris sur la base de données des points de prélèvements en eau qui présentait des lacunes de structure. Un nouvel outil a également été conçu pour automatiser la collecte des données d’hydrométrie.
Ce rapport s’inscrit dans un processus de modernisation des outils géomatiques mais également des pratiques à la DDTM. Il propose une réflexion critique sur les pratiques existantes et les solutions proposées.
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"Le génie climatique : un acteur majeur dans les enjeux énergétiques." Ce mémoire s'inscrit dans le domaine du génie climatique, secteurs omniprésents dans notre quotidien, et porte sur l'optimisation des synthèses techniques dans un contexte de transition énergétique. Ce mémoire à pour objectif d'étudier la manière dont les professionnels du génie climatique répondent simultanément aux contraintes techniques, aux besoins des différents acteurs et aux exigences environnementales croissantes.
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Comprendre, cartographier et conserver l'habitat d'intérêt communautaire des prairies maigres de fauche - Le cas des prairies du site Natura 2000 "Montagnes des Aldudes" (Pyrénées-Atlantiques). Ce mémoire de stage répond au besoin d'améliorer la connaissance et la gestion des « Prairies maigres de fauche de basse altitude » (habitat d'intérêt communautaire 6510). L'étude est conduite sur le site Natura 2000 « Montagnes des Aldudes », dans les Pyrénées-Atlantiques, dont l'animation est assurée par la Commission Syndicale de la Vallée de Baigorri. Alors que les systèmes pastoraux traditionnels qui entretiennent ces milieux semi-naturels font face à de multiples pressions, une caractérisation précise de cet habitat s'avère essentielle pour guider les actions de conservation dans le cadre du Document d'Objectifs du site.
La méthodologie adoptée a combiné une phase de pré-cartographie s'appuyant sur les données du programme CarHab avec une campagne de terrain. Celle-ci s’est basée sur la réalisation de relevés phytosociologiques selon la méthode sigmatiste de Braun-Blanquet, seule approche permettant de saisir l’exhaustivité du cortège floristique de l’habitat. L'analyse des données a mobilisé une double approche : une classification manuelle guidée par l'expertise botanique et une classification statistique (CAH), complétées par le calcul d'indices agroécologiques via l'outil Floreal.
Les résultats obtenus identifient 65,28 hectares supplémentaires de prairies 6510, portant la superficie totale à 220,08 ha. L'analyse démontre le rôle déterminant de la pente comme facteur de conservation : un tiers des prairies 6510 se situent sur des pentes supérieures à 35% où les contraintes d'exploitation limitent naturellement l'intensification. L'évaluation de l'état de conservation montre une situation globalement favorable (83% des prairies en bon état), tout en identifiant des menaces nécessitant une action ciblée : une fauche trop précoce compromettant l'expression des espèces caractéristiques tardives, et la présence notable de refus signalant des déséquilibres dans la gestion pastorale.
Cette étude confirme donc la nécessité de méthodes d'inventaire rigoureuses et adaptées pour une caractérisation fiable des habitats d'intérêt communautaire. Des préconisations de gestion sont proposées afin de répondre à des objectifs opérationnels : retarder la fauche pour favoriser la reproduction des espèces tardives, adapter les modalités de pâturage pour réduire les refus, et cibler les actions de conservation sur les parcelles présentant les signes de dégradation les plus marqués. La poursuite des inventaires et l'intégration systématique d'analyses statistiques apparaissent comme des leviers essentiels pour affiner encore la connaissance de cet habitat et garantir sa conservation dans le long terme.
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Processus d’interculturation structurants chez les mères françaises ayant adopté à l’international La spécificité des familles adoptives révèle la rencontre de deux univers relationnels distincts qui, malgré leur séparation temporelle existent simultanément dans la réalité actuelle. L’adoption internationale constitue en cela un cas paradigmatique d’interculturation, concept central de la psychologie du contact de cultures. L’objectif principal de cette recherche est de comprendre pourquoi, chez les mères françaises qui adoptent à l’international, la façon dont elles organisent l’hétérogénéité du contexte culturel de leur enfant varie considérablement : trois postures parentales se dessinent, allant du rejet de la pluralité culturelle, passant par sa revendication, jusqu’à l’ajustement selon la demande de l’enfant. Leurs modes d’appréhension de la différence culturelle, leur rapport à la culture, leur sensibilité interculturelle et leur degré d’empathie sont hypothétiquement avancés comme autant de facteurs susceptibles de déterminer cette posture parentale. En nous appuyant sur une approche quantitative et qualitative, nous avons appliqué un questionnaire (N=63) et réalisé des entretiens semi-directifs (N=6) auprès de mères qui ont adopté un enfant à l’international. Les résultats indiquent qu’il n’existe pas de lien direct entre la façon dont les mères adoptives appréhendent la différence culturelle et leur organisation de l’hétérogénéité culturelle ; leur attitude générale valorise la pluralité culturelle, mais dans la sphère familiale, elles adoptent le plus souvent une posture quelquefois défensive mais surtout attentiste, privilégiant l’intégration dans la culture d’accueil. Il se dégage ainsi deux formes d’interculturalité : l’interculturalité de principe, affichée dans le discours social, et une interculturalité concrète, intime et modulée dans l’éducation. Il a été mis également en évidence le rôle des mères, en tant que médiatrices culturelles, porteuses d’une interculturation intériorisée, cachée, soutenant la construction identitaire de l’enfant à travers un tissage narratif singulier.
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Suivi de l'environnement et de la biodiversité sur la distillerie d'Aiguenoire (38) - Comment concilier agriculture et présence du cuivré des marais (Lycaena dispar) dans le cadre de mesures compensatoires en milieu préalpin. Le Cuivré des marais (Lycaena dispar) est une espèce de lépidoptères protégée au niveau national en France. Ce statut de protection lui attribue un enjeu de conservation important qui est alors pris en compte en cas de dérangement ou de destruction de son habitat dans le cadre de projets d’aménagements tel que l’implantation d’une ICPE (Installation Classée pour La Protection de l’Environnement) ou d’autres projets de construction nécessitant des évaluations environnementales préalables. En cas d’impact d’une construction sur ces populations, des mesures d’évitement, de réduction et/ou de compensation doivent être mises en place. Ainsi, la dernière distillerie de la marque de liqueurs Chartreuse, installée dans le massif pré-alpin homonyme, dans le département de l’Isère, met en place depuis sa création des mesures de compensations afin de favoriser la population de Cuivrés des marais initialement présente sur les prairies pâturées du site et impactées par sa construction il y a presque dix ans. Ces mesures de compensation sont réalisées sur trois sites différents, in ou ex-situ, et par différentes méthodes (pâturage et fauche tardive) visant à conserver un milieu ouvert de prairies humides, favorable à l’espèce. Ces actions semblent cependant faire face aujourd’hui à de nouveaux enjeux pour Chartreuse ou représentent des contraintes potentielles pour l’exploitant agricole qui nuisent à leur effectivité. En effet, le cycle de vie du Cuivré des marais entre généralement en contradiction avec les périodes et/ou les pratiques d’activités agricoles (dates de fauche, taux de chargement, etc.). Ainsi, afin de mieux comprendre les freins et leviers d’actions de gestion possibles pour favoriser la présence de ce papillon via des pratiques agricoles, différents acteurs locaux (agriculteurs, gestionnaires d’espaces naturels, spécialistes des lépidoptères) ont été interrogés dans le cadre de cette étude. Il ressort alors que le Lycaena dispar n’est pas une espèce bénéficiant actuellement de mesures spécifiques de gestion sur les sites protégés mais dont les micro-populations semblent s’accommoder des mesures appliquées pour d’autres espèces qui favorisent alors son habitat. Les actions d’ouverture de milieu menées sur ces sites sont souvent réalisées en partenariat avec des agriculteurs et demandent une adaptation mutuelle entre les besoins de ces derniers et ceux des gestionnaires. Il n’est en effet pas toujours facile de mobiliser des agriculteurs à pratiquer leur activité sur des milieux humides ou à appliquer la fauche tardive (moins valorisable) mais, différents moyens peuvent favoriser leur collaboration : une bonne communication sur les enjeux et un lien maintenu entre gestionnaire et exploitant, un avantage économique (compensation, usage gratuit des terres, etc.) ou encore le lien d’attache avec le site.
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Pratiques démocratiques et pouvoir d’agir citoyen dans les caisses locales inspirées de la sécurité sociale de l’alimentation : le cas du projet Caissalim à Toulouse. La sécurité sociale de l’alimentation est une proposition politique émergente qui soutient le développement d’une alternative au système agro-alimentaire. Elle a pour objectif de redonner aux citoyen·nes le pouvoir de décider de leur alimentation, avec l’ambition de favoriser l’accès à une alimentation saine et durable. Dans cette optique, plusieurs initiatives locales se sont montées en France au cours des trois dernières années, dont le projet Caissalim à Toulouse. Avec un principe de cotisation et de conventionnement, le projet Caissalim s’organise en caisses locales, gérées par une équipe salariée. Chaque caisse est composée d’un comité d’adhérent·es, aux profils variés, qui se réunit régulièrement pour décider collectivement du fonctionnement de la caisse et voter le conventionnement des professionnel·les de l’alimentation (producteur·ices, commerces…). Les temps de discussion organisés par les comités forment alors des espaces de délibération dans lesquels des citoyen·nes aux profils sociaux différents, et avec des visions différentes de l’alimentation, se rencontrent et échangent. Dans ces espaces de délibération, l’équipe professionnelle adopte une posture de facilitation visant à favoriser un échange démocratique et le développement du pouvoir d’agir politique des adhérent·es. Avec une méthode d’enquête principalement qualitative, en s’appuyant sur des entretiens réalisés dans chacune des caisses, ce mémoire étudie les pratiques démocratiques qui sont mises en place dans les caisses et les effets de ces pratiques, en terme de transformation sociale et de développement du pouvoir d’agir, sur les individus et sur le groupe. Les résultats de cette enquête y sont ensuite analysés à l’aune d’un cadre théorique élaboré autour de deux concepts issus des théories critiques de la démocratie : la démocratie communicative et la démocratie agonistique. Les théories de la participation et du pouvoir d’agir sont également mobilisées pour apporter un éclairage sur la forme que prend le projet ainsi que les effets de la délibération observés dans les caisses. Au travers de ces deux spectres d’analyses, ce mémoire questionne également les rapports de pouvoir qui peuvent prendre place entre différents groupes sociaux, différents individus et différentes compréhension du monde qui sont amenées à délibérer, et si l’ambition de faire démocratie parvient à dépasser ces rapports de pouvoir en vertu d’un objectif de justice sociale.
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Construction d’une stratégie agroécologique pour une coopérative viticole à l’horizon 5 à 10 ans Dans un contexte d’injonctions institutionnelles croissantes en faveur de la transition agroécologique en viticulture, ce mémoire examine comment la coopération entre ces exigences publiques et l’engagement collectif local peut faciliter le changement de pratiques. L’étude s’appuie sur le cas de la coopérative Vinovalie, dans le Sud-Ouest. La méthodologie qualitative combine une analyse documentaire et des entretiens semi-directifs auprès de viticulteurs coopérateurs et de responsables de Vinovalie afin de saisir les dynamiques de coopération multi-niveaux. Les résultats montrent que les injonctions institutionnelles constituent un levier important mais que leur mise en œuvre effective repose sur l’appropriation locale et l’accompagnement collectif. Vinovalie joue un rôle d’interface en traduisant les objectifs externes en actions concrètes : constitution de groupes de travail, appui technique aux viticulteurs et lancement de projets d’innovation. Ces engagements collectifs favorisent le partage d’expériences et renforcent l’adhésion des viticulteurs à la transition. La transition agroécologique en viticulture gagne en efficacité lorsque les contraintes institutionnelles s’accompagnent d’un engagement collectif fort. Le cas de Vinovalie illustre qu’une coopération étroite entre acteurs publics, structures coopératives et viticulteurs permet d’allier cadre incitatif et initiatives locales rendant les changements de pratiques plus acceptables et durables.
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Coévolution de la végétation et des régimes de feux en réponse aux principaux épisodes climatiques rapides du dernier millénaire, au niveau de deux lacs situés dans la pessière à mousse de l’est du Québec La forêt boréale de l’est du Québec, située dans l’Hémisphère Nord, est caractérisée par un climat humide, une faible fréquence d’incendies, mais ceux-ci sont généralement de forte intensité. Cette région étant encore peu étudiée, notre objectif est de reconstituer la dynamique de la végétation, associée aux variations du climat et du régime des incendies, au cours des événements climatiques rapides du dernier millénaire. Ces analyses sont effectuées à partir de deux lacs situés à l’ouest de la Côte-Nord, dans le domaine bioclimatique de la pessière à mousse, le lac Rosette et le lac 6. Avant les variations générées par ces événements climatiques rapides, le paysage était dominé majoritairement par l’épinette noire et du bouleau. L’analyse conjointe des régimes de feux et de la végétation met en évidence plusieurs tendances générales. Durant l’Anomalie Climatique Médiévale (1 050 – 700 ans AA), on observe une hausse des températures, accompagnée d’une faible activité incendiaire et d’une colonisation accrue par les feuillus. Au Petit Âge Glaciaire (750 – 150 ans AA), les températures diminuent fortement et les incendies deviennent plus fréquents et plus intenses, favorisant une coniférisation du paysage. Enfin, au cours du réchauffement actuel (100 – 74 ans AA), l’activité incendiaire atteint un minimum, tandis que les taxons feuillus et les herbacées connaissent une expansion progressive. Toutefois, une divergence est observée entre les deux lacs en raison de la proximité du golfe du Saint-Laurent, particulièrement pour le lac 6, qui bénéficie de conditions plus humides que le lac Rosette. Cette différence hydrique influence directement le régime des incendies. Les conditions plus sèches du lac Rosette favorisent des feux de plus grande taille et une biomasse brûlée plus importante, tandis que l’humidité accrue du lac 6 entraîne des incendies de moindre taille, mais plus fréquents. Ces contrastes se traduisent par des différences dans la dynamique de végétation. Au lac Rosette, la végétation reste dominée par des taxons boréaux tolérants au feu, principalement l’épinette noire. Au lac 6, l’épinette noire est présente en proportion moindre, associée au bouleau, plus thermophile, et au sapin baumier, une espèce peu tolérante aux feux de grande superficie.
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Potentiel de reconquête agricole dans les Alpes-Maritimes : Vers une planification alimentaire territoriale pour la transition écologique L’abandon des terres cultivées, ou déprise agricole, constitue un défi majeur pour le département des Alpes-Maritimes, situé dans l’extrême sud-est de la France, où la pression foncière est forte, le relief accidenté et les parcelles très morcelées. Dans un contexte de transition écologique et de recherche d’autonomie alimentaire, ce mémoire vise à cartographier les friches agricoles mobilisables et à évaluer ensuite leur potentiel de mise en culture afin d’augmenter la production locale.
La méthodologie combine l’analyse de données spatiales et l’apprentissage automatique. Tout d’abord, un modèle de classification par forêts d’arbres décisionnels (Random Forest) a été entraîné pour détecter les parcelles en friche à partir de parcelles connues comme abandonnées. La deuxième étape de la méthodologie consiste à la caractérisation de ces friches agricoles dans un but de remise en valeur agricole et d’estimer la superficie de terres arables exploitables pour différents types de production. Pour finir, un outil numérique a été développé pour permettre d’imaginer des scenarii d’allocation dans le département pour différentes productions agricoles (élevage, cultures pérennes ou annuelles), afin d’estimer la contribution potentielle de la remise en culture de ces terres à l’autonomie alimentaire du département.
Les résultats montrent que le modèle supervisé Random Forest présente une haute performance prédictive pour repérer les terres en friche. Il a permis d’identifier près de 8 300 ha de friches mobilisables dans le département des Alpes-Maritimes, soit près de 1 100 ha de plus que les friches déjà recensées, ce qui suggère une sous-estimation de la déprise dans ce département. En abaissant le seuil de probabilité du modèle pour maximiser la détection, ce total atteint environ 12 000 ha de friches. En parallèle, le modèle met en évidence les facteurs clés de l’abandon : isolement (fort couvert forestier, éloignement), contraintes naturelles (forte pente, accès difficile) et faible taille des parcelles.
La deuxième étape d’analyse multicritère montre que plusieurs milliers d’hectares de friches offrent des conditions propices à une remise en culture, notamment pour l’élevage extensif ou des cultures pérennes, alors qu’une part plus limitée pour les grandes cultures céréalières, le maraîchage et les légumineuses.
Finalement, l’outil numérique développé fournit aux décideurs un outil opérationnel pour appuyer les politiques de réaffectation du foncier et de planification alimentaire. Bien que ce travail montre l’efficacité d’une analyse spatiale et d’une approche par apprentissage automatique dans les projets de reconquête agricole, plusieurs améliorations peuvent être envisagées. À titre d’exemple, une intégration de données socio-économiques et temporelles, une meilleure prise en compte du micro-relief et un affinement des critères agronomiques pour améliorer la précision du diagnostic.
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Développement d’un module de gestion des personnes morales dans vMap2 Projet visant à développer une base de données, des traitements FME et enfin un module AngularJS pour une application de webmapping : vMap2.
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Habitat et revitalisation des centres-bourgs : un enjeu intercommunal en Gascogne Toulousaine Ce mémoire s’intéresse à un sujet qui traverse aujourd’hui de nombreuses collectivités : la
place de l’habitat dans la revitalisation des centres-bourgs. Face à une certaine pression
foncière, aux successives crises du logement et à la nécessaire transition écologique, les
petites centralités apparaissent comme des lieux stratégiques pour répondre à ces défis.
À travers l’exemple de la Communauté de Communes de la Gascogne Toulousaine, située
entre le dynamisme toulousain et le rural gersois, ce travail analyse les mutations
démographiques, économiques et sociales d’un territoire en pleine recomposition. Il interroge
les leviers et les limites de l’action intercommunale, notamment au regard du Plan Local
d’Urbanisme Intercommunal valant Programme Local de l’Habitat (PLUI-H) et du
programme Petites Villes de Demain.
La première partie s’appuie sur une immersion professionnelle au sein de la collectivité. Elle
présente le rôle des acteurs locaux dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de
l’habitat, en mettant en lumière les dynamiques de coopération, les difficultés rencontrées et
les apprentissages tirés de l’expérience de stage.
La seconde partie ouvre une réflexion plus large sur la pertinence de l’échelle intercommunale
pour agir sur les centres-bourgs. Elle explore la place de l’habitat comme moteur de la
revitalisation, tout en questionnant ses interactions avec le cadre de vie, la mixité sociale et la
cohésion territoriale.
Ce travail met en évidence la complexité d’un sujet qui ne peut se réduire à la seule
production de logements. Il montre que penser l’habitat dans les centres-bourgs, c’est aussi
réfléchir aux usages, aux mobilités, aux services et à l’équilibre entre attractivité et identité
locale. En proposant une lecture croisée entre terrain et apports théoriques, il apporte un
regard concret et critique sur les conditions de réussite des projets de revitalisation en milieu
rural et périurbain.
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Les engagements environnementaux des filières végétales sous SIQO en Occitanie. Ce travail a pour but d’éclaircir le positionnement des filières végétales sous AOP, IGP et/ou Label Rouge,
hors viticulture, en Occitanie, par rapport à la dynamique de transition vers la durabilité, sur le volet
environnemental. Ces labels ont été créés dans un souci de préservation de la qualité du produit (pour le Label
Rouge), en lien avec son terroir et le savoir-faire associé (pour les IGP, AOC – AOP). Ils ne sont donc pas
initialement destinés à garantir une prise en compte de l’environnement. Toutefois, l’évolution des politiques
publiques et des attentes sociétales accordent de plus en plus d’importance aux enjeux environnementaux,
imposant ou incitant les filières à adapter leurs pratiques. Comment intègrent-elles alors ces enjeux ? Sont-elles à
l’initiative de démarches environnementales ? Lesquelles ? Quelles sont leurs motivations, leurs difficultés et leurs
perspectives ?
Pour cela, il a d’abord été effectué une revue de littérature scientifique sur le rapport à la durabilité des filières
sous SIQO en France. Plusieurs chercheurs ont montré une hétérogénéité des démarches environnementales au
sein des filières et un foisonnement d’initiatives impulsées par divers acteurs et à différentes échelles d’action,
largement en dehors du cadre du cahier des charges. Ensuite, 18 entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès de
différents acteurs des SIQO et des ODG des filières végétales sélectionnées en Occitanie, afin de recenser les
actions en faveur de l’environnement et de comprendre leurs perspectives, vis-à-vis de la durabilité.
Finalement, les acteurs des filières végétales sous AOP, IGP et/ou Label Rouge, hors viticulture, en Occitanie
témoignent également d’une diversité des démarches en faveur de l’environnement (concernant les pratiques
culturales, l’adhésion à des certifications ou encore la participation à des projets), à différentes échelles (de celle
de l’exploitation à celle nationale et européenne, en passant par l’échelle territoriale) et impulsées par divers acteurs
(ODG, techniciens, coopératives…) ainsi qu’un degré variable d’implication en fonction de la filière. Il a
également été identifié des moteurs d’action et des difficultés rencontrées par les ODG et les agriculteurs
interrogés, vis-à-vis de l’adoption de pratiques plus vertueuses.
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Gestion durable des déchets sauvages en montagne : impacts, stratégies et leviers pour une montagne 0 déchet sauvage Ce mémoire explore la problématique croissante des déchets sauvages en montagne. Les
montagnes sont des territoires fragiles mais surtout des ressources capitales pour les sociétés
mondiales. Alors que la production mondiale de déchets atteint près de 20 milliards de tonnes
par an (Silpa k. et al., 2018 ; Maalouf & Mavropoulos, 2023), les massifs français reçoivent
plus de 142 tonnes de déchets abandonnés chaque année (Mountain Riders, 2025). Ce travail
vise à répondre à une question centrale : comment lutter contre les déchets sauvages en
montagne afin de préserver les écosystèmes montagnards, ressources d’importance
capitale pour nos sociétés, grâce à des stratégies et leviers adaptés ?
Le cadre théorique mobilise la littérature scientifique concernant la définition, la
classification et la gestion des déchets ainsi que leurs impacts environnementaux et sociétaux.
Les conventions internationales (Bâle, Rotterdam, Stockholm, MARPOL) fournissent une
base globale internationale sur la question des déchets développée par un cadre européen et
des législations nationales. Les notions d’économie circulaire, de prévention et de
gouvernance multi-acteurs apparaissent comme des leviers majeurs à la réduction des déchets
sauvages.
Le stage mené au sein de l’association Mountain Riders a permis d’expérimenter différents
leviers : formation des territoires, mise en autonomie des acteurs locaux, caractérisation
scientifique des déchets et gouvernance partagée. La campagne nationale Montagne Zéro
Déchet, renforcée par la charte « Montagne Zéro Déchet sauvage en 2030 » et le programme
Adopt’1 Spot, constituent des outils structurants. Les résultats indiquent que les
professionnels représentent une part déterminante de la pollution sauvage, nécessitant des
actions ciblées (restauration, domaines skiables, BTP, hébergeurs, etc...). L’intelligence
collective apparaît comme une méthode pertinente pour mobiliser et co-construire des
solutions adaptées grâce à une gouvernance partagée impliquant les acteurs.
Cependant, plusieurs limites subsistent : dépendance à la plateforme nationale Zéro Déchet
Sauvage, hétérogénéité territoriale (forte concentration d’actions dans les Alpes du Nord) et
difficulté d’essaimer les actions dans les massifs moins engagés (V osges, Jura, Massif
central). Ces éléments soulignent l’importance de consolider la gouvernance nationale et de
renforcer le portage politique.
En conclusion, la lutte contre les déchets sauvages en montagne s’avère être un enjeu
environnemental, social et économique. La stratégie la plus pertinente repose sur une
gouvernance partagée pour travailler par l’intelligence collective avec des filières
professionnelles nationales afin d’essaimer une stratégie nationale à des actions locales.
L’horizon des Jeux Olympiques d’hiver 2030 constitue une opportunité unique pour
démontrer la capacité des territoires alpins à conjuguer attractivité touristique et exemplarité
écologique.
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Diagnostic du fonctionnement hydro-sédimentaire de la Garonne hydroélectrique: De la confluence de la Neste à celle du Salat Les cours d’eau assurent des services écosystémiques essentiels qu’il est nécessaire de préserver. Cette exigence se confronte parfois aux usages humains, ce qui impose d’intégrer ces derniers à la fois comme acteurs et comme enjeux dans la gestion. Dans ce contexte, un diagnostic hydro-sédimentaire s’avère indispensable pour orienter les actions de manière éclairée. Ce travail répond à un besoin de diagnostic hydro-sédimentaire sur le tronçon de la Garonne Moyenne, exprimé par le Syndicat mixte Garonne Amont (SMGA). Cette portion du linéaire a connu une forte anthropisation au cours du XXe siècle, susceptible d’avoir altéré son fonctionnement hydro-sédimentaire par la perturbation des flux liquides (eau) et solides (sédiments). Les principales pressions identifiées concernent les barrages au fil de l’eau et les extractions en lit mineur. Bien que ces dernières aient cessé dans les années 1990, elles constituent un héritage pouvant représenter une perturbation toujours active. Afin de diagnostiquer les dysfonctionnements potentiels, une approche historique a été mise en œuvre pour documenter les réponses morphologiques du cours d’eau soumis à ces pressions. Les critères principaux analysés sont l’évolution de la surface de la bande active (planimétrie) et celle du profil en long, permettant d’identifier les processus d’érosion et de dépôt. Une approche expérimentale a également été menée pour évaluer l’état actuel du transport sédimentaire. Celle-ci repose sur des données granulométriques (taille des sédiments) ainsi que sur un traçage sédimentaire par puces RFID. Enfin, une troisième approche a été développée pour mieux appréhender le rôle spécifique de chaque facteur d’anthropisation dans la trajectoire évolutive du cours d’eau. Cette démarche répond au besoin d’isoler les impacts individuels dans un contexte où les pressions se cumulent, rendant les liens de causalité difficiles à établir. De ces trois approches, il ressort que le cours d’eau a connu une rétraction, une incision et un pavage, témoignant d’une altération des flux liquides, mais surtout solides, imputable aux pressions anthropiques documentées. Ces phénomènes ne s’expriment pas de manière homogène sur l’ensemble du linéaire : certaines zones, notamment celles concernées par le court-circuitage ou les anciennes extractions, sont plus touchées. Le déficit sédimentaire est important et continue d’impacter la dynamique fluviale. Ces résultats doivent être pris en compte pour orienter les futures actions de gestion dans le cadre du Plan de Gestion Hydro-sédimentaire (PGH).
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Appropriation de l’information du risque avalanche par les pratiquants de ski de
randonnée : Étude qualitative sur le Bulletin d’estimation du Risque Avalanche Ce mémoire porte sur la manière dont les pratiquants de ski de randonnée
s’approprient le Bulletin d’estimation du Risque Avalanche. Situé dans un contexte de
forte popularité de la pratique, exposant un grand nombre de personnes à un risque
majeur, le BRA constitue l’outil principal de communication et de prévention du risque
avalanche. Il est diffusé et écrit quotidiennement par Météo-France et les prévisionnistes.
Seulement, son efficacité résulte de la façon dont les informations visuelles ou textuelles
sont reçues et appropriées par les skieurs.
L’objectif de ce travail est de comprendre comment les pratiquants de ski de
randonnée interprètent-ils les éléments visuels et textuels du BRA, et que révèle cette
lecture de leur représentation du risque avalanche. Pour répondre à cette question, le
mémoire s’appuie sur l’analyse qualitative des données de 17 entretiens semi-directifs
réalisés avec des skieurs de randonnée. Les dimensions abordées sont : l’influence de la
structure et du vocabulaire du bulletin sur sa compréhension, l’interprétation du risque
et des éléments visuels, parmi lesquels figurent les Situations Avalancheuses Typiques,
récemment introduites. Il abordera également l’impact du profil et du vécu des usagers
sur la lecture et les prises de décisions.
L’analyse met en évidence une réception très hétérogène de l’information. La
structure du BRA favorise une lecture sélective, souvent centrée sur les premières
informations présentes dans le cartouche. Les éléments graphiques clés comme la rosace
et les SAT peuvent poser un problème dans leur utilisation. La barrière du langage
technique empêche certains pratiquants d’évaluer le risque correctement et le risque de
niveau trois porte aussi à confusion. Cette compréhension partielle ne limite pas la prise
de décision, bien au contraire. Cette analyse prend aussi en compte la formation et
l’expérience et le vécu du risque comme des facteurs influençant la compréhension et
l’utilisation du BRA.
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Regards Croisés sur la Biodiversité en Belledonne : les perceptions des acteurs du massif Ce travail explore les différents facteurs qui façonnent la perception de la biodiversité
par les acteurs du massif de Belledonne. Situé dans les Préalpes externes, entre les départements
de l’Isère et de la Savoie, ce massif a la particularité d’être tout en longueur, il fait plus de 70
kilomètres de long pour seulement 15 kilomètres de large en moyenne. Mais sa principale
particularité est l’absence de routes permettant de la traverser d’Est en Ouest, créant deux
versants isolés l’un de l’autre. La biodiversité connaît aujourd’hui de nombreux enjeux liés aux
changements environnementaux et sociaux, et Belledonne n’est pas épargné. Si les publications
scientifiques sont très présentes sur le massif pour rendre compte de la richesse et de la
vulnérabilité de cette biodiversité, les perceptions par les acteurs sociaux de cette dernière font
face à une littérature très restreinte.
Ce travail s’appuie sur la réalisation de quinze entretiens semi-directifs avec différentes
structures qui fréquentent le massif. L’échantillon est varié et de nombreuses catégories
d’acteurs ont été interrogées (agriculture, pêche, chasse, tourisme, forêt, etc.). Ces entretiens
ont été enrichis par des ateliers permettant aux acteurs de s’exprimer avec un support
(cartographie participative, carte de relation, photolangage).
L’analyse des résultats a permis de faire ressortir des aspects très intéressants.
Belledonne apparaît unanimement comme un massif sauvage et préservé. Cependant, cette
image partagée masque un massif plus fragmenté. Les résultats révèlent que les zones
fréquentées par les structures sont délimitées par des frontières administratives, entre l’Isère et
la Savoie, topographiques, entre le versant Est et Ouest, et culturelles, révélant d’autres secteurs
géographiques. Cette fragmentation se ressent également dans les relations entre les acteurs,
révélant peu de liens au-delà de ces frontières.
Ces visions du territoire influencent la perception de la biodiversité. Mais d’autres
facteurs ont été étudiés comme l’observation des changements environnementaux et sociaux et
l’utilisation du terme « biodiversité ». Ces éléments montrent des visions très contrastées de la
nature, avec des rapports plutôt fonctionnels, récréatifs ou écologiques. L’observation des
changements est très présente mais les conséquences perçues ne seront pas les mêmes selon les
structures. Tout cela conduit à une diversité de perceptions qui sont un élément à prendre en
compte dans les actions et qui ont un impact sur les relations entre les acteurs.