-
La mutation du paganisme au christianisme à travers l’Octavius de Minucius Felix À la jonction des IIe et IIIe siècles, le christianisme n’est pas encore une religion officielle mais la profession d’une secte en voie d’expansion. Rome vit sa religion d’État organisée autour de cérémoniaux publics et privés qui laissent l’individu libre de penser tant qu’il manifeste ostensiblement sa pratique. Les Chrétiens vivent donc deux religions, celle imposée par Rome et la foi chrétienne.
Fortement imprégnée de judaïsme, la religion chrétienne s’impose doucement par la transition des formes anciennes de cultes regroupées sous la caractérisation de paganisme vers l’adoration d’un dieu unique. Ce n’est pas sans soulever des discussions argumentées par les tenants des diverses parties et opinions. Ces débats se font souvent par écrits interposés, chacun reprenant l’argumentation des autres pour la confirmer ou pour l’infirmer.
Minucius Felix, un des auteurs de ce début du IIIe siècle, a transmis à la postérité un petit traité apologétique fort intéressant en ce sens qu’il cherche à démontrer au pouvoir romain que le culte chrétien ne s’oppose pas à un comportement citoyen romain. L’Octavius est riche d’informations sur les pratiques tant chrétiennes que païennes du moment. Il est donc intéressant de faire le point sur les écrits dont disposait Minucius Felix pour élaborer la défense des chrétiens. Ces textes démontrent le dynamisme de l’expansion dans l’Empire romain du christianisme naissant.
-
Gestion de projets culturels au sein de France Chili Aquitaine Gestion du festival du centenaire de Violeta Parra
-
Rapport de stage professionnel de 2ème année de Master IPAL Réumé des 4 mois passés au sein de l'entreorise RB3 Participações à Salvador de Bahia Brésil, en tant que business développeur.
-
Rapport de stage Assistante en communication et gestion de projets Rapport de stage du poste Assistante en communication et gestion de projets au sein du CIRAD à Cali, Colombie.
-
Rapport de stage Rapport de stage réalisé à ENDA EL ALTO, en Bolivie, avec des adolescentes en situation de vulnérabilité
-
Rapport de stage : Developpement et gestion de projets culturels dans une "Casa de cultura" dans la ville de Santiago de Querétaro, Querétaro,Mexique Ce rapport de stage présente la Casa de cultura Josefa Vergara y Hernandez à Santiago de Querétaro. Il décrits les projets qui ont pu être developpr durant mon stage sur place ainsi qu"'un retour reflexif sur l'experience.
-
Rapport de Stage de Master 2 : Damien PELLERIN
Kokopelli America Latina (Costa Rica) 20 mars 2017 – 23 juin 2017 .
-
Les nouveaux rôles de la Chine et de l'extractivisme : le cas du canal interocéanique au Nicaragua. Le 14 juin 2013, le président du Nicaragua, Daniel Ortega Saavedra, signe lors d’une
conférence de presse le contrat de concession du projet du Canal du Nicaragua avec Wang Jin,
représentant du holding HKND (Hong-Kong Nicaragua Development). La veille, l’Assemblée
Nationale du Nicaragua approuvait le cadre juridique pour la dite concession. Ce n’est qu’une
année après cette annonce, le 14 juillet 2014 que la trajectoire du Canal sera révélée.
Sous la forme d'un holding de capital privé appelé HKND (Hong-Kong Nicaragua
Development) mais soupçonné d'être un outil pour dissimuler la présence du gouvernement
chinois derrière ce projet, cette méga-construction s'inscrirait dans la volonté de la Chine de
financer la construction et la reconstruction d’infrastructures en Amérique Latine.
-
Les effets traumatiques de l'exposition à la violence conjugale : analyse de dessins auprès de quatre enfants Cela fait maintenant trente ans que la recherche a commencé à s’intéresser aux enfants exposés à la violence conjugale notamment en Amérique du Nord et, depuis peu, en France. Grâce à ces travaux, nous avons pris conscience de l’impact de l’exposition à ces violences sur le développement de l’enfant, que ce soit sur un plan social, émotionnel, psychopathologique, relationnel, cognitif ou encore de la santé (Chamberland, 2003 ; Cummings & Davies, 1994 ; Desurmont & al., 2015 ; Doucet & Fortin, 2010 ; Heim & Vasselier-Novelli, 2006 ; Metz & Razon, 2011 ; Paul & Zaouche Gaudron, 2014a ; Paul & Zaouche Gaudron, 2014b ; Sadlier, 2015 ; Zaouche Gaudron & al., 2017). D’autre part, nous connaissons l’impact traumatique de l’exposition à ces violences et savons qu’il existe un risque important pour ces enfants de développer un syndrome de stress post-traumatique (Dagenais & al., 2010 ; Lacharité & Xavier, 2009 ; Ma, 2009 ; Metz & Razon, 2011 ; Metz & Razon, 2015 ; Paul & Zaouche Gaudron, 2017 ; Sadlier, 2016 ; Zaouche Gaudron & al., 2016). Néanmoins, nous manquons toujours de connaissances sur le sujet et peu de publications travaillent autour de la parole de l’enfant.
C’est pourquoi nous avons fait le choix de nous intéresser, dans le cadre d’une étude exploratoire, à l’impact traumatique de l’exposition à la violence conjugale. Si l’intérêt du dessin dans l’approche auprès de l’enfant n’est plus à questionner (Royer, 2005 ; Vinay, 2014 ; Wallon P., 2001 ; Widlöcher, 1998), l’étude menée par Romignot et Romus (2009) a montré qu’il pouvait représenter une médiation intéressante pour l’enfant exposé. Nous pouvons alors nous demander s’il existe, dans les dessins d’enfants exposés à la violence conjugale, des tracés évoquant un traumatisme.
Pour cela, nous avons rencontré à trois reprises, et individuellement, dans un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS), quatre enfants ayant entre 4 et 10 ans. Lors de chaque rencontre nous leur avons proposé trois consignes de dessin différentes : un dessin libre, un dessin de sa famille et un dessin de la famille idéale. De ces dessins, nous avons produit une analyse graphique (Corman, 1961 ; Fernandez, 2014 ; Vinay, 2007), un repérage des tracés traumatiques (Royer, 2005 ; Wallon P., 2001) et, enfin, une analyse plus globale et interprétative.
Cette étude a montré que les dessins ont laissé transparaître des éléments pouvant être évocateurs d’un traumatisme mais qu’il est impossible de relever des tracés traumatiques communs. L’élément principal repéré est la présence de bizarreries dans les dessins ; cet élément est révélateur de difficultés mais il est aussi très dépendant de chaque enfant et donc, non généralisable. Nous pouvons donc conclure qu’il existe un impact traumatique des violences conjugales mais celui-ci se manifeste différemment pour chaque enfant. Nous relevons aussi le fait que cet impact est observable grâce à la médiation graphique. D’autre part, tous les enfants rencontrés ont, d’une manière ou d’une autre, présenté une forme d’angoisse et un questionnement autour des places respectives des membres de leur famille au sein de celle-ci. Enfin, les profils rencontrés correspondent sur plusieurs points aux tableaux dépeints par Duret et Lefèbvre (2000) qui ont travaillé auprès d’enfants victimes d’abus sexuels intrafamiliaux. Nous pouvons donc conclure que les enfants rencontrés présentent, dans leurs dessins, des aspects traumatiques de leur vécu mais il nous est impossible de définir des tracés traumatiques précis et communs.
Notre étude ne compte pas un nombre suffisant de participants pour aspirer à la généralisation de ces résultats, cependant elle permet de recueillir un certain nombre d’éléments, d’explorer une thématique encore peu étudiée et d’obtenir quelques pistes de réponses mais aussi de questionnements. Enfin, notons que notre recherche vient une nouvelle fois confirmer l’impact non négligeable des violences conjugales sur l’enfant et donc rappeler l’importance d’un travail de repérage de ces familles et de prise en charge adaptée pour ces enfants.
-
Giulia Bouchault-Mathis 2016/2017 Femmes, violences et interculturation sont les points centraux de ce mémoire. L’étude ENVEFF et Naoual Saadaoui ont porté en grande partie notre réflexion sur les violences en France et dans le monde. Culture et interculturation ont été travaillé sous le prisme du regard de Patrick Denoux et Ben Romdhan, le modèle de Schwartz nous permettant d’en saisir un aspect plus opérationnel. Bessoles et Deswaene ont été nos guides pour percevoir la complexité du statut de victime et l’élaboration d’une position victimaire. De nombreux modèles nous ont permis de cerner la notion de modes d’attribution, dont celui de Kelley et celui de Levenson pour opérationnaliser notre variable. Notre hypothèse de départ étant que chez les femmes ayant subi des violences, la présence d'un processus d'interculturation impacte leur position victimaire, leur mode dominant d'attribution et leurs valeurs. Notre étude s’est construire grâce à la mise en place d’entretiens individuels non-directifs avec 5 femmes d’origines franco-française, libanaises et maghrébines. L’analyse de notre corpus nous a permis de construire un questionnaire pour vérifier nos hypothèses sur un plus large échantillon. Les résultats et l’analyse statistique ne nous permettent pas de conclure à un effet significatif, nous ne sommes donc pas en capacité de confirmer nos hypothèses et de postuler que l’interculturation influence le vécu de violences.
-
Engagement dans la contre-culture free party et processus de personnalisation : les parcours singuliers des membres d'un sound system La contre-culture Free Party et les pratiques qui s’y développent sont source de beaucoup de polémiques et pourtant de nombreux adolescents continuent à s’y inscrire et à revendiquer le droit à la fête libre. Ainsi, de nombreux collectifs et Sound System organisent des Free Party dans toute la France aujourd’hui.
A partir de la revue de la littérature, des questions de recherche ont émergé : Qu’est-ce qui mène des adolescents à entrer dans le milieu de la Free Party ? En quoi les expériences de socialisation dans le cadre de la contre-culture Free Party peuvent-elles être soutenantes pour un sujet en développement ? L’engagement dans cette contre-culture est-il une façon pour les teufeurs de se positionner vis-à-vis de leur société ? Quel sens les teufeurs donnent-ils à leurs expériences en Free Party ? Qu’est-ce que celles-ci leur apportent dans la construction de leur personne ? Les expériences vécues en Free Party sont-elles source de remaniements psychologiques ? Si oui, participent-elles à un travail de personnalisation ?
La majorité des études portant sur la contre-culture Free Party s’inscrivent dans les champs de la sociologie, de l’anthropologie, d’ethnographie, des sciences politiques et ont mené une réflexion sur les dynamiques sociétales qui la caractérise. Ainsi, elles mettent à jour le fait qu’une intégration de ce milieu par les sujets révèle une remise en question du lien social tel qu’il se développe dans la société (Maffesoli, 2004) et des valeurs qui y sont véhiculées (Liogier, 2004). Pour certains, il s’agit d’une nouvelle forme d’action politique (Mabilon-Bonfils, 2004) alors que pour d’autres elle est un « effet de mode », une émanation de notre société capitaliste (Liogier, 2004, Dagnaux, 2009). Il apparait également que la participation à une Free Party est l’occasion pour les sujets de vivre des expériences corporelles, émotionnelles, esthétiques et cathartiques intenses. (Grynszpan,1999 ; Mafessoli, 2004 ; Racine, 2002 ; Kosmicki, 2009). Le fait que celles-ci induisent un état de transe chez les teufeurs (Hampartzoumian, 2004) ne fait pas consensus dans la littérature. Néanmoins, tous les auteurs s’accordent à dire que dans le cadre de la Free Party, la création et l’expression artistiques sont facilitées (Kosmicki, 2009 ; Grynszpan, 1999). Ceci permet à des teufeurs de partager leurs créations musicales, graphiques, plastiques, etc... La psychanalyse s’est intéressée à ce milieu sur un versant psycho-pathologique. En effet, le processus de dépersonnalisation qui s’est opéré chez certains teufeurs (les « scotchés ») du fait de la prise de substances psycho-actives fait l’objet de recherches dans ce champ (Fliege, 2004). Néanmoins, d’autres auteurs (Maffessoli, 2004 ; Hamparztoumian, 2004) ont mis en avant la façon dont les expériences de socialisation en Free Party peuvent souvent être constructives pour les teufeurs en les menant à rejouer le processus de séparation-individuation.
Ce travail s’inscrit dans le courant épistémologique interactionniste et a pour cadre théorique le modèle de la socialisation développé par Malrieu (1952, 2003). Ainsi, nous souhaitons appréhender de façon conjointe les processus psychologiques, les dynamiques développementales en jeu chez les teufeurs et la façon originale par laquelle ils s’inscrivent dans le lien social, investissent une culture singulière (par les oeuvres qui y sont véhiculées) et questionnent leur société
Cette recherche se donne pour objectifs de caractériser les expériences de socialisation dans le cadre de la contre-culture Free Party, d’en dégager le caractère conflictuel et de découvrir en quoi elles soutiennent un processus de personnalisation chez les membres d’un Sound System durant leur parcours. L’hypothèse générale posée est la suivante : « Les expériences de socialisation dans le cadre de la contre-culture Free Party et les conflits qu’elles génèrent chez les sujets sont source de remaniements psychologiques contribuant à un travail de personnalisation ». Afin d’opérationnaliser notre hypothèse, cinq dimensions de
l’expérience en Free Party ont été retenues : politique, axiologique, intra-personnelle, interpersonnelle et créative, artistique. Leur caractère conflictuel est appréhendé selon trois natures de « luttes psychologiques »: les conflits intra-psychologiques, interpersonnels et conflits interinstitutionnels. En ce qui concerne les remaniements psychologiques contribuant au processus de personnalisation, nous avons retenu les cinq dimensions de la personnalisation proposées par Hajjar (1995) : évolution du modèle de soi, restructuration de ses attitudes, évolution du système de valeurs, nouvelles perspectives à son existence, engagement dans l’action collective. Ainsi, quatre hypothèses opérationnelles ont pu être formulée : 1) « Le fait de s’inscrire dans une contre-culture ayant un caractère alternatif et contestataire sous-tend des conflits entre différents systèmes de références (axiologiques et politiques) chez les sujets et participe à l’évolution de leur système de valeurs » ; 2) « Les expériences interpersonnelles vécues dans la contre-culture Free-Party ainsi que l’accès facilité à la création artistique sont source de reconnaissance sociale pour les sujets et soutiennent favorablement l’évolution de la représentation qu’ils se font d’eux-mêmes » ; 3) « Les expériences intra- personnelles en Free Party et leur caractère ordalique soutiennent l’exploration de soi et induisent des remises en question personnelles participant à un travail de personnalisation, à la restructuration de leurs attitudes par les sujets » ; 4) « L’activité des sujets dans le Sound System traduit un engagement dans l’action collective sous-tendu par des conflits interinstitutionnels et motivés par l’accès facilité à la création artistique en Free Party qui leur a permis de donner de nouvelles perspectives à leur existence ».
L’approche développée est qualitative et s’inscrit dans un paradigme subjectiviste. Huit membres d’un Sound System (organisant des Free-Party dans le sud de la France), âgés de 20 à 24 ans ont été rencontrés. Trois phases de recueil de données ont été menées auprès d’eux afin de favoriser un travail d’élaboration du sens. Dans un premier temps, ils ont rédigé un écrit autobiographique, ensuite ils ont répondu à un questionnaire sur les valeurs et pour finir, ils ont participé à un entretien semi-direct. La procédure de recueil s’est étendue sur cinq mois. Les résultats obtenus ont été soumis à trois types d’analyses : thématique, développementale et dynamique.
Les résultats de cette recherche corroborent notre hypothèse générale. En effet, dans le cas des sujets rencontrés, les expériences de socialisation vécues dans le cadre de la contre-culture Free Party et les conflits qu'elles ont générés en eux ont été source de remaniements psychologiques contribuant à un travail de personnalisation. Leur intégration de ce milieu leur à permis de vivre des expériences intra-personnelles, interpersonnelles et créatives, artistiques enrichissantes. Celles-ci ont été déterminantes dans la construction de leur personne et la coloration axiologique et politique de cette contre-culture a contribué à alimenter des réflexions méta-psychologiques importantes chez eux. L’oeuvre collective que constitue le Sound System leur permet à tous de partager leurs créations, d’acquérir de nouvelles compétences, d’obtenir de la reconnaissance, de se positionner en place d’acteur de cette contre-culture et pour certains, il est un vrai projet de vie. Globalement, les résultats appuient positivement nos hypothèses opérationnelles. Seule une évolution dans leur système de valeurs n’a pas pu clairement être mise à jour. Ainsi, investiguer la façon dont il est possible de saisir les dynamiques métapsychologiques d’ordre axiologiques nous semble une piste de travail intéressante. Par ce travail, nous avons mis à jour les potentialités créatives des adolescents ou jeunes adultes engagés dans une culture marginalisée et donc leur importance quant à l’évolution de notre société.
-
L’atelier musical comme expérience esthétique et intersubjective, son rôle dans le développement de l’empathie chez le jeune enfant. La présente recherche s’intitule : « L’atelier musical comme expérience esthétique et
intersubjective, son rôle dans le développement de l’empathie chez le jeune enfant ». Notre intérêt se porte sur la construction de soi, le développement social chez l’enfant au travers d’une activité artistique. Dans notre cas, un atelier musical en groupe (au sein d’une école) où les enfants font de la musique (sound painting, chanson...) et en écoutent. Les principales notions saisies pour mener cette réflexion sont l’empathie, l’intersubjectivité et l’expérience esthétique. Nous nous questionnons sur les propriétés bénéfiques que peut avoir la musique sur le développement affectif et social des personnes. En découle les questions suivantes: les ateliers musicaux peuvent-ils réellement constituer des expériences esthétiques et émotionnelles pour les enfants ? Qu’en est il au niveau intersubjectif? Ces expériences subjectives et intersubjectives sont elles significatives dans le développement des sujets? Et comment l’empathie s’exprime t-elle dans ce cadre ?
L’empathie est appliqué aux relations sociales et largement étudié: Karl Rogers (1963) s’en est saisi en psychologie clinique; Heinz Wimmer et Joseph Perner (Années 90) ainsi que Baron-Cohen (1985) en ont étudié la part cognitive en se centrant sur la théorie de l’esprit; Rizzolatti et son équipe (1992) par la découverte des neurones miroirs l’ont étudié en neurosciences. Aujourd’hui, l’empathie des personnes est évaluée par des tests standardisés (questionnaires visionnage vidéo etc.) apriori adaptés aux différents niveaux de développement. Au travers de tout cela, ce terme désigne finalement une capacité dont une personne fait suffisamment preuve ou non. Ce type de paradigme nous semble trop réducteur car de nombreux auteurs (Batson, 1987; Ungerer,1990); Tisseron, 2010) ont démontré le caractère fluctuant de l’empathie au cours de la vie des individus en fonctions de différents événements de vie.
Concernant le rapport qu’entretient l’homme avec la musique, Le Run (2014) décrit cet art comme un espace intermédiaire dans le quel il est possible de vivre des expériences intersubjectives fortes. Très tôt la musicalité et la rythmicité soutiennent les échanges entre l’enfant et son entourage (Stern, 1989; Dissanayake, 2010). Selon Linvingston et Thompson (2010) l’échange affectif, la communication entre les personnes est la première visée de la musique. Nous pensons qu’elle offre aussi des expériences subjectives singulières. Schaeffer (2015) a finement décrit cela dans l’ouvrage «l’expérience esthétique ». L’attention des individus dans ce cadre est tout à fait particulière et permet de vivre des expériences à valence hédonique positive et émotionnellement fortes. L’impact de la pratique musicale sur l’empathie a fait l’objet des plusieurs recherches (Tomassello, Kirschner, 2010; Rabinowitch, Cross, Burnard, 2012). Tous ont une démarche positiviste et expérimentale et leurs résultats vont dans le sens d’un impact positif de l’activité musicale en groupe sur le développement de l’empathie et l’altruisme. Cependant, nous ne nous accordons pas avec leurs fondements épistémologiques et méthodologiques, car sur ces thèmes extrêmement subjectifs (empathie, musique) nous estimons que des paradigmes expérimentaux hyper contrôlés présentent de nombreuses limites.. L’empathie étant multifactorielle, attribuer le résultat juste à l’expérience musicale proposée n’est pas valide car les sujets vivent tous par ailleurs des expériences de vies significatives. Nous avons donc entrepris une démarche complémentaire, à savoir exploratoire et phénoménologique avec l’objectif de recueillir le point de vue des sujets sur l’expérience qu’ils vivent (en s’inspirant de Montandon, 1997).
Notre hypothèse théorique est que l’activité musicale en groupe en permettant aux enfants de vivre une expérience intersubjective et esthétique a une influence sur leur socialisation et le développement de l’empathie. En effet, nous l’avons dit, l’empathie se développe sous l’influence d’évènements de vie. Nous posons donc l’hypothèse que l’atelier musical peut en constituer un (intéressant à cet égard), car il permet aux enfants de vivre une expérience singulière au niveau subjectif et intersubjectif.
23 entretiens semi-directifs ont été effectués (avec 18 enfants et 5 adultes). Avec les enfants (âge moyen : 6,1 ans; participants tous à un atelier musical à l’école une fois par semaine) l’échange était introduit par un dessin et terminé par une analyse de conduite (sur un enregistrement vidéo de l’atelier) afin de soutenir leur discours. Connaitre leur parcours de vie d’adultes (âge moyen : 24,2 ans; ayant participé à une activité musicale durant leur enfance) éclairait nos questions sous un angle évolutif. Les entretiens ont été soumis à une analyse thématique, de positionnement et de l’énonciation.
Les principaux résultats de la recherche apportent d’intéressantes perspectives à nos hypothèses. Notre postulat selon lequel la musique offre une expérience subjective singulière est vérifié, car nous avons découvert que les enfants sont sensibilisés à l’expérience esthétique au cours de l’atelier (ils utilisent des termes esthétiques, prêtent une attention particulière aux stimuli...). De plus, la pratique musicale leur fait vivre des expériences émotionnelles (manifestations émotionnelles lors du soundpainting) et chez certains des émotions sont directement induites par le stimulus musical (attribution d’un caractère émotionnel à certains stimuli). C’est le cas aussi des adultes, qui vivent des expériences subjectives singulières au travers de la musique (description de vécus très singuliers grâce à cet art). Comme nous le présagions, la musique est interessante au niveau intersubjectif car les adultes investissent (et ont investi) la musique comme moyen de communication affective (difficilement descriptible) et trouvent que cela facilite leurs échanges avec autrui. En outre, l’atmosphère bienveillante et respectueuse de l’atelier musical observé est propice à l’écoute de l’autre. Entre les enfants, des échanges implicites intéressants se produisent lors de la pratique (échanges de regards, de sourire...) et la relation avec l’intervenante est très enrichissante pour certains d’entre eux rencontrant des difficultés par ailleurs (car il sont davantage valorisés dans ce cadre). Quant à l’impact de cette expérience sur le développement de l’empathie, nous avons pu observer certaines conduites empathiques (entre aide etc...) au cours des ateliers musicaux. Les adultes eux, ont été très intéressés par la mise en lien entre empathie et musique et ont tous trouvé celle-ci pertinente. Globalement nous pouvons donc, confirmer que la musique offre aux personnes (enfants et adultes) des expériences intersubjectives et subjectives singulières qui peuvent constituer des évènements de vie participant au développement de l’empathie. La différence entre le milieu social des enfants (ZEP) et celui des adultes (niveau sociocultuel élevé) nous interpelle néanmoins, car ils seraient intéressant de découvrir et comprendre leur impact sur la façon dont les sujets abordent la musique et ce qu’elle leur apporte au niveau personnel. Notre intérêt initial ne se portait par sur la personnalisation, mais au travers des entretiens il est apparu que la musique peut jouer un rôle important et soutenant dans ce processus. Approfondir cette question nous semble être un bon moyen d’enrichir la réflexion que cette recherche nous à déjà permis de mener.
-
Jouissance et savoir à l'adolescence. Rencontres cliniques en institution Ce mémoire professionnel rend compte de l'expérience clinique de rencontre avec des sujets adolescents en institution psychiatrique.
-
Estime de soi et projets de vie: étude exploratoire et comparative réalisée auprès de jeunes adultes âgées de 19 ans. Cette étude, à visée exploratoire, a été élaborée en vue de mettre en évidence dans quelle mesure le vécu de la séparation parentale et les pratiques éducatives parentales influencent l’estime de soi et le projet des adultes émergents. Nous souhaitions interroger la question du projet de vie sentimental, familial et professionnel des jeunes adultes émergents dans la société actuelle et au regard de leur appartenance à une famille traditionnelle ou non. Cette étude s’inscrit dans une perspective socio-constructiviste où le projet est considéré comme un processus qui se construit en interaction entre l’individu et son environnement (Huteau, 1982 ; Dumora, 1990 ; Charpentier & al., 1993). De plus, nous nous sommes également appuyées sur les travaux de Safont-Mottay (1992), qui a démontré que l’estime de soi a une influence sur le projet des adolescents dans le sens où plus l’estime de soi est élevée, plus les projets sont élaborés. Nous appréhendons donc l’estime de soi dans une perspective multidimensionnelle qui admet que le sujet s’évalue différemment en fonction du domaine considéré important pour lui-même (Harter, 1978 ; 1986 ; 1994). Cette conception se rapproche du courant de l'interactionnisme symbolique (Cooley, 1902 ; Mead, 1934) qui conçoit la construction de l’estime de soi en partie par le biais du regard d’autrui. Nous nous appuyons également sur les travaux de Kellerhalls et al. (1992) qui ont souligné l’influence des pratiques éducatives parentales sur l’estime de soi des jeunes. Concernant les pratiques éducatives parentales, nous nous appuyons sur l’approche dimensionnelle de Deslandes (1996) pour qui elles sont constituées de trois dimensions : l’engagement parental, l’encadrement et l’encouragement à l’autonomie, amenant à la conceptualisation de styles parentaux variés. Enfin, nous nous fondons sur les propos de Cloutier et Deslandes (2005), selon lesquels les adolescents vivant dans des familles non traditionnelles sont plus à risque quand il s’agit d’aspirations scolaires et donc de réussite scolaire que ceux issus de famille traditionnelle. Peu de recherches ayant étudié la relation entre ces différentes variables combinées, nous avons dû adapter les apports de ces travaux en construisant un modèle théorique propre à notre étude. Dans ce cadre, nous avons formulé l’hypothèse selon laquelle la structure familiale et les pratiques éducatives parentales ont une influence sur l’estime de soi des adultes émergents. De plus, nous supposons que l’estime de soi influence le projet de vie professionnel. D’autre part, nous supposons également que la nature même des projets de vie sentimental et familial des jeunes adultes est en lien avec la structure familiale dans laquelle ils ont grandi. Nous supposons ainsi que le vécu de la séparation parentale a une influence sur l’acceptation de celle-ci et sur l’estime de soi et le projet de vie professionnel des jeunes adultes. Pour vérifier cette hypothèse, nous avons adopté une méthodologie mixte auprès de quatre jeunes adultes. Pour deux d’entre-elles, les parents sont séparés et pour les deux autres, les parents sont ensemble. De plus, elles sont toutes âgées de 19 ans et en première année de Licence. Afin d’avoir une mesure de leur niveau d’estime de soi, nous avons utilisé l’E.T.E.S (Oubrayrie-Roussel & al., 1994 ; Bardou, 2011). De la même manière, pour mesurer les dimensions perçues des pratiques éducatives parentales, nous avons utilisé l’échelle des styles éducatifs parentaux de Darling et al. (1992 ; Bardou, 2011). Nous avons ensuite procédé à des entretiens semi-directifs afin d’explorer la dynamique subjective des sujets interrogés quant aux effets et au vécu de la séparation parentale sur leur représentation de soi et leur projet de vie. A la suite de l’analyse des données, les résultats ne permettent pas de confirmer notre hypothèse de départ dans sa totalité. Il semblerait qu’il y ait des différences entre les pratiques éducatives parentales des familles traditionnelles et celles des familles non traditionnelles, et que ce soit la raison d’une estime de soi plus valorisée pour les jeunes issues de ces dernières. Nous confirmons le lien entre le niveau d’estime de soi et le niveau d’élaboration des projets. Plus l’estime de soi est valorisée, plus les projets sont élaborés. De plus, nous avons constaté des similitudes dans la nature des projets de vie sentimental et familial selon la structure traditionnelle ou non de la famille. Il s’avère que la structure familiale ne semble pas avoir d’influence sur le niveau d’estime de soi. Le vécu de la séparation parentale n’influence pas l’acceptation de celle-ci et le niveau d’estime de soi. En effet, malgré un vécu négatif de la séparation, nos deux sujets font preuve d’une estime de soi plus valorisée et de projets de vie plus élaborés que les sujets de familles traditionnelles. Enfin, il est important de préciser qu’une consommation de cannabis a été constatée pour nos deux sujets de familles non traditionnelles. Ceci pourrait être causé par le vécu négatif de la séparation parentale, le style éducatif permissif ou encore le fait que la période de transition à l’âge adulte peut être vécue difficilement. L’infirmation partielle de notre hypothèse de départ semble être la conséquence de biais méthodologiques et théoriques. Ainsi, nous ne pouvons généraliser les résultats obtenus. De plus, la présence d’autres facteurs pouvant jouer sur les interactions entre les variables étudiées, nous a conduit à envisager une recherche ultérieure tenant compte des limites de notre étude.
-
Les effets du transfert et du contre-transfert dans la relation entre le psychologue, l'enfant et l'adolescent Ce mémoire traite des phénomènes de transfert et de contre-transfert qui font partie intégrante de la relation entre le psychologue et son patient, à laquelle contribue l’empathie. L’enfant et/ou l’adolescent est amené à ressentir des désirs inconscients envers le psychologue qui y réagit en retour de façon inconsciente. L’empathie peut alors aider en tant qu’outil thérapeutique ou méthodologique à créer une relation transférentielle. J’aborderai ainsi les différentes approches qui ont étudié la notion d’empathie parmi lesquelles l’approche psychanalytique et l’approche humaniste. Si la première ne percevait pas l’empathie comme un concept psychanalytique mais comme un phénomène de projection de sa réalité, elle a fini par s’ouvrir aux notions d’interaction et de communication. La seconde, en revanche, dans une approche centrée sur la personne, s’est penchée à définir l’empathie, ses composantes et ses degrés, pour que le psychologue puisse s’approprier cet outil fait de subjectivité dans sa pratique et d’objectivité dans son observation.
Aussi, je m’appuie sur les suivis que je mène dans mes différents lieux de stage pour tenter d’analyser les concepts de transfert, contre-transfert et empathie. Pour ce faire, je choisis deux études de cas, la première étant un suivi avec un enfant et la seconde un suivi individuel avec un atelier de groupe en parallèle avec une adolescente. Mes observations et ressentis subjectifs, ainsi que l’analyse que j’en fais après-coup me servent à mettre en évidence l’influence réciproque des phénomènes transféro-contre-transférentiels et de l’empathie, la place de la durée (fréquence) des suivis dans le développement de l’empathie, et enfin son efficacité dans la construction de la relation du psychologue avec l’enfant et/ou l’adolescent. Pour expliquer ces observations, je détaille mes observations personnelles après chaque séance et propose une analyse pour chaque cas. Je tâche ensuite de mettre en lien cette analyse avec les éléments cliniques et personnels de l’enfant et de l’adolescente, chaque cas étant unique et non généralisable.
-
Copie assumée, copie dissimulée: les racines controversées de Direitos das mulheres e injustiça dos homens de Nísia Floresta L’œuvre qui instaure Nísia Floresta dans la position d’écrivaine et première feministe du Brésil date de 1832, et s’intitule Direitos das Mulheres et Injustiça dos Homens. Il s’agit, selon l’auteure même, d’une traduction libre. Bien que la catégorie de cette œuvre tout comme l’attribution à Mistriss Godwin soient établies par Nísia Floresta, les véritables racines de son ouvrage ont été l’objet de nombreuses contestations au fil du temps.
Cette étude a pour objectif d’essayer d’élucider, par le biais d’une proposition à la réflexion et à l’analyse du discours de Nísia Floresta dans l’ouvrage en question, mais également de documents inédits, les origines et la filiation se montrant divergentes jusqu’à présent. Dans cette analyse il est possible d’observer et distinguer des techniques et des stratégies de traduction employées par l’auteure afin de réécrire et transformer le texte source en texte inédit : son propre Direitos das Mulheres e Injustiça dos Homens.
Au cours de la recherche, un nom, jamais mentionné avant ce travail, émerge et questionne la vraie filiation de l’œuvre : celui de César Gardeton, un auteur français du XIX siècle, possédant parmi sa bibliographie le titre suivant : Droits de la femme et l’injustice des hommes, publié en 1826. La lecture comparée des deux œuvres, présentant importantes similitudes, à commencer par les titres, nous permet de penser que Nísia Floresta a eu accès au texte de César Gardeton. A partir de cette révélation, il est pertinent de se détacher de la croyance persistante que Nisia Floresta aurait traduit l’œuvre A Vindication of the Rights of Woman de Mary Wollstonecraft ou Mistriss Godwin.
A présent, nous devons conclure que la traduction de Nísia Floresta est de l’ordre de la transmission, car ni le titre de son livre ni l’attribution à Mistriss Godwin ne sont ses créations. Mais, irradiée par César Gardeton, elle croit traduire Mistriss Godwin. Ainsi, l’origine de cette première publication de Nisia Floresta se maintient comme une fidèle reproduction des idées de Sophia dans sa brochure Woman not inferior to man, œuvre qui provient de la réflexion de Poulain de la Barre et présent dans son livre de 1673 De l’égalité des deux sexes.
-
Transgenericidad en Estaba la pájara pinta sentada en el verde limón de Albalucía Angel The colombian novel Estaba la pájara pinta sentada en el verde limón, has a large list of items that allow to clasify this novel in many ways. Researchers have shown that this colombian novel has many features that makes it unique in a historical context.
This great novel not only show us the violence history in Colombia but also how women have suffered through this social issue that does not have an end. Colombian history documents and the growth of a female character throught the whole story, give it a special sliding of different literary genres and also a narrative between many voices that are hard to identify.
-
Révolution numérique dans le secteur du livre : étude comparative de deux maisons d'édition française et allemande, dans un contexte international de profonde mutation, de janvier 2014 à décembre 2016. Cette étude comparative a pour objectif d'analyser de manière très concrète, chiffres à l'appui, comment deux maisons d'édition de part et d'autre du Rhin, de taille moyenne, et comparables entre elles (nombre de salariés, lignes éditoriales, localisation en région...), s'adaptent, ou pas, à cette nouvelle ère du numérique qui touche aussi le secteur du livre. Cette étude comparative est assortie d'une présentation du contexte international dans lequel se développe ce marché du livre à l'heure du numérique, avec une analyse plus détaillée des marchés européens mais aussi et surtout des marchés du livre français et allemand.
-
Le rapport entre le temps et l’objet archéologique dans le musée L'objet archéologique nous est présenté comme un objet du passé mais qui, pourtant,a une incidence sur notre présent. Pourquoi conserver un objet du passé ? Pourquoi l'exposer ? Nous attribuons une temporalité toute particulière aux objets archéologiques qui deviennent des médiateurs entre passé présent et futur.
-
Que faire de la maladie ? Entre dépérissement et sublimation, complexité et ambivalence du sujet Qu'est-ce que la maladie et quelle est la valeur d'usage d'une telle notion ? Nous proposons dans ce travail d'explorer trois dimensions de la maladie que sont la construction sociale, l'ontologie vitale et le vécu subjectif à travers les pensées de Michel Foucault, Georges Canguilhem et Pierre-Antoine Miquel. Cette étude nous conduit à envisager une nouvelle politique de la vérité et une compréhension complexe de la maladie humaine.