-
L'animation jeunesse : vecteur d'implication des adolescent·es ? Ce mémoire est le fruit d’une réflexion sur l’implication des adolescent·es à travers l’élaboration de projet, et comment ceux·celles-ci sont accompagné·es par des animateur·trices jeunesse. Ce travail rend compte des différentes étapes qui structurent l’implication du·de la jeune, traduisant un processus d’engagement. Pour compléter cette analyse, nous nous intéressons au travail des animateur·trices, en soulignant l’influence de leurs parcours sur leurs manières d’animer et, par conséquent, l’impact sur les interventions auprès des jeunes, conduisant ou pas à les mobiliser autour d’activités et de projets.
Cette recherche s’appuie sur une enquête qualitative, menée à partir d’entretiens semi-directifs auprès de professionnel·les de la jeunesse ainsi que des adolescent·es fréquentant les structures qui leur sont dédiées (Accueil Ados de la MJC et Espaces Jeunesse du service jeunesse municipal). Elle repose également sur des observations participantes réalisées au sein de ces espaces.
À partir de cette recherche, nous pouvons dégager les résultats suivants. Premièrement, les loisirs permettent de créer des dispositions d’ouverture et d’implication chez l’adolescent·e afin de l’amener vers une démarche de projet. La participation dans un premier projet constitue la première étape de la carrière de l’adolescent·e « investi·e », qui favorise son implication dans des projets futurs. Ces implications à répétition favorisent des investissements en dehors du cadre de la structure jeunesse, par des actions bénévoles ou, pour les plus âgé·es, par l’adhésion à des associations. Deuxièmement, les parcours des animateur·trices influencent leurs postures et pratiques professionnelles, permettant de mobiliser les jeunes autour d’activités et de projets, ou au contraire, reproduisant une logique de garde ou de seule distribution de loisirs. Enfin, l’implication des adolescent·es lors des mobilisations contre le projet de centralisation de trois Espaces Jeunesse met en évidence le refus des autorités publiques d’accepter l’engagement en dehors du cadre institutionnel.
-
Concilier usages et protection : les leçons d’une extension de réserve naturelle nationale en Bassée (Seine-et-Marne) Le projet d’extension de la Réserve Naturelle Nationale de la Bassée s'inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale des Aires Protégées visant à placer 30% du territoire national en zones protégées d'ici 2030. Ce mémoire analyse le processus de concertation mené pour définir le périmètre et la réglementation de cette extension, en interrogeant l'articulation entre protection écologique et maintien des activités socio-économiques. À travers une approche participative mobilisant les acteurs du territoire (communes, fédérations de chasse et pêche, carriers, associations naturalistes), cette étude révèle les tensions inhérentes à l'acceptabilité sociale des aires protégées. L'interdépendance entre périmètre et réglementation constitue un enjeu central, générant méfiance et oppositions. Les résultats montrent que la recherche de compromis nécessite une adaptation fine aux réalités locales, questionnant les modèles classiques de conservation.
-
L'eau : la source de l'adaptation de l'urbanisme aux changements climatiques Ce mémoire analyse la gouvernance de l'eau au sein du Muretain Agglo et explore les voies
d'adaptation au changement climatique à travers une approche intégrée eau-climat. La première partie présente l'expérience de stage réalisée au Muretain Agglo, territoire de 120 000 habitants situé à la confluence de la Garonne et de l'Ariège. L'analyse révèle une gouvernance fragmentée de l'eau, avec une multiplicité d'acteurs : syndicats, intercommunalité, services de l'État et une répartition complexe des compétences entre différents services internes. Cette fragmentation nuit à la lisibilité de l'action publique et limite la capacité d'anticipation face aux enjeux climatiques. L'étude comparative de l'extension du périmètre du SMIVAL et le benchmark réalisé auprès d'autres intercommunalités ont permis d'identifier trois scénarios d'évolution vers une direction de l'eau plus lisible avec un objectif d’apporter de la transversalité au sein des services de l’agglomération.
La seconde partie explore l'intégration des outils d'adaptation au changement climatique dans les politiques de l'eau. Face à l'intensification des événements extrêmes : sécheresses, inondations ; les approches traditionnelles sectorielles montrent leurs limites. Le mémoire analyse l'évolution du cadre réglementaire européen et français, notamment avec la réutilisation des eaux usées traitées, et examine comment les documents d'urbanisme peuvent intégrer les enjeux eau-climat. L'émergence de concepts comme la "ville éponge" et les solutions fondées sur la nature offre des perspectives prometteuses pour une gestion résiliente de l'eau urbaine. Le mémoire conclut sur la nécessité de dépasser l'approche fragmentée actuelle pour construire une gouvernance transversale eau-climat. Les principaux freins identifient asymétrie de pouvoir entre acteurs, inadéquation entre bassins versants et découpages administratifs, sous-utilisation des outils comme les EPAGE/EPTB appellent un changement des modes de collaboration. L'enjeu n'est plus seulement technique ou réglementaire, mais bien politique et organisationnel : comment articuler les différents niveaux de décision pour garantir une gestion cohérente, efficace et durable de l'eau face aux défis climatiques et adapter à la croissance des villes.
-
Place des différentes disciplines naturalistes et critères pour la définition des zones humides : Région Occitanie & Normandie En France, la législation actuelle relative aux "zones humides" découle de la loi sur l'eau. Elle est
composée d'un décret et de deux arrêtés, le deuxième (octobre 2009) venant modifier le contenu du
premier (juin 2008). À l’issue de six mois de stage réalisés entre la Normandie, principalement en
pédologie, et l’Occitanie, en zoologie et en botanique, l’étude s’est concentrée sur l’application de ces
textes sur le terrain et sur la détermination objective des zones humides. Son principal objectif est de
mettre en lumière les méthodologies de délimitation des zones humides à l’aide des expertises
botaniques et pédologiques, ainsi que l’usage marginal de l’expertise faunistique pour l’évaluation de
la fonctionnalité des milieux humides par la méthode ONEMA.
-
La sécurité sociale de l’alimentation est–elle une opportunité pour le territoire du Comminges Un mémoire qui traite de la mise en place d'action en lien avec l'alimentation dans le territoire du Comminges.
-
Confort résidentiel dans les copropriétés anciennes de Toulouse (1880-1975) : héritage, transition écologique et épreuves de la rénovation Ce mémoire rend compte de l’analyse du confort résidentiel dans les petites et moyennes copropriétés construites entre 1890 et 1975 dans Toulouse Métropole. Ces copropriétés, marquées par une grande hétérogénéité en termes de morphologie bâtie, de caractéristiques socio-économiques des habitants et de visibilité dans les politiques locales d’amélioration énergétique, constituent un levier central pour engager la rénovation énergétique à Toulouse Métropole.
La problématique posée interroge le confort et l’empreinte énergétique domestique de ce parc ancien, à travers trois enjeux : la fragilité énergétique du patrimoine bâti, les décisions collectives de rénovation et les pratiques d’usage à domicile. Pour y répondre, deux démarches ont été développées : une lecture territorialisée et une réflexion socio-technique.
Ainsi, trois axes de réflexion se dégagent pour établir un état des lieux de l’efficacité énergétique des copropriétés anciennes toulousaines. Le premier concerne le bâti ancien face à la rénovation et la fragilité qui lui est généralement attribuée, ainsi que les freins supplémentaires liés aux processus de décision collective. Le deuxième porte sur la notion de confort domestique au XXe siècle, dont l’évolution s’inscrit dans les contextes idéologiques successifs qui façonnent l’organisation de l’habitat, les usages et les pratiques à domicile. Le troisième, d’ordre territorial, vise à comprendre la distribution de la vulnérabilité énergétique et de l’inconfort au sein des copropriétés anciennes toulousaines.
Ces réflexions aboutissent à un bilan technique des copropriétés anciennes de Toulouse Métropole. L’analyse, fondée sur les données de Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), met en évidence les défis thermiques liés au confort résidentiel. L’examen transversal de composantes du bâti telles que les baies vitrées, l’isolation, la ventilation ou l’orientation souligne notamment l’exposition aux surchauffes estivales et la dépendance aux apports solaires hivernaux. En parallèle, des analyses comparatives ont été menées à deux échelles : copropriétés situées dans un rayon de 300 mètres autour du Canal du Midi et du Canal Latéral à la Garonne, et ensemble métropolitain. L’étude révèle ainsi les fragilités structurelles propres au bâti ancien en copropriété.
-
Le Flocon Vert, un outil de transition pour les stations de montagne : étude de cas à Arêches-Beaufort Le présent mémoire explore l’impact du changement climatique sur la station d’Arêches-Beaufort,
située dans les Alpes du Nord. Les territoires de montagne sont aujourd’hui confrontés à de
multiples enjeux : un enneigement de plus en plus rare en basse et moyenne altitude, un parc
immobilier vieillissant, une pression touristique accrue et des mobilités difficiles à organiser dans
des espaces contraints par la topographie. Face à ces défis, l’objectif de ce mémoire est de
comprendre les freins rencontrés et les leviers mobilisés par Arêches-Beaufort pour engager, à
travers les outils du Label Flocon Vert, une transition durable, collective et réaliste à l’échelle de son
territoire. Depuis sa labellisation le 6 juin 2024, la commune s’est engagée dans une démarche forte
en faveur de l’environnement, tout en valorisant son identité locale, son agriculture et son domaine
skiable.
La première partie de cette recherche porte sur une analyse dans le temps du territoire, afin de
comprendre son évolution depuis la labellisation et d’identifier à la fois ses points forts et ses
blocages. Le document d’audit, principal support de cette analyse, a permis de retracer les actions
mises en œuvre depuis l’obtention du label et de préparer le rapport d’audit intermédiaire prévu en
novembre 2025.
La question des mobilités a constitué un axe central de l’étude, un sujet particulièrement complexe
compte tenu de la topographie du territoire. Le renouvellement du marché des navettes ski-bus a
représenté une étape clé, permettant de s’interroger sur le fonctionnement actuel du service,
d’analyser les pratiques d’autres territoires de montagne, et d’émettre des pistes d’amélioration à
apporter au service. Cette réflexion a mené à l’analyse des avancées technologiques en matière de
mobilités, notamment les navettes électriques, mais aussi les alternatives à la voiture individuelle.
Ainsi, les résultats de cette recherche mettent en évidence la complexité de concilier la préservation
de l’environnement avec les enjeux économiques et sociaux d’un territoire de montagne. Ce
mémoire montre également que la transition des territoires doit être collective, mêlant une diversité
de points de vue : ceux des habitants d’Arêches-Beaufort, des visiteurs qui fréquentent chaque
année ce territoire et expriment leurs attentes, mais également les entreprises et prestataires
impliqués dans les mobilités. Enfin, cette démarche s’accompagne d’une comparaison avec d’autres
territoires, ce qui permet de s’inspirer et de faire évoluer Arêches-Beaufort dans sa quête d’une
transition durable.
-
Articulation entre expérimentations de Sécurité Sociale de l’Alimentation et monnaies locales : des projets transformateurs au
service des territoires. Le cas de l’Eusko, la monnaie locale du Pays Basque. Source d’innovation sociale et de transition du paysage alimentaire et agricole, les expérimentations de Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA), encouragent la consommation éclairée et en toute conscience, d’une alimentation saine et de qualité, par le versement d’une allocation alimentaire. Cette allocation peut être distribuée en monnaies locales (ML), et ces dernières sont de plus en plus associées à ces expérimentations. Porteuses d’atouts transformateurs, ces deux leviers font l’objet d’étude de ce mémoire, dont la problématique est la suivante : « Quel est le rôle des monnaies locales dans les dynamiques territoriales inspirées de la Sécurité Sociale de l’Alimentation ? ».
Nous pouvons relever qu’une porosité existe entre ML et SSA, en termes d’actions : incitation à la participation citoyenne dans les instances, ouverture d’espace d’expression citoyenne et reconfiguration des filières agricoles et alimentaires locales. Ainsi, les ML peuvent apporter aux dynamiques de SSA, leur solution monétaire, l’expertise sur le transfert de l’allocation, un réseau de prestataires disponible et ancré localement, et l’expérience pour structurer un projet citoyen. A ce jour, les expérimentations de SSA ne cessent d’essaimer sur le territoire hexagonal, pour autant et malgré certaines réflexions engagées, le territoire d’Iparralde (Pays Basque Nord), n’en dispose pas encore. C’est dans ce contexte que mon stage s’est formalisé au sein de l’association Euskal Moneta, émettrice de la monnaie locale l’Eusko, pour réaliser un diagnostic territorial partagé sur la faisabilité d’une SSA en Iparralde et aiguiller l’intégration éventuelle de l’Eusko dans ce processus. Pour ce faire, des entretiens ont été réalisés auprès d’acteurs locaux, ayant largement consenti à l’idée de construire une démarche de SSA spécifique aux ressources disponibles et des singularités du territoire. De la même manière, l’intégration de l’Eusko a été questionnée, et les avis sont aussi bien favorables que neutres. Pour espérer concrétiser une coopération entre une SSA et l’Eusko, les enjeux liés à la ML devront être intégrés avant toute chose. Enfin, ce présent mémoire fait suite d’une formulation de recommandations thématisées (conventionnement démocratique, système des cotisations volontaires, choix du support monétaire, les sources de financement mobilisable et modélisation d’un modèle de gouvernance), pour amorcer une approche opérationnelle de ce que pourrait prétendre une initiative de SSA en Iparralde.
-
Le diagnostic participatif : un outil d’exploration du développement de projet associatif.
Cas du pôle production agroécologique de l’Ecolieu Jeanot (40) Ce mémoire nous présente les atouts de l’outil de diagnostic participatif dans le cadre du développement de projet associatif. Nous sommes ici dans l'association C KOI CA, désireuse de relancer ses activités agroécologiques, dans un contexte de fragilité financière, humaine et technique. Nous démontrons ici la force du diagnostic participatif pour illustrer le panel de visions des différents usagers internes et externes du lieu. Ce mémoire met en lumière l’importance de la confiance du groupe d’acteurs, porteur d’initiatives agroalimentaires. Au travers de 3 outils (entretien semi directif, atelier et questionnaire) de collecte de données, nous présentons l’exploration de plusieurs scénarios de développement de l’association, résultat de la manifestation du pouvoir d’agir des participants du diagnostic. Notre mémoire analyse ce dernier, propulsant les acteurs du projet à l’incarner dès sa genèse, les rendant acteurs du développement de leur association.
-
Opportunités socio-économiques du rewilding européen dans les territoires ruraux de l'Union Européenne En Europe, une nouvelle approche de conservation de la biodiversité, émanant du concept de wildness, commence à se développer. Rewilding Europe collabore avec différents sites pilotes pour recréer de vastes étendues sauvages sur des territoires ruraux façonnés par des savoirs et des pratiques traditionnels. Ces initiatives visent à démontrer que le rewilding peut offrir un modèle alternatif de développement rural, compatible avec le retour de la biodiversité. Les marchés fondés sur le rewilding encouragent la création de nouvelles sources de revenus et renforcent les identités locales. Rewilding Europe, à travers le développement des Wildlife Smart Communities, favorise l’implication active des communautés rurales. Cette dynamique ouvre la voie à de nouvelles opportunités socio-économiques durables et favorise l’émergence de nouvelles manières de coexister avec le vivant.
-
Adapter les territoires ruraux au changement climatique : gouvernance multi-échelles et lancement d’une consultation citoyenne LIFE Biospher’Adapt - Cas du PETR de Pays de Sarrebourg et de la Réserve de Biosphère Moselle Sud Ce mémoire explore comment un territoire rural peut s’approprier un projet d’adaptation au changement climatique porté par une gouvernance à plusieurs échelles, pour le transformer en dynamiques locales tangibles et mobilisatrices.
À travers le lancement de la consultation citoyenne LIFE Biospher’Adapt dans la Réserve de Biosphère Moselle Sud, il analyse le rôle du PETR du Pays de Sarrebourg comme structure de coordination, les outils participatifs déployés pour associer les citoyens, ainsi que les tensions entre ambitions européennes et réalités locales.
L’analyse montre que la réussite d’un tel projet ne repose pas seulement sur la traduction technique des objectifs, mais avant tout sur la construction d’une gouvernance coopérative, capable d’articuler les différentes échelles d’action et de créer un climat de confiance entre institutions, acteurs socio-économiques et habitants. Finalement, elle souligne l’importance de développer des dispositifs participatifs qui s'appuient sur des formes culturelles et créatives pour nourrir un imaginaire collectif, susceptible de rendre l’adaptation au changement climatique plus compréhensible et mobilisatrice.
-
Les fermes pédagogiques, l’éducation au service de la transition environnementale Dans ce mémoire, nous nous intéresserons au rôle des fermes pédagogiques dans la sensibilisation et l’éducation à l’environnement. Dans les textes institutionnels, ces deux concepts sont des piliers de la transition environnementale (convention de Rio en 1992, convention d’Aarhus en 1998, loi climat et résilience en 2021 etc.). En effet, il s’agit de former les jeunes d’aujourd’hui, déjà confrontés aux crises environnementales et qui demain seront en charge d’en limiter les impacts. La ferme pédagogique est un outil de formation intéressant à étudier dans le cadre de la transition environnementale, car c’est à la fois un outil pédagogique dont le public est acteur de sa propre éducation, et un outil encourageant les agriculteurs à mettre en œuvre des pratiques vertueuses qu’ils sont ensuite à même de présenter. De plus, sous le terme de fermes pédagogiques on retrouve une grande diversité de projets, ce qui en fait un outil qui s’adapte facilement aux spécificités d’un territoire et s’intègre aux tissus d’acteurs qui le composent. Enfin, les fermes pédagogiques sont à leur origine marquées par les valeurs de l’éducation populaire. Elles ont de ce fait pour projet de diffuser les savoirs environnementaux au plus grand monde, tout en réduisant les inégalités sociales ou territoriales.
Le travail présenté ici est le résultat d’un stage de quatre mois et demi en animation environnementale à La Ferme des Lutins. Cette structure est une ferme pédagogique située dans l’Aude qui accueille des scolaires et des jeunes en colonie de vacances, majoritairement, mais est aussi une exploitation ovine. Les principales missions confiées lors de cette période ont été l’animation de visites de la ferme et présentation des différents animaux, d’ateliers sur la biodiversité agricole et de temps de participation à la vie de la ferme. Le but de ces temps d’animations étant, dans un premier temps, de sensibiliser à la vie animale et végétale ou aux notions de localité et de circuits cours. La Ferme des Lutins permet aussi aux jeunes de participer à la vie de la ferme pendant leur séjour en colonie de vacances, offrant à ceux d’entre eux qui sont déjà sensibilisés une consolidation d’un processus d’éducation déjà ancré. Au travers du cas de La Ferme des Lutins, nous étudierons l’importance des fermes pédagogiques dans la transition environnementale en tant qu’outil d’éducation environnementale. Pour ce faire nous avons réalisé des entretiens avec des professeurs ayant bénéficié de l’intervention de La Ferme des Lutins dans leur classe ainsi que des questionnaires auprès de certains jeunes venus en colonie de vacances à la ferme. Même si la portée du jeu de donnée étudié est limitée, nous avons pu constater que les fermes pédagogiques peuvent être un outil à promouvoir pour la transition environnementale. En effet, elles peuvent être un moyen de sensibilisation ou d’éducation à l’environnement en remettant en lien le public avec son environnement / son territoire, présentent des pratiques agricoles vertueuses (le plus éloignées possible de la monoculture intensive) et véhiculent des valeurs de coopération. Cependant, selon l’entourage, parents ou professeurs, des jeunes qui viennent en visite à La Ferme des Lutins, ces transmissions ne sont pas nécessairement suivies dans le temps. Les jeunes interrogés ne perçoivent parfois pas non plus l’aspect environnemental des activités qu’ils ont pu suivre à la ferme, ce qui illustre la nécessité d’avoir une communication claire à ce sujet.
-
La soutenabilité des mobilités aériennes sous le prisme des politiques publiques et de la gouvernance territoriale : analyse comparative des stratégies régionales, nationales et internationales Alors que le changement climatique s’accélère et qu’un dépassement des températures
mondiales de plus de 1,5°C est désormais inévitable, ce mémoire interroge les transitions
environnementales et la soutenabilité des mobilités aériennes sous le prisme de l’étude des
politiques publiques territorialisées, dans le cadre du projet de recherche REBATS. L’analyse
de la littérature scientifique nous a permis de mettre en évidence un changement de
paradigme à partir de la libéralisation du secteur aérien ayant eu comme conséquence une
explosion du trafic et la mise en concurrence des aéroports et des territoires. Aujourd’hui, une
opposition entre les besoins de connectivité inter-territoriale et les impacts environnementaux
du transport aérien (émissions de GES, effets hors-CO2…) provoquent un nouveau
bouleversement, marqué par des contestations fortes et la mise en place de politiques
publiques en faveur de l’environnement. La méthodologie croise trois approches
complémentaires : une caractérisation du jeu d’acteurs par cartographie de leurs
inter-relations, une typologie des plateformes aéroportuaires et des entretiens semi-directifs
avec des gestionnaires d’aéroports et des acteurs du secteur aérien. Elle s’appuie sur une
analyse comparative des régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et du Nord de l’Espagne.
Nous montrons ainsi que le secteur aérien est un écosystème d’acteurs complexe,
multiscalaire avec des relations qui oscillent entre concurrence, influence mutuelle,
complimentarité et conflits, qui sont en outre variables selon les spécificités territoriales. In
fine, il y autant de modèles de gouvernance du secteur aérien que de territoires. L’Occitanie
fait face à une triple vunérabilité : forte dépendance aux compagnies low cost, concurrence
intra-régionale intense et gouvernance fragmentée tandis que la gouvernance en
Nouvelle-Aquitaine est dispersée mais sa stratégié plus intégrée et aboutie. L’Espagne, quant
à elle, est marquée par une centralisation de la gestion de ses aéroports et une moindre
dépendance aux compagnies à bas-coûts. L’asymétrie dans les relations entre les acteurs peut
renforcer ou créer une vulnérabilité des plateformes, et de ce fait, des territoires.
-
RSE et environnement au campus Orange Lumière Ce mémoire de stage explore la politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et environnementale du grand groupe Orange à l’échelle locale d’un site, celui du campus Orange Lumière à Lyon. Dans un contexte d'engagement croissant des entreprises face aux enjeux climatiques, Orange s'est fixé des objectifs ambitieux, notamment la neutralité carbone d'ici 2040. Ces six mois d’immersion à la direction de site du campus Orange Lumière a permis d’observer comment ces engagements globaux se traduisent concrètement à l’échelle d’un site opérationnel. Dans une organisation composée de nombreuses entités, la déclinaison locale des engagements environnementaux suppose une articulation entre obligations réglementaires et initiatives volontaires. Orange, en tant que grande entreprise cotée, est soumise à des cadres juridiques stricts. Par ailleurs, l’entreprise est certifiée ISO 14001, norme internationale encadrant les systèmes de management environnemental. À ces exigences s’ajoutent des engagements volontaires visant à aller au-delà des objectifs de l’accord de Paris avec l’objectif d’être net zéro carbone dès 2040.
La direction de site du campus Orange Lumière s’inscrit dans cette double logique. Elle se distingue par la certification Haute Qualité Environnementale (HQE). Le site répond à des référentiels exigeants, alignés sur des pratiques environnementales encadrées. Ce mémoire analyse ainsi comment les obligations juridiques et les démarches volontaires s’articulent dans la mise en œuvre concrète d’une politique RSE. J’ai pu prendre part à des démarches initiées par la direction de site à travers les missions confiées au cours du stage. Elles se sont déployées autour de plusieurs axes, comme l’animation et sensibilisation à la RSE, la gestion des risques, ainsi que des réflexions sur la sobriété hydrique et énergétique du site. L’accompagnement de l’équipe de chargés de service et sécurité sites (C3S) et l’autonomie laissée par le tuteur de stage ont permis de conduire des projets concrets, alignés avec la stratégie RSE du groupe. L’étude met en lumière l’articulation entre les ambitions nationales du groupe Orange, les orientations régionales de la direction des services généraux et immobiliers (DSGI), et les actions opérationnelles menées à l’échelle du site.
Cette analyse montre que la conformité réglementaire constitue une base indispensable, mais que l’impact réel passe par l’implication locale, la pédagogie et l’appropriation collective des enjeux environnementaux. Il met également en lumière les leviers mobilisables pour un développement plus durable, comme les certifications, les actions de sensibilisation ou les innovations. De plus, des freins sont également soulignés, tels que des limites de mesure des émissions locales et une transversalité complexe entre les échelles de gouvernance. En conclusion, l’étude révèle la complexité et la richesse d’une démarche RSE en entreprise.
-
PLU et transition environnementale : un outil efficace pour les territoires ruraux ? Ce mémoire s’inscrit dans une réflexion sur la capacité des documents d’urbanisme, en particulier les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU), à orienter les territoires ruraux vers des modèles plus durables. Dans un contexte de transition environnementale et face à des enjeux tels que l’artificialisation des sols, la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique, il interroge la portée réelle de ces outils réglementaires.
Après un cadrage théorique sur l’évolution de la planification urbaine en France et son cadre législatif (de la loi SRU à la loi Climat et Résilience), l’étude se concentre sur l’Occitanie, région marquée par la diversité de ses espaces ruraux. Le travail repose sur l’analyse d’entretiens qualitatifs de plusieurs PLU/PLUi et sur un stage réalisé en bureau d’études spécialisé dans l’environnement m’ayant permis de participer à l’élaboration de différentes pièces de documents d’urbanisme telles que des évaluations environnementales. Je chercherai donc à répondre à la problématique suivante :
En quoi les plans locaux d’urbanisme permettent-ils d’accompagner les territoires ruraux dans la transition environnementale ?
Les résultats montrent que les PLU intègrent de plus en plus les objectifs environnementaux : limitation de l’artificialisation des sols, protection des trames vertes et bleues, mise en valeur du patrimoine paysager et culturel. Cependant, leur efficacité reste variable : les ambitions fixées dans les PADD (Projets d’Aménagement et de Développement Durable) se heurtent parfois à la pression foncière, aux attentes locales en matière d’accueil résidentiel et aux ressources limitées des communes rurales, notamment financières.
En conclusion, les documents d’urbanisme constituent des instruments essentiels mais encore imparfaits de la transition environnementale dans les territoires ruraux. Leur efficacité dépend à la fois de la volonté des politiques locales, de la capacité d’ingénierie des collectivités et de l’acceptabilité sociale des mesures prises. Le travail propose des pistes pour améliorer leur rôle : renforcement de l’ingénierie territoriale, meilleure intégration des enjeux environnementaux dans les règlements et développement d’approches pédagogiques auprès des habitants.
-
Relever le défi de l’usage du vélo dans les territoires ruraux, Élaboration d’un diagnostic cyclable dans la collectivité
territoriale de La Hague Aujourd’hui le milieu rural est marqué par une dispersion de l’habitat, souvent
morcelé par des axes routiers plus ou moins importants. Éloignés des pôles d’intérêts, les
habitants demeurent fortement dépendants de la voiture, ce qui soulève de vives interrogations
quant à la place laissée mobilités douces. L’autosolisme a conquis les campagnes, au point que
la mobilité motorisée apparaît presque consubstantielle à la vie quotidienne en zone rurale.
Face à ces défis, la commune de La Hague a choisi d’engager un diagnostic cyclable afin de
mieux comprendre les contraintes locales, mais aussi de révéler les potentiels aménagements
susceptibles d’encourager un report modal vers les mobilités douces au quotidien. Ce rapport
de stage présente les résultats de ce diagnostic et interroge de manière plus large, les conditions
et les limites d’une véritable incitation à l’usage du vélo comme mode de transport quotidien
en milieu rural. Favoriser ce report modal suppose un remaniement, voire une requalification
globale du foncier existant afin d’élaborer un schéma cohérent tourné vers les modes doux et
l'intermodalité. L'enjeu n’est pas de contraindre l’usage de la voiture, mais de proposer une
alternative crédible et compétitive, capable à terme de rivaliser avec l’autosolisme. Pour ce
faire, il a été essentiel d’associer les habitants au diagnostic via une enquête participative
permettant de déceler leurs souhaits d’aménagements et d’étudier leur pertinence au vu des
recherches scientifiques dans le but de construire une politique cyclable réellement adaptée aux
spécificités locales.
-
La sensibilité climatique du chêne sessile en Occitanie (1901 – 2023) À l’heure actuelle, le changement climatique soulève de nombreuses interrogations quant à la capacité des essences forestières à s’adapter aux nouvelles conditions environnementales.
Le chêne sessile (Quercus petraea (Matt.) Liebl.), espèce emblématique des forêts françaises, joue un rôle économique, écologique et patrimonial majeur. Face à l’évolution du climat, il est essentiel de comprendre sa réponse aux variations climatiques. Cette étude analyse la relation entre le chêne sessile et le climat en Occitanie, à travers deux paramètres : la température et les précipitations. La méthode repose sur la dendrochronologie, appliquée à douze populations réparties selon un gradient altitudinal. L’objectif est de déterminer si cette espèce peut se développer dans les conditions environnementales des zones de montagne.
Les résultats révèlent une hétérogénéité des réponses entre les populations. À haute altitude, les chênes montrent une sensibilité positive aux températures élevées, sauf en hiver. À moyenne altitude, aucune tendance claire n’émerge. En revanche, à basse altitude, les précipitations ont une influence positive toute l’année. Ces résultats confirment les observations précédentes en France : le chêne sessile est affecté par la hausse des températures en plaine. Les nouvelles conditions climatiques en montagne avec un réchauffement climatique, pourraient ainsi permettre au chêne sessile de coloniser les zones de montagne. Toutefois, les conditions écologiques y étant différentes, leur croissance pourrait être altérée. Face à ce phénomène, les stratégies de gestion forestière devront évoluer pour s’adapter aux nouvelles contraintes écologiques en altitude.
-
Un renouvellement du public en montagne ? Entre nouvelles pratiques et perceptions : le cas de 5 lacs d’altitude dans les réserves de Haute-Savoie Les observations de gestionnaires des espaces naturels suite à la Covid-19 en 2020 et
2021 et aux étés caniculaires et secs de 2022 et de 2023 témoignent d’une augmentation et
d’une diversification des pratiques récréatives liées aux lacs de montagne. Comme l’ensemble
des écosystèmes de haute montagne, ces milieux sont fortement exposés aux effets du
changement climatique, mais aussi à l’impact cumulé des différents usages (pêche récréative,
bivouac, baignade, implémentation de refuges d’altitude) dont ils sont le théâtre.
Dans ce contexte, cette étude se propose d’analyser les pratiques et les représentations autour
des lacs de montagne, en s’appuyant sur une enquête quantitative par questionnaire effectuée à
l’été 2025 sur 5 lacs situés dans des réserves naturelles nationales de Haute-Savoie.
Le phénomène de diversification des usages aux abords des lacs étant relativement récent, peu
d’études ont été menées sur le sujet et les activités tant que leurs impacts sont encore méconnus.
Dans la même idée, l’augmentation et le renouvellement de la fréquentation des espaces de
montagne est également peu documenté.
Les questionnements présents dans ce document se concentrent autour de l’hypothèse
d’un potentiel renouvellement du public présent en montagne, et des activités qui seraient
associées à ce phénomène. Se mêlent des réflexions sur les perceptions du milieu par les
usager·ères, mais aussi de la cohabitation entre ces dernier·ères. Toute une réflexion est
également faite autour de la supposée existence de « codes de la montagne », notion largement
discutable et pourtant bien présente dans l’imaginaire commun des pratiquant·es. Les résultats
obtenus montrent que le phénomène de renouvellement du public en montagne est à nuancer et
que les lacs de montagne restent des espaces majoritairement fréquentés par une partie favorisée
de la population française. Les activités autour des lacs semblent se diversifier et une
observation de la pratique de la baignade a largement été notée. Cependant, effectuer un lien
entre l’existence de « nouvelles » pratiques et un type spécifique de pratiquant·es n’est pas
pertinent. La notion de « code de la montagne » revient de manière assez implicite dans les
discours des personnes enquêté·es, dans une dynamique de dénonciation de certaines pratiques
néfastes pour l’environnement associées à un certain type de pratiquant·es. Or, le concept de
code de la montagne révèle plus l’existence d’un entre-soi dans les pratiques montagnardes et
l’exercice de ce territoire que de véritables connaissances spécifiques à des usager·ères en
particulier.
-
Enquête sociologique sur les usages et représentations sociales des lacs d’altitude : entre préservation écologique et régulations territoriales. Le cas de cinq lacs d’altitude en Haute-Savoie La fréquentation des lacs d’altitude en Haute-Savoie connaît une intensification croissante,
portée par la démocratisation des pratiques de nature et la recherche de fraîcheur face au dérèglement
climatique. Longtemps perçus comme des espaces « sauvages », ces milieux fragiles sont aujourd’hui
soumis à de fortes pressions écologiques, ce qui interroge la pertinence et l’acceptabilité des règles de
protection mises en place.
Dans ce contexte, le projet PLOUF vise à mieux comprendre l’articulation entre usages
récréatifs, représentations sociales et dispositifs réglementaires. L’enquête conduite durant l’été 2025 a
combiné observations de terrain et passation de questionnaires sur cinq lacs de Haute-Savoie (Brévent,
Cornu, Jovet, Pormenaz, Anterne), afin de caractériser les profils sociaux des publics, leurs pratiques et
leurs perceptions.
Les résultats montrent une fréquentation socialement différenciée, marquée par la
surreprésentation des catégories favorisées mais aussi par une ouverture vers des publics plus jeunes et
étudiants. Les pratiques dominantes relèvent d’activités contemplatives et conviviales, tandis que la
baignade et le bivouac, minoritaires mais visibles, concentrent les principaux enjeux écologiques et
réglementaires. L’acceptabilité des règles apparaît décisive : si les interdictions jugées légitimes (feux,
camping prolongé) sont largement respectées, d’autres prescriptions comme les horaires de bivouac sont
fréquemment réinterprétées, révélant des logiques d’adaptation plutôt qu’un rejet frontal.
En définitive, l’étude met en lumière la nécessité d’une gestion qui dépasse la simple diffusion
d’interdits pour travailler sur la cohérence perçue entre règles et expériences vécues. L’articulation entre
régulations institutionnelles et formes d’autorégulation déjà présentes sur le terrain constitue une
condition centrale pour concilier préservation écologique et accès équitable à ces espaces
emblématiques de la montagne.
-
Hospitalités invisibles : Hébergements informels et solidaires des personnes exilées Ce mémoire analyse les pratiques d’hébergement informel et solidaire des personnes exilées sans droits ni titres de séjour en France. À partir d’une enquête qualitative menée entre 2023 et 2025, ce mémoire explore les modalités concrètes d’accueil hors du cadre institutionnel. L’étude met en évidence la diversité des formes d’hospitalité, allant de l’accueil chez des particuliers aux occupations illégales, en passant par les réseaux associatifs organisés et les centres d'hébergement alternatifs. En interrogeant les effets des dynamiques territoriales sur ces formes d’accueil, ce mémoire propose une réflexion critique sur l’invisibilité sociale et politique des hébergements des personnes en situation irrégulière. Ce travail met en lumière des pratiques d’hospitalité qui, bien qu’en marge des dispositifs officiels, participent à une redéfinition de la solidarité et des rapports à l’espace domestique.